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  • : Re-Belles. 40 ans du mouvement de libération des femmes , MLF Appellation d'Origine Incontrôlée. Objectif : FÉMINISTES TANT QU'IL FAUDRA !
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livres, expos, dépêches...

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9h30 - 10h00 Introductions
Richard Conte, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de l’institut ACTE
(Arts-Créations-Théories-Esthétiques) UMR. Sorbonne / CNRS
Hélène Périvier, économiste, OFCE, coresponsable de PRESAGE, Programme de Recherche et d’Enseignement des
SAvoirs sur le GEnre
Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS, ancienne directrice de l’Institut Ecologie et Environnement (INEE), conseillère scientifique à l’INEE
10h00 - 11h00 Dialogue
Jacques Rancière, professeur émérite à l’université Paris 8, département de Philosophie
Geneviève Fraisse, directrice de recherche émérite au CNRS (Philosophie), comité scientifique de PRESAGE
11h15 - 11h45 Excluding politics : For a history of muses and ruses
Penelope Deutscher, professeure au département de Philosophie, Northwestern University, Evanston, IL
11h45 - 12h15 Une histoire émancipatrice
Florence Rochefort, historienne, CNRS (GSRL), présidente de l’Institut Emilie du Châtelet (IEC)
12h15-12h45 Réponse de Geneviève Fraisse
12h45 - 14h15 Déjeuner
14h15 - 14h25 Ménage et remue-ménage dans les concepts
Margaret Maruani, directrice de recherche au CNRS, CERLIS/université Paris Descartes, directrice du Mage et de
Travail, genre et sociétés.
14h25 - 14h55 Les contretemps de la création
Stefania Ferrando, doctorante en Etudes politiques (EHESS/institut Marcel Mauss – LIER)
14h55 - 15h25 Identité, égalité et émancipation
Patrick Savidan, professeur des universités à l’université de Poitiers
15h30 – 15h55 Intermède musique
Artiste invitée: Joëlle Léandre
16h - 17h15 Table ronde l’émancipation créatrice
Présidée par Hélène Périvier
Laure Adler, écrivaine et productrice à Radio France
ORLAN, artiste
Sabine Prokhoris, psychanalyste et philosophe
17h15 - 17h45
Geneviève Fraisse
Intermède musique
Artiste invitée : Joëlle Léandre
Remerciements et pot de clôture

 

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FRANÇOISE HUGUIER

AU DOIGT ET À L'ŒIL

Autoportrait d'une photographe

Sabine Wespieser éditeur


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Mes princesses charmantes à moi sont des petites sorcières qui jetaient leurs poupées au feu dans la cour d'une école de religieuses, et incitaient leurs amies à en faire autant. Sans le savoir, elles rejouaient l'histoire de leurs lointaines ancêtres, les sorcières brûlées jadis par une tradition de part et d'autre du mur d'incompréhension que les religions dressent entre les gens de bonne volonté. Vous remarquerez que je n'emploie pas la formule (con)sacrée : « hommes de bonne volonté »… Car les hommes, parfois, semblent faire preuve d'une singulière mauvaise volonté quand il s'agit de se défaire de leurs habitudes, prérogatives et autres grigris destinés à masquer leur impuissance fondamentale.
Or, tout le monde le sait, seuls ceux qui se croient puissants craignent vraiment l'impuissance. Les autres s'en accommodent ou la contournent.


Ainsi, une petite sorcière de mes amies découvrit très vite la loi du plus fort, ayant crapahuté comme enfant otage dans la jungle vietnamienne (« J'avais huit ans », Actes Sud, 2005). Elle s'en accommoda le temps qu'il fallait et en garda singulièrement une curiosité extrême pour l'humanité dans son ensemble, et particulièrement celle qui vit sous d'autres latitudes que la nôtre.


Armée de sa seule générosité et de son œil curieux, on la vit donc arpenter presque tous les continents, du Japon au Mali et du Détroit de Behring (« En route pour Behring », Maeght, 1993) à St-Pétersbourg (« Kommounalki », Actes Sud, 2008), « Sur les traces de l'Afrique fantôme » (Maeght, 1990) ou dans les coulisses des femmes « Sublimes » (Actes Sud, 1999) de la mode. Car parfois, elle s'arrêtait à Paris* entre deux voyages et trouvait le moyen d'y découvrir des lieux, des histoires, des corps, des visages, le plus souvent de femmes, qu'en général on ne regarde pas de cette manière : avec tendresse et acuité.


Elle raconte ses reportages et bien d'autres choses dans son premier « autoportrait d'une photographe », paru récemment chez Sabine Wespieser. Son livre se lit comme un récit d'aventure, d'aventures au pluriel, dans une prose qui ne perd pas son temps à faire des circonvolutions, qui va droit au but, au plus près de son expérience et de ses rencontres.


C'est un beau livre d'une belle personne : mon amie la petite sorcière mais grande photographe.

 

Cathy Bernheim.


* Un exposition monographique

des œuvres

de Françoise Huguier

aura d'ailleurs lieu à Paris,

à la Maison Européenne de la photographie,

du 4 juin au 31 août 2014.

 

 

 

•  

 

 

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CENTRE AUDIOVISUEL

SIMONE DE BEAUVOIR

Projections

au Nouveau Latina :

20 rue du Temple, 75004 Paris, M°Hôtel de Ville 

Le programme :

http://www.centre-simone-de-beauvoir.com/agenda.html  

http://www.centre-simone-de-beauvoir.com/

   

 

ÉMISSION              

FEMMES LIBRES  

sur Radio Libertaire   

Les mercredis

18h30/20h30

Vous pouvez écouter et ou télécharger l'émission pendant 1 semaine sur: 

http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php

et téléphoner pendant l’émission au 01 43 71 89 40

 

LIBRAIRIE           

VIOLETTE&CO   

102 rue de Charonne, 75011 Paris, M° Charonne ou Faidherbe-Chaligny 

Livres

- Rencontres

- Atelier d’écriture 

- Expositions  

http://www.violetteandco.com/librairie/ 


 

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 ÉDITIONS  iXe        

un nouveau titre aux Éditions iXe

http://www.editions-ixe.fr/    

 

 

 

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© Catherine Deudon 

 

 

 

 

 

 

 

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Eva Besnyö, 1910-2003 :

"Quand je me déplace avec mon appareil photo, je vois les choses.

Avec un sac à provisions, je passe à côté de tout."

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Eva Besnyö, sans titre, 1976 (Action menée par les Dolle Mina, “Terug naar de Breinaald” / “Retour à l’aiguille à tricoter »)

 

 

LIRE L'ARTICLE DE CATHERINE GONNARD http://lemagazine.jeudepaume.org/2012/07/catherine-gonnard-eva-besnyo-une-femme-de-son-siecle/


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Eva Besnyö, Autoportrait, Budapest, 1929 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

 

 

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Brouiller les cartes. Masculin ? Féminin ? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours.


  

Après le passage des footballeuses lesbiennes sud africaines en France le reportage vidéo de TV5 Monde

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Terriennes/Videos/Reportages/p-22210-Lesbiennes-et-footballeuses-en-Afrique-du-Sud-elles-temoignent.htm

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Encore Elles !

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Le DVD

Durée 52 min
Co-production France Télévision
Format PAL
Type Multi Zone DVD 5 Pal DVD-R
Disponible en Français
Prix : 15.00 €

Pour l'acheter et voir la bande annonce :

http://www.lahuit.com/article/fra/encore-elles

Ou 

 http://www.violetteandco.com/librairie/

 

 

26 août 2010

Place du Droit des Femmes et des Hommes…

Au Trocadéro

 

Merci Nelly pour tous ce travail photographique !

 

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26 août 1970/ 26 août 2010

 

Pour lire la suite : 

Place des Droits des Femmes et des Hommes

 

 

 

Sur RFI le 10 avril 2010

9h30-10h30

Valérie Nivelon évoque avec Martine Storti, Cathy Berneim et d'autres les premières années du MLF

ECOUTER :

RFI-10avril10-40-ans-mlf-quand-femmes-prennent-parole

 


Le dossier de TV5 MONDE
pour célébrer les 40 ans du MLF
 

Le dossier sur "Les 40 ans du MLF, Féministes d'hier et d'aujourd'hui"est désormais en ligne sur le site de TV5 Monde, page informations

Pour le consulter, voici le lien : 
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/MLF-40-ans-feminisme-fevrier-2010

Et pour connaitre le programme spécial que TV5 Monde met en place pour célébrer les femmes, voici le lien : 
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/8mars-journee-internationale-droits-femmes-2010

  



France Culture

Le 19 octobre 2009, de  9 à10h

LA FABRIQUE DE L'HISTOIRE

d'Emmanuel Laurentin

Thème : CULTE DES GRANDS HOMMES

Invitée Cathy Bernheim 

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Pour écouter :

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"Avant les grands hommes, les grandes femmes ! A l'occasion d'une série consacrée au culte des grands hommes, nous ouvrons la semaine en évoquant celles qui ont voulu rendre hommage à une anonyme : la femme du soldat inconnu.
C'était le 26 août 1970, une dizaine de militantes se réunissaient place de l'Etoile. Elle veulaient réaliser une action spectaculaire pour soutenir leurs consoeurs américaines qui avaient déclenché une grève. Ce sera la pose d'une gerbe à celle qui est encore "plus inconnue que son mari".
Cette action brève mais médiatisée lancera le mouvement féministe qui va rapidement se structurer.
Cathy Bernheim qui a déjà raconté cette histoire au début des années 1980 dans "Perturbation, ma sœur" (ed. Seuil) , revient sur l'ambiance de cet événement, quand les militantes féministes voulaient faire entrer les femmes dans l'histoire.

 



LIVRES :
Cliquer ici
• Livres et revues 2009/2010
ou • Livres et revues 2011/2012
Des livres que l'on peut trouver, disponibles ou sur commande, dans toutes les libraires de France et de Navarre.

 

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Nous contacter

re.belles@free.fr 

 

ECOUTER DE LA MUSIQUE

 

 

 

 RETOUR À : la page d'accueil

 

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Si la liberté était le cri de guerre des femmes des années 70, en ce début d'année 2015, elle est aussi le cri de rassemblement de millions de gens, audible au delà des frontières.

 

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Communiqué de presse

Pintemps 2014

solidarité avec

Najat Vallaud Belkacem
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Depuis sa nomination au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud Belkacem subit une volée d’attaques et d’injures sexistes, racistes, misogynes, émanant à la fois de certains membres du personnel politique, de certains medias, de certains sites internet, de certains individus ou groupes s’exprimant sur les réseaux sociaux.
Elle est attaquée et injuriée sous divers angles : pour ce qu’elle pense, pour ce qu’elle a fait en tant que ministre des droits des femmes, pour ce qu’elle est, une jeune femme française d’origine marocaine. Sont ainsi visés ses idées, son action, son parcours, sa personne.
Nous tenons à affirmer notre entière solidarité avec Najat Vallaud Belkacem, conscientes qu’à travers elle, est aussi gravement mis en cause ce que doit être l’égalité républicaine,  c’est-à-dire l’égalité entre les sexes, entre les origines, entre les personnes.

 

Associations signataires :
Féminisme et géopolitique
40 ans de MLF
Forum femmes méditerranée
Chiennes de garde
Collectif féministe contre le viol
Libres MarianneS
Réussir l’égalité femmes-hommes
Ligue du droit international des femmes
Réseau féministe Ruptures
Fit une femme un toit
Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir
Coordination du lobby européen des femmes
Le monde à travers un regard
Femmes solidaires
Planning familial
Elles aussi
Association nationale des études féministes
Assemblée des femmes
Elues contre les violences faites aux femmes
Fédération nationale solidarité femmes
Du côté des femmes
Fédération nationale GAMS
Osez le féminisme
Féministes en mouvements

 

contact : http://www.martine-storti.fr/

 

 

 

« Les droits des femmes doivent être mis à l’agenda politique européen », réclament Marie-Noëlle Bas (Chiennes de garde), Magali De Haas (Osez le féminisme), Sabine Salmon (Femmes Solidaires), Annie Sugier (Ligue du droit international des femmes)... après le récent rejet par le Parlement de l'Union d'un rapport sur l'égalité salariale. A quelques semaines des élections des députés de l'UE, elles proposent d'en faire « un enjeu significatif du vote ».

 

Pour la deuxième fois en quelques mois, le Parlement européen a rejeté un texte qui visait à faire avancer l’égalité femmes - hommes en Europe. Les conservateurs, une fois de plus, se sont mobilisés contre l’égalité salariale, la lutte contre les stéréotypes sexistes ou l’accès des femmes aux responsabilités. Comme à leur habitude et prenant modèle sur leurs collègues américains, ils mènent en Europe un combat systématique contre les femmes au détriment de leur liberté et de leur émancipation. Plus étonnant, ils ont pu compter sur des députés s’affirmant progressistes pour s’abstenir et ainsi permettre le rejet du texte.

 

Ce rejet n’est pas un épisode isolé, il s’inscrit dans une série de reculs et de remises en cause des droits des femmes en Europe. Que l’on aborde la question de la contraception et de l’avortement, que l’on parle de permettre aux femmes d’accéder aux responsabilités ou encore de l’égalité des salaires, on se heurte à un mur de conservatisme qui freine n’importe quelle avancée, même minime. Pendant que l’Europe stagne, l’Espagne, la Lituanie ou la Macédoine font reculer le droit à l’avortement, pourtant clé de voute de la liberté des femmes et de l’égalité entre les sexes.

 

Que se passe-t-il dans les têtes de ces parlementaires ? Sont-ils, hommes et femmes, satisfaits des 18% d’écarts de salaire ? Sont-ils contents de constater que les femmes européennes ne sont que 25% dans les parlements nationaux ? Que parmi les 27 gouverneurs des Banques centrales, on ne compte aucune femme et qu’elles représentent par ailleurs 70% des travailleurs pauvres ? Qu’elles assument 2/3 des heures de travail pour ne toucher que 10% des revenus ? Qu’elles soient 62 millions victimes de violences physiques et sexuelles ? Est-ce cette Europe à laquelle nous aspirons et que nous souhaitons laisser aux générations futures ?

 

La responsabilité de la droite dans ces reculs est majeure. Celle des partis progressistes, qui n’ont pas réussi à mobiliser suffisamment ou qui se sont divisés, doit également nous interroger. Les quelques féministes qui se battent depuis longtemps dans ces organisations politiques le savent : l’égalité femmes - hommes, tout le monde est pour… mais ce n’est jamais la priorité ni le bon moment.

 

Quand les dirigeants de l’UE comprendront-ils qu’il ne sera pas possible de construire l’Europe sans les femmes et sans faire de leurs droits un automatisme des politiques publiques ? Tant que la moitié de la population sera victime de discriminations, d’inégalités et de violences, il ne sera pas possible de construire une Europe de justice et une Europe de paix.

 

Il ne s’agit pas uniquement des femmes elles-mêmes ou de leurs droits : c’est une vision de l’Europe que nous voulons porter. Continuera-t-elle à se construire indépendamment des intérêts de celles et ceux qui la constituent ? Continuera-t-elle à être l’objet de quelques individus blancs, aisés, vieillissants et déconnectés de la réalité des peuples qui depuis Bruxelles décident de l’avenir de millions de personnes, créent des normes dans de multiples domaines, mais relèguent aux Etats le droit de régir les libertés des femmes ? 

 

Les droits des femmes doivent être mis à l’agenda politique européen. Les élections européennes seront une occasion à saisir pour porter ce débat sur la scène européenne, d’en faire un enjeu significatif du vote et d’envoyer un signal clair aux institutions européennes : l’Europe ne se fera pas sans les femmes et ne se fera pas sans l’égalité.

 

Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde, Marie Cervetti, directrice du FIT, une femme, un toit, Caroline De Haas, militante féministe, Magali De Haas, Osez le féminisme, Monique Dental, réseau féministe Ruptures, Anne-Cécile Mailfert, Osez le féminisme, Françoise Morvan, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, Marie-Christine Lecomte, vice-présidente de Libres MarianneS, Françoise Picq, Association nationale des Etudes Féministes, Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires, Martine Storti, présidente de féminisme et géopolitique, Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

 

 

 

 

LE BLOC-NOTES  

de Martine Storti 

(sur son site)

http://www.martine-storti.fr/bloc-notes/

 

Genre : osez la liberté !

… Pour en revenir à ces ABCD expérimentés dans quelques écoles françaises, ils auraient dû s’appeler « ABCD de l’égalité et la liberté ». De les avoir mal nommés n’a pas empêché les cris d’orfraie. Pour la suite, il faudra oser mettre la carte sur la table, c’est-à-dire la carte de l’émancipation réelle qu’il faut concevoir comme Pierre Mendès France concevait la  République, « éternellement révolutionnaire à l’encontre des inégalités, de l’oppression et de la misère, de la routine, des préjugés et éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir ».

… lire le début :

http://www.martine-storti.fr/bloc-notes/


http://blogs.mediapart.fr/blog/martinestorti/140214/propos-du-genre-osez-la-liberte

 

 

 

                                                 

 

 

 

 

Amina.

Portrait par Quentin GIRARD

Libération 5 septembre 2013

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/09/05/amina-un-nouveau-dessein_929693

 

Le blog

http://freeamina.blogspot.fr

 

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le 22 février 2014

Pinar Selek


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L'humanité du 22 février 2014
Pinar Selek: Mandat d'arrêt international annulé
Interpol a annulé le mandat d'arrêt par Ankara qui visait la sociologue turque Pinar Selek, condamnée à la prison à vie en Turquie et réfugiée en France. C'est ce qu'a annoncé le député français  Philippe Bies (PS), membre de son comité de soutien.
"La commission de contrôle d'Interpol a annulé le mandat d'arrêt international qui avait été émis par Ankara et supprimé Pinar Selek de ses fichiers", a indiqué le député PS du Bas-Rhin, Philippe Bies, à l'AFP, se référant à une information officielle du ministère de l'Intérieur. "La sociologue retrouve sa liberté de mouvement" au sein des quelque 190 pays membres d'Interpol, à l'exception de la Turquie où elle reste poursuivie, a relevé l'élu. "La suite du combat, c'est son acquittement en Turquie", a ajouté le député.
Pinar Selek a été condamnée en janvier 2013 à la prison à vie par la Cour pénale d'Istanbul, alors qu'elle avait été acquittée à trois reprises auparavant, en 2006, 2008 et 2011. La sociologue, qui réside à Strasbourg, a réagi avec satisfaction à la levée de son mandat d'arrêt. "C'est une bonne nouvelle", a-t-elle dit, jointe par téléphone. Mais "mon seul but est l'acquittement et de rentrer chez moi", a-t-elle ajouté.
Pinar Selek a été condamnée pour "participation à un attentat à l'explosif contre un site touristique d'Istanbul, qui avait fait sept morts en 1998." Incarcérée peu après, elle a été impliquée dans cette affaire pour avoir refusé de donner à la police les noms de rebelles kurdes qu'elle avait rencontrés dans le cadre de ses recherches.
Elle avait été libérée en 2000 à la suite de la publication d'un rapport attribuant l'explosion en question à une fuite de gaz. Elle a quitté la Turquie en 2009, et obtenu en février 2013 l'asile politique en France. 

 www.pinarselek.fr/

solidaritepinarselek.france@gmail.com  

 

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Éditions iXe 5€

http://www.editions-ixe.fr/

 

 

                                                          

ARCHIVES

 JOURNAUX DU MLF         

 

• le torchon brûle n°0 - intégralité.

• le torchon brûle spécial Fête des Mères
• Chroniques du MLF : premiers articles, premiers journaux


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  Histoire du MLF             

 

• Chronologie des années 1970, 1971, 1972.

• 8 mars, du mythe à la réalité.  

• PLACE DES DROITS DES FEMMES ET DES HOMMES, 26 août 2010 - 26 août 1970 ARC DE TRIOMPHE - Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne  

 

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  Presse                              


• Le non-anniversaire d'octobre 2008 + presse 2008/2009  

DIALLO - DSK / OPINIONS DANS LA PRESSE

 

  Livres                               

 

• Livres et revues 2011/2012

• Livres et revues 2010

Rencontre avec deux libraires et une éditrice  

• Françoise Pasquier, éditions Tierce et Deuxtemps-Tierce, 1976-1993  

• Françoise Pasquier, éditrice

 

MernissiMod

 

  Programmes 2010             

  40 ans du MLF                   

 

• PLACE DES DROITS DES FEMMES ET DES HOMMES, 26 août 2010

• LE CONGÈS INTERNATIONAL FÉMINISTE

• LES PROGRAMMES 2010 DÉTAILLÉS

• LE CALENDRIER 2010

• LES PROGRAMMES AUTOUR 


MF0911029

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La librairie Violette & Co, Catherine Florian et Christine Lemoine

Les Éditions iXe, Oristelle Bonis

Les blogueuses, Cathy et Michèle

 

Le 1er janvier 2012 à Donnemarie Dontilly avec Catherine Florian et Christine Lemoine, fondatrices de la librairie Violette and co, Oristelle Bonis, éditions iXe, Cathy Bernheim écrivain, blog Re-Belles et association 40 ans de mouvement, M. Revel, blog Re-Belles et association 40 ans de mouvement. Au lendemain d’un beau réveillon, réunies au coin du feu, écrivain, libraires, éditrice, blogueuses, décident de parler et croiser leurs regards sur leurs engagements littéraires, intellectuels et féministes.

 

Michèle : Qu’est-ce qui vous a pris de créer une librairie ?

Catherine : Il y a plusieurs versions.

Michèle, Cathy, Oristelle : On veut toutes les versions…

Catherine : Pendant 20 ans j’étais fonctionnaire, cadre administratif. J’avais envie de faire autre chose. Et surtout de faire correspondre mes centres d’intérêt et ma profession, qui étaient fort éloignés. Alors, il se trouve qu’une librairie qui était dans le Marais, rue Quincampoix, que nous apprécions beaucoup, a fermé. Elle s’appelait La pause lecture. C’était une librairie LGBT mais contrairement à la très belle librairie Les mots à la bouche, il y avait plus de filles. C’était en 2003, et moi j’étais à un tournant professionnel… On s’est dit pourquoi pas ouvrir une librairie ? 

Il ne restait qu’une seule librairie LGBT, il devait y avoir la place pour autre chose. Il n’y avait plus de librairie féministe. Très vite le projet de faire une librairie LGBT-lesbienne ET féministe s’est solidifié.

J’ai une formation d’histoire mais aussi de droit, de gestion, de compta. Car créer une librairie, c’est créer une entreprise. J’ai fait des stages en librairie et à l’INFL, institut de formation à la librairie, à Montreuil. Après, on s’est lancées : la recherche du local, les banques… Il faut avoir un apport : on mis nos réserves personnelles… C’est 50/50. Les banques ne prêtent que l’équivalent de ce que l’on a. Donc si t’as rien c’est même pas la peine…

Ce qui a aidé beaucoup au départ et cela n’aurait pas pris comme ça sans cela, c’est le réseau, nos connaissances associatives et engagées. On avait fait un site déjà avant l’ouverture de la librairie. On a ouvert en février 2004, juste un an après l’idée.

 

Michèle : Cela ne vous faisait pas peur une librairie ? C’est actuellement un métier difficile… Vous auriez pu ouvrir autre chose… un lieu convivial, un restaurant !

 

Catherine : Ah non non non ! c’était impossible ! des livres ou rien ! Un restaurant, même féministe, je ne pouvais pas l’ouvrir. Impossible… Faire se rencontrer des centres d’intérêt… c’était d’abord parce que c’était une librairie.

D’abord la librairie, c’est ce que dit Christine : que j’aurais pu ouvrir une librairie généraliste et ce n’est pas faux. Christine non. C’est une différence entre Christine et moi. Les livres ça ne me fait pas peur, je les aime, c’est quelque chose que je pratique, avec quoi je suis à l’aise… Un restaurant je n’aurais pas été à l’aise du tout. Et les livres ce n’est pas que l’engagement politique…

 

Christine : Pour moi il était important que ce soit une librairie engagée. J’ai vécu 15 ans en dehors de France, au Québec, en Équateur, en République Dominicaine, je ne lisais pratiquement plus de livres français… Donc il y avait aussi un problème de culture générale avec les livres.  Quand je suis revenue, j’avais 35 ans. Ce qui était important pour moi, c’était d’ouvrir une librairie lesbienne, gay, féministe… Depuis je ne sais plus quel âge, j’ai toujours été féministe. La première fois que j’étais dans un groupe c’était au MLAC, “on ne naît pas féministe“… Oui oui j’étais devenue féministe ! J’avais 19 ans et j’avais essayé d’aller à la Librairie des femmes…

Donc après l’étranger, j’ai travaillé pendant 12 ans dans ce secteur des films en formats très spéciaux (cinéma) et je n’avais plus de boulot. J’avais été employée à mi-temps par les éditions gay et lesbienne à la diffusion et distribution car j’avais coordonné un livre, Attirances, alors on m’a proposé ce travail. Cela m’a fait connaître le milieu de la librairie, que je ne connaissais pas du tout.

Et puis j’avais 47 - 48 ans et je me suis dit qu’il fallait que je crée mon boulot.

Il y a eu la fermeture de la librairie La pause lecture et on a commencé a avoir l’idée de la librairie.

On en a discuté avec des amis proches. Deux autres personnes s’étaient investies dans le projet mais ont arrêté après l’ouverture pour continuer leur projets personnels, car nous travaillions tous ailleurs et c’était compliqué.

 

Pour moi c’était ouvrir une librairie engagée qui m’intéressait, pas militante car ce n’est pas le terme que j’emploie pour ce projet là, mais une librairie engagée. Une librairie, c’est toujours un vieux rêve pour plein de monde. Chaque fois que j’allais dans une ville étrangère, je cherchais la librairie, et il y avait toujours en plus des annonces sur ce qu’il se passait dans la ville, sentir le pouls de la ville… J’ai donc continué a travailler à mi-temps mais cela devenait compliqué. Puis Anne Marie (avec qui je travaillais dans l’édition) à décidée de prendre un distributeur et ça s’est arrêtée.

 

Donc c’était à la fois créer ce lieu et créer mon boulot et c’était clair que de toute façon, c’était pour essayer d’en vivre.

 

J’avais travaillé à Lesbia, à Cineffable, et donc on a commencé à en parler, à faire savoir qu’il y avait une projet de librairie. Puis il y a eu un Forum social et une Journée pour les femmes en septembre : on a diffusé l’information sans donner l’adresse car le bail n’était pas signé. On a signé le bail le 31 décembre et le 1er janvier on commençait à nettoyer. (Cathy : Ben voilà c’est ça qu’on fête ! ) Avant, c’était déjà une librairie Santé-Bien Être, Franc-maçonnerie… On a changé les meubles, il y avait déjà la mezzanine. Tout un réseau de copines nous ont aidées. Il fallait faire vite car il fallait commencer.

 

La librairie, ça ne me faisait pas peur car la gestion de projet, je connaissais. Mais la compta, pas du tout. Jusques là je me disais : « Jamais je ferai ça (de la compta), jamais j’aurai ma boîte… » La gestion, c’est plus de la moitié du boulot. On a bossé comme des dingues, la première année…

 

Michèle : Vous vous êtes constitué un fond avec quelle aide ?

 

Christine : Avec nos cultures qui étaient assez complémentaires car moi j’avais plus une culture féministe et lesbienne et Catherine une culture générale et gay. Puis on a fait des recherches, on avait des catalogues. Pendant 3 ou 4 mois, on a fait des listes… Il y a un ou deux diffuseurs qui nous ont aidées. Et pour choisir dans les catalogues, c’est avec notre culture sinon laisse tomber. J’avais 48 ans : on ne fait pas une librairie  à 20 ans. On a apporté notre bagage culturel, nos économies, notre argent et puis nos bagages de travail, professionnels, ce que l’on avait  fait avant. Même si cela n’avait rien à voir du coup, entre ce que Catherine avait fait avant et moi, ça ne nous faisait pas peur.

 

Une chose que Catherine a très bien faite je trouve… Pour moi, c’était plus le lieu féministe et lesbien et Catherine, elle a tout de suite dit : « Il faut qu’on soit une vraie librairie par rapport aux éditeurs, par rapport au milieu du livre.  On s’impose comme une vraie librairie et non pas comme une librairie associative. » On a tout de suite fait des rencontres, des expos et on a été connues assez vite dans le milieu professionnel. On écrit dans « Page » une revue professionnelle.

 

Une librairie « homo et féministe », ça avait posé des problèmes aux interlocuteurs. Pour l’ADEL qui est une association d’éditeurs d’aide aux librairies, ils ne nous ont pas aidées. Il y avait des réactions surprenantes : « Il va falloir s’imposer »… Pour les banques, homo et féministe = porno. Seul le Crédit coopératif nous a acceptées. Notre interlocuteur comprenait tout, connaissait la question des librairies, et avait une femme féministe. Toutes les autres banques nous ont refusé et ce n’est pas un hasard si c’est le Crédit coopératif qui nous a acceptées.

 

Catherine et Christine : Donc voilà le début c’est énormément de travail. Le projet de départ, on n’en a pas dévié, on a tenu le cap. On a adapté avec plus de littérature générale, mais la ligne est la même. Tenir le cap. Quand il y a un problème, il faut laisser le temps aux choses de s’installer, s’ancrer. On n’aurait jamais fait cela seules.

 

Il y a la problématique du commerce et puis de la librairie engagée. Tenir la ligne par rapport à ça et faire comprendre qu’on n’était pas, surtout par rapport aux féministes, la librairie d’une tendance. La question de l’ouverture, ça n’a pas été évident. Il y a eu des incompréhensions : il y avait des féministes qui disaient : « Vous êtes queer »… Puis les gens ont compris. Avec les invités il y a eu des sujets antagoniques mais pour nous c’est important de donner la parole. On est juste passeurs, quoi

 

Oristelle : C’est marrant parce que iXe, c’est un peu la même problématique. Enfin, vous, c’est un lieu public, les gens viennent. Mais le projet de iXe, c’est aussi d’alimenter le débat, de ne pas choisir une tendance. Dire : c’est intéressant, et puisqu’on en discute, discutons-en. Mais discutons-en sur pièces.

 

Christine : C’était un peu, aussi, la problématique de la Bibliothèque du féminisme.

 

Oristelle : On était très peu queer.

 

Christine : Après, c’est vrai que nous, personnellement, il y a des choses qu’on mettait un petit peu plus en avant. C’est normal. Comme on se disait entre nous : dans le fond, on fait ce qu’on veut. Au bout d’un moment, on se dit : Eh bien zut, on est chez nous!

 

Cathy : Justement, c’est l’avantage de ne pas travailler pour les autres.

 

Michèle : Des fois, dans le blog, on nous écrit : si vous continuez à dire ci, ou ça, je me désabonne. Je ne suis pas fonctionnaire. Je leur dis de se désabonner, c’est pas un problème, hein.

 

Christine : Après, c’est sûr qu’on a fait des erreurs… On a des points forts et des points faibles.

 

Catherine : C’est vrai que quand tu dis « militant engagé »… On est aussi une librairie. Même si on fait des débats, ce n’est pas un lieu associatif. On n’est pas un local, on n’est pas subventionnées pour vendre des livres. À chaque fois, il faut un peut rétablir, ajuster, tenir la ligne.

 

Christine : il y aussi celles qui… je dis « celles », parce que… Celles qui viennent déposer leur propre livre, et qui ne comprenaient pas qu’on prenne une marge. Ou alors, elles trouvaient que la marge, c’était… pfff ! On leur dit, bon, c’est tout mais de toute façon, on prend une marge.

 

Catherine : Il faut leur faire comprendre que sinon, on ne peut pas vivre. Le lieu n’existerait pas.

 

Christine : C’est pas clair pour tout le monde ; si on dit 35% de marge : 35% ! Ben oui, c’est l’usage. Et encore, c’est le commerce où il y a le moins de marge.

 

Cathy : Il y a quelque chose dans être militant qui est un moteur pour s’engager sur un projet. Mais il faudrait définir ce que ça représente par rapport à d’autres militantismes.

 

Christine : C’est pour ça que je dis qu’on n’est pas une librairie militante. C’est le problème que j’ai eu avec tous les groupes militants. Pour moi, militant, c’est faire partir d’un collectif. C’est à dire qu’on fait une action collective. On est reliée à un objectif à travers un groupe, des actions. Dans tous les groupes où j’ai été, par exemple, j’étais contre le salariat. Il y a un truc qui est antagonique. Or là, c’était un projet individuel. De deux individues qui ne sont rattachées à aucune structure. Et c’était un projet pour gagner sa vie, aussi. Il y avait les deux choses en même temps. Vraiment en même temps. Pour moi, militant, c’est quand même rattaché à une structure : il a des librairies militantes, rattachées à la Fédération anarchiste, etc… Donc, je dis qu’on est une librairie engagée. On fait des choses qui ne sont pas forcément pour gagner de l’argent immédiatement, on prend des livres en dépôt. Et puis on est un lieu public comme toutes les librairies. Il y a des gens qui viennent, pour qui c’est le premier pas, comme les jeunes lesbiennes, par exemple. L’autre jour, il y en a une qui est venue nous expliquer, comme ça : « J’avais 16 ans, je suis entrée et puis je suis repartie. » Donc, voilà, c’est aussi ce côté là. Et puis on s’est aperçu après qu’il y a dans ce quartier là (comme on nous a dit  « Mais c’est un quartier familial, ici »), le côté visibilité. Et quand on a des retours positifs ça fait tellement de bien !

 

Michèle : Est-ce qu’en 8 ans, il y a eu des moments plus creux ? En matière de production et du coup, de votre activité.

 

Christine : En matière de production de romans lesbiens, oui. Depuis un an ou deux. Avant, avec ces maisons d’édition, on faisait des rencontres. Les maisons d’éditions lesbiennes, il en reste 2. Au départ, il y en avait… 3… 4… 5… 6. Les éditions Gaies et lesbiennes sont vendues. La Cerisaie a fermé, elle a vendu le fond. Il y a La Brise qui a fermé. Geneviève Pastre n’a plus rien publié… Il reste, en maisons d’éditions spécialisées, KTM et L’Engrenage. Après, le phénomène qu’on voit depuis quelques temps, c’est l’autoédition. Et ça, pour nous, c’est catastrophique.

 

Michèle : Et c’est uniquement du roman ?

 

Christine : Non, non. On a un pourcentage de sciences humaines extrêmement important par rapport aux librairies généralistes. Ça c’est clair. C’était à 36-37%, on en est à 40%. Ce qui est énorme. En terme de chiffre d’affaire. Il y a moins de poches, aussi, en sciences humaines, donc forcément. Bon, on n’a pas non plus de rayon Pratique, Voyages, Santé-Bien Être, Développement personnel… Moi, je parlais des romans et c’est ça que je trouve particulièrement inquiétant, les filles arrivent et disent : « Qu’est-ce qui est sorti ? » Eh bien, il n’y a rien qui est sorti. Depuis 2, 3  mois, il n’y a rien. Elles repartent. Il y a des filles qui n’achètent que des romans lesbiens.

 

Oristelle : Du roman lesbien, depuis la création de iXe, j’en ai bien reçu entre 10 et 15. Je les ai tous refusés, je suis désolée. Je les ai trouvés mièvres, fleur bleue, gnangnan.

 

Christine : De toute façon, une maison d’édition lesbienne en reçoit des tonnes, et des tonnes. Après, là dedans, c’est comme ailleurs, comme dans toutes les maisons d’édition généralistes. Mais bon. En sciences humaines, par contre, ça se maintient. Ça a peut-être augmenté. En essais féministes…

 

Cathy : Sur le genre ?

 

Christine : Depuis 2004, oui, ça a un petit peu augmenté. En essais lesbiens, il n’y en a pas assez. C’est le désert.

 

Oristelle : Il n’y en a pas assez parce que… Le genre, oui, les études et tout ça surtout. Mais sinon, il faut être gonflée, hein, pour soutenir ces thèses. Quand tu écris un essai, il faut que tu aies déjà la stature, la position d’autorité. Ou bien tu le fais dans le cadre d’une formation doctorale. Après, des goudous dans des positions d’autorité à l’université, il y en a.

 

Cathy : Mais des essais lesbiens, ça se vendrait ?

 

Christine : Bien sûr, des romans, des essais lesbiens.

 

Catherine : C’est une question d’échelle. C’est quand même pas des ventes…

 

Christine : Mais il y a des romans qui sont édités chez des grands éditeurs, qui sont vendus à 500 exemplaires et qui sont tirés à 2000 exemplaires, de toute façon. Il y en a plein. Ils savent très bien que ce ne sera pas des grosses ventes. Mais il y a un public. Seulement, tu ne tires pas à 10 000.

 

Oristelle : En effet, tu fais des petits tirages quand tu sors ce genre de choses. Beaucoup de livres de ces domaines sortent à 300 exemplaires. Et même des romans.

 

Christine : La crise commence maintenant, en 2011-2012 : crise du secteur avec les ventes Internet, les livres en ligne. D’ici cinq à dix ans, la moitié des librairies seront fermées.

 

Michèle : Entre les tablettes, et… Non, mais en attendant c’est bien parce que vous faites des rencontres.

 

Christine : On compense, oui. On fait beaucoup de ventes à l’extérieur. Dans les colloques, les festivals. Mais c’est quatre fois plus de boulot. Les gens ne se rendent pas compte.

 

Cathy : Est-ce que tu estimes que vous avez atteint certains de vos objectifs ?

 

Christine : Financièrement, non. Disons qu’au bout de quelques années, on s’est dit, non. Mais depuis un an ou deux, on peut dire que oui, on a atteint nos objectifs. Ça durera ce que ça durera, mais on est contentes de ce qu’on a fait. Il y a eu comme des paliers. On s’est rendu compte qu’on commençait à être de plus en plus connues. Même s’il y a encore plein de gens qui ne nous connaissent pas, de lesbiennes et de féministes qui ne nous connaissent pas, on a senti quand même aussi qu’il y en avait beaucoup qui nous disaient : « Mais tout le monde vous connaît. Je ne suis jamais venue mais on parle de vous tout le temps. ». Surtout chez les jeunes.

 

Michèle : Mais vous avez équilibré, au niveau financier? Pour me rassurer.

 

Catherine : Cette année, oui.

 

Christine : On y est arrivées parce que cette année, on ne s’est pas payées pendant quatre mois. Quand je te parle de la gestion, tout est verrouillé. C’est pour ça qu’on tient.

 

Catherine : Et d’ailleurs, il y a des trucs qui ont coulé à cause de ça, pour des problèmes de gestion.

 

Christine : Comme en librairie, les retours… Moi, ce que je trouve le plus dur, en librairie, c’est les retours. C’est épouvantable, d’avoir à retourner des livres qui n’ont pas bougé pendant deux, trois ans. Même si c’est des livres fondamentaux. Tu ne vas pas garder des livres pour faire tapisserie. On n’est pas un centre de doc, pour que les gens soient contents de les trouver là, mais ne l’achètent pas. Des livres de référence. C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui viennent chez nous en étant persuadés qu’ils vont trouver une bibliothèque universelle du féminisme. Et que si on veut trouver un livre, là, rapidement, sans avoir à le commander… Et quelquefois, nous, on n’en a plus. Moi, ça me fend le cœur… Mais bon. J’ai appris. J’ai appris. Parce que c’est dur, ça. Pas des titres en particulier, mais… Que ce soit en romans, même, des romans que j’adore et que l’on a gardés, gardés… Ou même des romans récents. Et quand tu vois qu’au bout de deux ans ça n’a plus bougé.

 

Catherine : Après, c’est la question de l’équilibre. C’est à dire que tu montes un fond. Mais ça, c’est très dur à évaluer. C’est que justement, il y a des choses qui ne sortent pas beaucoup mais qu’il faut quand même garder. Alors, c’est là qu’il faut évaluer qu’est-ce que tu vas retourner.

 

Christine : Si ça tourne une fois pas an mais que c’est pile poil dans notre créneau, si c’est féministe, on le garde. Il y a des libraires qui diraient… Mais dans une librairie spécialisée, tu es obligée. Il y a aussi des bouquins plus politiques qu’on a aussi. On a pas mal de trucs autour de la question du racisme.

 

Catherine : C’est à dire qu’il faut arriver à trouver l’équilibre, quand tu es une librairie de fond, pour, justement financer ton fond. Et que ton fond ne te fasse pas couler, quoi.

 

Christine : Et pas un tréfonds, comme on nous a dit notre comptable pour nous obliger à retourner : c’est plus un fond, c’est un tréfonds. Et ça, c’est très difficile à financer.

 

Michèle : Et Oristelle, alors. Tu es devenue de plus en plus éditrice depuis que je te connais.

(RIRES) Tu as toujours aimé les livres ? Comment ça t'est arrivé?


Oristelle : Oui, j’ ai toujours aimé les livres. Je crois que ça m’est toujours arrivé. Enfin, le goût, le plaisir, c’est l’adolescence, en fait. C’est une époque, c’est un milieu. J’ai grandi en pension. Dans une famille pleine de mômes. Et voilà, la lecture… C’est une façon de s’isoler et puis de dialoguer avec d’autres qui sont pas là, dans ton entourage immédiat, à te casser les pieds, à te dire « On fait ci, on fait ça, on joue à ci, on joue à ça ». C’est vrai, ce qu’on dit, oui, la littérature d’évasion, c’en est une, effectivement.

• Tu étais littéraire quand tu faisais tes études ?

• Oui, j’ai passé mon bac philo…

• Parce que iXe, c’est de l‘algèbre.

• Non, j’y connais rien, à l’algèbre. C’est juste les mots. C’est par association d’idées, en réalité. Mais ça, je l’ai raconté à tout le monde, on ne le raconte pas forcément au public. C’est parti de nos frustrations, à Hélène, à moi et à Dominique, de la collection Bibliothèque du féminisme où non seulement en bossait gratuitement mais en plus on bossait sans que personne le sache. On éditait chez l’Harmattan, la collection, elle avait son nom, mais nous, on était vraiment les roues de la charrette, absolument essentielles à faire tourner tout ça, mais personne ne nous connaissait.


Christine : Je peux faire une petite parenthèse ? Je me souviens que la première fois qu’on a invité la collection Bibliothèque du féminisme, malencontreusement, j’ai présenté « publié chez l’Harmattan », et Hélène : « À la Bibliothèque du féminisme ! ». Au moins ça, quoi!


Oristelle : Pas nos noms, mais au moins ça. Et d’ailleurs, dans les bibliographies, ça m’agace encore quand je vois : « L’Harmattan ». Il n’y a pas le nom de la collection, juste le titre. On n’est pas des inconnues absolues mais quand même.


Michèle : Par rapport à l’Harmattan ? Par rapport au public ?


Oristelle : Par rapport au milieu. Donc iXe, c’est parti d’une boutade. J’ai dit comme ça, on va l’appeler « X » parce que c’est l’anonymat, on le revendique. C’est exactement ce que nous sommes. C’est parti de là quand j’ai effectivement créé iXe. Je sais pas, c’est polysémique, comme lettre. Ça veut dire énormément de choses. Donc, je me suis dit que j‘allais jouer de ça. Dans une espèce de moment de lyrisme algébrique et parce que j’était très en forme, parce que c’est « X » et aussi, l‘inconnue de l’équation… Au fond, c’est une belle métaphore pour le féminin, le continent noir…Et parce que ça rejoignait bien, enfin m’a-t-il semblé, les questions d’aujourd’hui sur le trans, le bi, le queer, qu’est-ce qu’on est, à partir de quoi, comment on se fabrique… À partir de ce chromosome… Voilà. Et après, j’ai joué à dériver le nom des collections de l‘histoire de l‘algèbre. À ce jour, la plus belle réussite de iXe, c’est son nom. C’est son nom, le nom des collections. Ça intrique, les gens ont envie d’en parler. Ça amuse, aussi. Après, iXe, je lai quand même créée sur quelque chose qui ressemble à une impulsion. C’est pas un choix longuement médité. On y avait pensé avec Hélène mais brusquement, Hélène n’était plus là. C’était… l’idée de me dire :comment, je vais faire ? quoi. Et c’est un peu l’idée de dire : « Bon, écoute, on continue à faire ce qu’on sait faire et on le fait autrement. » Mais c’est un… enfn, une impulsion… Je ne l’ai pas fait comme ça du jour au lendemain. Mais c’est une idée qui est venue très vite, et je n’en ai pas trouvé de meilleure, en réalité. Je ne sais pas si on aurait beaucoup cherché.

Michèle : Est-ce que tu as pris des cours de comptabiité ?

• Non, je ne l’ai pas fait. J’ai pris un comptable. C’est la première chose que j’ai faite.

Cathy : Elles vont t’en donner, des cours !

• Oui, Christine insiste beaucoup là-dessus. Chaque fois que je fais une facture, ça ne va pas. Pourtant, la dernière, je me suis appliquée. Je l’ai faite de toutes les couleurs.

Christine : Et puis il y a tout le rapport à la fabrication aussi. Tu connaissais déjà ?

• Oui, je connaissais. Parce que quand même, ça fait très très longtemps que je suis plus ou moins dans l’édition. J’ai travaillé chez Calmann-Lévy à un époque, j’ai travaillé au Seuil. Je suis traductrice. J’ai travaillé à Histoires d’Elles. C’est là, d’ailleurs, le peu que j’ai appris : les corrections, un peu les histoires de mise en page…


Michèle : Dans les années 70, on a tellement essayé de choses de façon soi-disant militante, mais aussi… On créait des journaux, qui duraient 2 ou 3 ans, mais on rentrait complètement dans le truc de la fabrication. On apprenait énormément de choses.

• C’est à Histoires d’Elles que j’ai appris le plus de choses concrètes, matérielles. Et d’ailleurs, c’est grâce à Histoires d’Elles qu’après, j’ai pu travailler chez Calmann. Et après… Et après, il y Carine. Carine qui, quand je lui ai parlé de ça, m’a dit : « Mais c’est hyper fastoche de faire de l’édition ! il y a des logiciels de mise en page, je vais te montrer, tu verras. » Effectivement, c’est pas très sorcier. Enfin, de faire une mise en page qui est assez soignée. C’est pas sorcier. Mais le truc premier, c’est de s’engager sur un livre. De dire : « Voilà, je prends ce livre ».


Oristelle : Le premier, c’est pareil… Je suis allée au colloque Wittig à Lyon et… C’est là que j’ai rencontré Suzette, d’ailleurs, pour de vrai, que je connaissais un peu. Et Suzette connaissait très bien Sandy. Je lui avais parlé, un peu, de mon idée. Elle aussi, elle a fait de l’édition : elle était à Masques, elle était à Vlasta. Donc, ça lui plaisait. Elle m’a présenté Sandy et Sandy m’a dit : « Le chantier littéraire c'est pour toi ». J’avais rien fait. Je me suis dit : quand même…

Michèle : Donc, ça t’a donné l’idée de passer à l‘acte.

•  Non, j’avais déjà… j’étais en train de créer iXe. Elle n’existait pas vraiment mais voilà, les démarches étaient engagée, j’avais réfléchi.

Cathy : Tu avais déjà lu des manuscrits ?

• Non, non. Je voulais poursuivre le Bibliothèque du féminisme. C’est à dire publier des essais… de gens qui en principe ne sont pas publiés, d’ailleurs, parce que c’est des jeunes chercheurs. Ou parce que ce sont des recueils d’article, comme Guillaumin, Mathieu. Et en même temps, j’ai eu envie de me faire plus plaisir que ça et d’ouvrir à la fiction. Je n’avais absolument pas mesuré non plus le travail. Au début, je me disais : « Je vais faire petit. Il faut exister. Donc, 5, 6 livres par an. » Ce qui est déjà bien, publier 5, 6 livres par an. Et je n’ai pas pensé, effectivement, au nerf de la guerre de l’édition. Et je me suis dit : « Là, il y a le réseau. Il y a des adresses, des groupes. » Il  a des gens qui, contrairement à ce que je dis, me connaissent un peu. Qui toute suite ont soutenu l’idée. Mais ça ne suffit pas. Je ne peux pas penser que les 300 personnes de la liste vont systématiquement acheter mes livres.

Cathy : Chacun de tes livres.

• Et ça, c’est difficile. Mais c’est vrai que je l’ai créée pas de façon totalement, totalement… bêtassou, quoi. C’est à dire  1 : j’ai pris un comptable et 2 : j’ai trouvé un distributeur en disant : « Non, j’irai pas faire les paquets poste ou sillonner la France en voiture. Je ne peux pas tout faire. »

Christine : C’est infaisable.

• J’ai vu au Salon des éditeurs indépendants, il y en qui font tout. Il y en a beaucoup qui sont autodiffusés, autodistribués.

Christine : Je pense que pour les petits éditeurs, il faut s’autodistribuer.

Cathy : Distribuer ou diffuser ?

Christine : Les deux. En général. Je comprends aussi que l’aspect matériel, la distribution, ça n’a aucun intérêt.


Oristelle : Moi, quand j’ai créé iXe… C’est peut-être ça, c’est peut-être une erreur. Je n’ai pas assez de recul. Mais je suis vraiment toute seule, en fait. C’est à dire… J’ai des copines qui m’aident, enfin… Qui m’aident sur le choix des livres, qui m’aident à faire des trucs. Mais la responsabilité, le travail concret, c’est vraiment mes épaules. Et alors là, je me suis dit : « Non, je ne peux pas ». Je ne suis ni deux ni trois.

Christine : Je comprends tout à fait. Parce que moi, ayant fait de la distribution…

•  Financièrement…

Michèle : Je comprends complètement ce que tu veux dire. Moi, j’ai l’expérience des petites maisons d’édition de la fin des années 70. Puisque j’ai travaillé chez Tierce et que effectivement, Françoise Pasquier, trouvait que… elle avait fait tous le lancement de départ et que là, progressivement il fallait passer à autre chose. Pas juste une distribution…  Mais au départ, c’est vrai qu’elle a sorti quelques livres et avec ces quelques livres, malgré tout, elle a pris sa bagnole et… Après, elle m’a embauchée pour que je fasse, avec ma bagnole, la même chose. Parce qu’on savait qu’on n’avait pas la force d’avoir un diffuseur.

Christine : Je sais aussi que les éditions Gaies et lesbiennes et La Cerisaie se sont cassé la gueule après avoir pris un distributeur. Il y a eu d’autres raisons aussi, il n’y a pas qu’un facteur… C’est une question de trésorerie. Quand tu distribues toi-même, tes rentrées d’argent se font pratiquement immédiatement. Dans les 2 mois, tu es sûre d’avoir ton chèque. Sinon, tu attends 6 mois.

Catherine : Plus le prélèvement.

Oristelle : 50%… 50 à 60%… Et le distributeur, ça se rajoute.

Christine : En plus, le fait que tu te diffuses toi-même, c’est important parce que les petites maisons d’édition, vu tout ce que les diffuseurs ont à diffuser…

Michèle : Oui, tu passes dans les pertes et profits.


Oristelle : Après, il y a l‘âge, et il y a les besoins. Si j’ai lancé la maison, c’est parce que j’avais l’argent. Brusquement, j’avais de l’argent. Donc, je me suis dit : « Bon, l’important, dans l’immédiat, pour moi… l’objectif immédiat, c’est pas de gagner ma vie avec la maison. » À terme, oui. Mais dans l’immédiat, le plus important, c’est d’exister, de sortir suffisamment de livres et donc, de dégager… D’avoir le temps pour les faire et d’en faire assez. Et comme j’ai l’âge que j’ai, en effet, je me dis que j’ai intérêt à le faire vite, le catalogue.

Catherine : C’est comme nous. On paye un coursier. Mais il y a des libraires qui vont chercher les livres. Physiquement. Des libraires de notre taille, en général, il y en a plein qui n’ont pas de coursier. On s’est dit : Attends, plutôt que d’aller tous les matins faire le tour des trucs, on préfère organiser les rencontres. C’est un choix.

Oristelle : Parce que déjà, vous travaillez beaucoup.

Michèle : Bon, mais… Je suis assez d’accord avec Christine. Ça a toujours été compliqué. Ça a toujours été difficile, et des entre deux. Il se trouve que dans les années 70, on avait réussi à créer le distributeur qui s’appelait Distique, qui faisait tous les petits éditeurs à un bon prix. On avait le retour financier le mois d’après, contrairement, apparemment, à ce que tu dis. Franchement, moi, quand je prenais la voiture et que j’allais présenter les livres chez les libraires, le mois d’après, ça se concrétisait dans les comptes. Donc, c’était aussi un engagement de leur (les distributeurs) part, de pratiquer comme ça. Et puis petit à petit… Je sais pas, après 81, donc vers 83, 84, on a réussi à mettre sur pied un système de diffusion Paris et province. C’est à dire avec différents éditeurs, toujours pareil. Il y avait Verdier, Solin, des gens comme ça. Il y en avait 25, à peu près. Et ça, ça a donné un peu d’air. Mais c’était au bout de presque dix ans d’édition. C’était impossible à faire tout de suite.

Oristelle : Quand on rentre dans le milieu, pour être plus précise et pratique, les gens sont dans une période où on sent que ça va bouger. C’est vrai, on me l’a dit dès le départ et puis je l’avais un peu pressenti, que les diffuseurs distributeurs de taille moyenne ou petite ont un trop grand catalogue d’éditeurs, maintenant. Et pas assez de représentants. La structure ne peut pas suivre. Et puis en plus, ils ont un catalogue trop diversifié. Moi, je me demande comment font les représentants. Je pense qu’il y en a, quand même, qui passent un peu à la trappe. Après, il y aussi les groupements de petits éditeurs, qui font une espèce de plateforme de livres. Quelquefois, je suis tentée, quand j’ai tous ces mauvais retours de libraires, je suis tentée…

Michèle : Alors, il faut faire des paquets. C’est ça le problème.

• Être vraiment diffusé, c’est entrer dans ces structures. Je vais me discipliner, je vais y arriver. Mais là, pour le moment, j’ai envie de faire les livres et puis j’ai envie qu’ils sortent. C’est à dire que je ne travaille pas du tout en amont. Ça, c’est une des choses que je suis en train d’apprendre. Ça serait bien, par exemple, que j’envoie à Catherine les épreuves deux mois avant. Alors que moi, quand le livre est sur épreuves, c’est qu’il sort.

 

Michèle :  Alors, Oristelle, est-ce que tu as envie de publier des livres qui sortent de la question du féminisme, du genre, etc ?

• Oui. Si c’est une question, d’envie, oui. Franchement. Après, je pense que je n’ai pas intérêt, pour une question de temps, de forces, d’énergie… Je suis loin de ne lire que des livres féministes. Quelquefois, tu pourrais te dire : « J’ai envie d’éditer tous les livres que j’aime ». Ce serait même l’idéal. De créer une espèce de bibliothèque… Mais non, je ne le ferai pas. Je vais rester dans ce créneau. Mais ouvrir à la fiction, c’est ça, la porte. Je devrais publier Mireille Best en  mars, et puis il y a une fiction d’Isabelle Auricoste, et puis une fiction d’Éliane Viennot, qui est plus légère que les autres. Mais les fictions que j’ai retenues sont assez sombres. C’est vrai qu’on peut tomber sur des écrivains vraiment intéressants… (À suivre, pas fini tout à fait de décrypter).

 

Signalons, également, comme troisième évènement autour des livres, la prochaine mise en circulation par l'association des amies et amis de Françoise Pasquier, des ouvrages publiés par celle-ci aux éditions Tierce, qu'elle a créées. Nous en reparlerons.

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Discussions, Rencontres, Colloques

 

 

 

/ séminaire

« VIDÉO DES PREMIERS TEMPS »

dont l'Association Carole Roussopoulos est partenaire et qui s'intéressera cette année aux

« Politiques de la vidéo : revendication d'autonomie et inscription institutionnelle ».    

Le séminaire aura lieu un lundi par mois, entre 17h30 et 20h, à la BnF, site Richelieu, en salle des commissions (5 rue Vivienne, 75002 Paris – Rez-de-chaussée – Métro : Bourse, Pyramides ou Palais-Royal).

 

 

/ séminaire

TRAVELLING FEMINISTE 

"PENSÉES ET USAGES CRITIQUES DES IMAGES"

Travelling Féministe est un laboratoire de recherche et d'expérimentation sur les usages féministes, queer, postcoloniaux des archives audiovisuelles, travaillant autour des ressources du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, fondé en 1982 par Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Ioana Wieder.

programme en attente 

 

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http://www.institutemilieduchatelet.org/

 

 

/ Cycle de conférences : « Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre »

 

/ Séminaire Sexe et Genre : pour un dialogue interdisciplinaire au carrefour des sciences de la vie et des sciences humaines 

 

/ Le Café de l’Institut Émilie du Châtelet

18h30 à 20h30 : Jardin des Plantes, Restaurant La Baleine, 47 rue Cuvier 75005 Paris

    

/ Conférence 

 

/ Assises de l'IEC 2012  


/ Colloque 

 

/ Journée Jeune recherche
de l’Institut Émilie du Châtelet

 

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Le Centre Hubertine Auclert

Centre francilien de ressources pour l'égalité femmes-hommes
7 impasse Milord, 75018 Paris

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Agendas/Actualités…

http://www.centre-hubertine-auclert.fr/

 

 

 

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Le 8 mars c'est toute l'année!


 

 

 

 

 

 

 

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Figaro, ici, Figaro, là, Figaro en haut, et Figaro en bas !

 

Ce n’est pas le fameux air du Barbier de Séville,  mais la présentation tout aussi virile de la saison 2013-2014 de l’Opéra de Paris, que 10 activistes de la Barbe ont brièvement interrompue aujourd’hui.
Pour ne prendre que les opéras, sur 19 oeuvres programmées, 19 compositeurs, 19 virils librettistes, 19 metteurs en scène, et, 18 chefs d'orchestre masculins sur 19.
Depuis là scène où elles avaient rejoint Mr Christophe Ghristi directeur de la dramaturgie et la directrice du Ballet sortante Mme  Brigitte Lefevre (bientôt remplacée par Mr Benjamin Millepied), les barbues se sont félicitées de la bonne tenue virile du programme:
« Comme Rodolphe sut sacrifier Mimi à son art, de même vous savez faire place nette et ne laisser que le mâle talent s’exprimer et s’épanouir lorsqu’il s’agit de diriger.  A la baguette comme à la tête de votre noble établissement. "Riez" donc Messieurs – à l’instar de  la Marguerite de Faust - "de vous voir si beaux en ce miroir" que vous tend La Barbe".
 "à part Werther, les femmes sont pourtant à l 'honneur dans le répertoire" a bravement tenté Mr Ghristi alors que les barbues regagnaient les coulisses guidées par le service d'ordre.

Quelques chiffres :
 
Saison 2013-2014 de l’Opéra de Paris
    •    Opéras (sur 19) : 19 hommes compositeurs / 19 hommes librettistes / 19 hommes metteurs en scène / 18 hommes chefs d'orchestre
    •    Ballets (sur 19) : 19 hommes compositeurs / 15 hommes chorégraphes
    •    Concerts symphoniques (sur 8) : 8 hommes compositeurs / 8 chefs d’orchestre
 
Chiffres Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, 2012 :
    •    96% des opéras sont dirigés par des hommes
    •    70% des centres chorégraphiques nationaux sont dirigés par des hommes
    •    85% des centres dramatiques nationaux sont dirigés par des hommes
    •    95% des concerts sont dirigés par des hommes 

 

www.labarbelabarbe.org

 

labarbelabarbe@gmail.com


fb : groupe d’action féministe la barbe
tw : @labarbelabarbe

 

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DR-Simone de Beauvoir et Alice Schwarzer

 

 

OPINIONS                         

L'écho des actes

Dans le feu de l’action, il arrive que les actes dépassent la pensée. Évaluer la portée des événements et des actions entreprises pour leur répondre, prendre son temps, préciser son opinion. : autant de moyens de sortir de l’urgence de l’actualité pour s’éclaircir les idées.

+ ici > • Ne pas aller place des Vosges !  

 

INTERNATIONAL              

Yabiladies le magazine des maghrébines

  ici > http://www.yabiladies.com/articles/details/9448/femmes-arabes-annees-lumieres-liberte.html

 http://www.yabiladies.com/

Le plus.Nouvelobs

Révolutions arabes : la démocratie, incompatible avec le droit des femmes ?

Réminiscence de notre propre histoire, les révolutions arabes ?

Geneviève Fraisse nous livre son analyse :

 ici > http://leplus.nouvelobs.com/contribution/210393;revolutions-arabes-la-democratie-incompatible-avec-le-droit-des-femmes.html

Sur Radio Canada 

 ici > le-feminisme-musulman-nexiste-pas-Wassyla Tamzali 

  Toutes les vidéos du Congrès du 2, 3 et 4 déc 2010

 ici >  Le congrès international féministe 2010

 

MÉDIAS                                

> EGALITÉ-info

les femmes et les hommes font l'info

> Un nouveau blog

Feministes en tous genres

qui publie des entretiens et des articles sur le genre et la sexualité 

http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/

 > Une nouvelle émission

sur France Inter consacrée aux femmes

Désormais tous les vendredi à 9h

Les femmes, toute une histoire-F-Inter-dim16h-17h

 Présentée par Stéphanie Duncan

LES NOUVELLES news • , l'autre genre d'info

 

En marge du 6 octobre 1979

Le mouvement féministe d’après 68 en France est une histoire atypique et houleuse qui a laissé des traces… Pour moi, encore aujourd’hui, écrire en majuscules “MLF“ est une épreuve, une émotion et une interrogation. 

Pour comprendre, il faut revenir à la journée du 6 octobre 1979. Une Marche des Femmes est prévue pour que la loi Veil de 75, légalisant provisoirement l’avortement, soit confirmée lors de sa révision, prévue à la session parlementaire de l’automne 79. 

Boulevard Raspail (?), à l’heure dite, la foule des femmes est impressionnante et quand la manifestation a démarré nous sommes 40 à 50.000. Nous n’avions jamais vu ça. Je savais que des collègues à moi, instits. en Seine-Saint-Denis, avaient prévu de venir… Mais là, ces milliers de femmes de tous horizons, c’était le bonheur d’un aboutissement : “toutes les femmes“, sans drapeaux ni signes distinctifs. Elles sont dans la rue pour leur Liberté.

Mais voilà que des galopades bizarres se font sur les côtés. Un petit groupe habillé en vert et blanc. Certaines portent d’immenses lettres M, L, F, vertes aussi, d’autres distribuent des tracts, elles tentent de prendre la tête de la manifestation sans y parvenir, ouf ! C’est Psyképo pour les initiées ; le groupe psychanalyse et politique, librairie des femmes, éditions des femmes, Antoinette et ses groupies, on a l’habitude… Si ce n’est que… 

...Quelques jours plus tard nous apprenons que “Mouvement de Libération des Femmes – MLF“ a été déposé comme marque commerciale à l’Institut National de la Propriété Industrielle. 

Les tentatives d’Antoinette Fouque pour s’approprier le mouvement des "femmes" et du même coup de "les" déposséder de ce qu'"elles" viennent de conquérir ont commencé bien avant l’automne 1979 et continuent encore aujourd’hui. La dernière offensive était en octobre dernier. Pour en connaître les détails, les méthodes et les déjouer, vous pouvez lire les articles parus dans la presse nationale du mois d’octobre 2008.