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  • : Re-Belles. 40 ans du mouvement de libération des femmes , MLF Appellation d'Origine Incontrôlée. Objectif : FÉMINISTES TANT QU'IL FAUDRA !
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livres, expos, dépêches...

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9h30 - 10h00 Introductions
Richard Conte, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de l’institut ACTE
(Arts-Créations-Théories-Esthétiques) UMR. Sorbonne / CNRS
Hélène Périvier, économiste, OFCE, coresponsable de PRESAGE, Programme de Recherche et d’Enseignement des
SAvoirs sur le GEnre
Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS, ancienne directrice de l’Institut Ecologie et Environnement (INEE), conseillère scientifique à l’INEE
10h00 - 11h00 Dialogue
Jacques Rancière, professeur émérite à l’université Paris 8, département de Philosophie
Geneviève Fraisse, directrice de recherche émérite au CNRS (Philosophie), comité scientifique de PRESAGE
11h15 - 11h45 Excluding politics : For a history of muses and ruses
Penelope Deutscher, professeure au département de Philosophie, Northwestern University, Evanston, IL
11h45 - 12h15 Une histoire émancipatrice
Florence Rochefort, historienne, CNRS (GSRL), présidente de l’Institut Emilie du Châtelet (IEC)
12h15-12h45 Réponse de Geneviève Fraisse
12h45 - 14h15 Déjeuner
14h15 - 14h25 Ménage et remue-ménage dans les concepts
Margaret Maruani, directrice de recherche au CNRS, CERLIS/université Paris Descartes, directrice du Mage et de
Travail, genre et sociétés.
14h25 - 14h55 Les contretemps de la création
Stefania Ferrando, doctorante en Etudes politiques (EHESS/institut Marcel Mauss – LIER)
14h55 - 15h25 Identité, égalité et émancipation
Patrick Savidan, professeur des universités à l’université de Poitiers
15h30 – 15h55 Intermède musique
Artiste invitée: Joëlle Léandre
16h - 17h15 Table ronde l’émancipation créatrice
Présidée par Hélène Périvier
Laure Adler, écrivaine et productrice à Radio France
ORLAN, artiste
Sabine Prokhoris, psychanalyste et philosophe
17h15 - 17h45
Geneviève Fraisse
Intermède musique
Artiste invitée : Joëlle Léandre
Remerciements et pot de clôture

 

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FRANÇOISE HUGUIER

AU DOIGT ET À L'ŒIL

Autoportrait d'une photographe

Sabine Wespieser éditeur


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Mes princesses charmantes à moi sont des petites sorcières qui jetaient leurs poupées au feu dans la cour d'une école de religieuses, et incitaient leurs amies à en faire autant. Sans le savoir, elles rejouaient l'histoire de leurs lointaines ancêtres, les sorcières brûlées jadis par une tradition de part et d'autre du mur d'incompréhension que les religions dressent entre les gens de bonne volonté. Vous remarquerez que je n'emploie pas la formule (con)sacrée : « hommes de bonne volonté »… Car les hommes, parfois, semblent faire preuve d'une singulière mauvaise volonté quand il s'agit de se défaire de leurs habitudes, prérogatives et autres grigris destinés à masquer leur impuissance fondamentale.
Or, tout le monde le sait, seuls ceux qui se croient puissants craignent vraiment l'impuissance. Les autres s'en accommodent ou la contournent.


Ainsi, une petite sorcière de mes amies découvrit très vite la loi du plus fort, ayant crapahuté comme enfant otage dans la jungle vietnamienne (« J'avais huit ans », Actes Sud, 2005). Elle s'en accommoda le temps qu'il fallait et en garda singulièrement une curiosité extrême pour l'humanité dans son ensemble, et particulièrement celle qui vit sous d'autres latitudes que la nôtre.


Armée de sa seule générosité et de son œil curieux, on la vit donc arpenter presque tous les continents, du Japon au Mali et du Détroit de Behring (« En route pour Behring », Maeght, 1993) à St-Pétersbourg (« Kommounalki », Actes Sud, 2008), « Sur les traces de l'Afrique fantôme » (Maeght, 1990) ou dans les coulisses des femmes « Sublimes » (Actes Sud, 1999) de la mode. Car parfois, elle s'arrêtait à Paris* entre deux voyages et trouvait le moyen d'y découvrir des lieux, des histoires, des corps, des visages, le plus souvent de femmes, qu'en général on ne regarde pas de cette manière : avec tendresse et acuité.


Elle raconte ses reportages et bien d'autres choses dans son premier « autoportrait d'une photographe », paru récemment chez Sabine Wespieser. Son livre se lit comme un récit d'aventure, d'aventures au pluriel, dans une prose qui ne perd pas son temps à faire des circonvolutions, qui va droit au but, au plus près de son expérience et de ses rencontres.


C'est un beau livre d'une belle personne : mon amie la petite sorcière mais grande photographe.

 

Cathy Bernheim.


* Un exposition monographique

des œuvres

de Françoise Huguier

aura d'ailleurs lieu à Paris,

à la Maison Européenne de la photographie,

du 4 juin au 31 août 2014.

 

 

 

•  

 

 

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CENTRE AUDIOVISUEL

SIMONE DE BEAUVOIR

Projections

au Nouveau Latina :

20 rue du Temple, 75004 Paris, M°Hôtel de Ville 

Le programme :

http://www.centre-simone-de-beauvoir.com/agenda.html  

http://www.centre-simone-de-beauvoir.com/

   

 

ÉMISSION              

FEMMES LIBRES  

sur Radio Libertaire   

Les mercredis

18h30/20h30

Vous pouvez écouter et ou télécharger l'émission pendant 1 semaine sur: 

http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php

et téléphoner pendant l’émission au 01 43 71 89 40

 

LIBRAIRIE           

VIOLETTE&CO   

102 rue de Charonne, 75011 Paris, M° Charonne ou Faidherbe-Chaligny 

Livres

- Rencontres

- Atelier d’écriture 

- Expositions  

http://www.violetteandco.com/librairie/ 


 

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 ÉDITIONS  iXe        

un nouveau titre aux Éditions iXe

http://www.editions-ixe.fr/    

 

 

 

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© Catherine Deudon 

 

 

 

 

 

 

 

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Eva Besnyö, 1910-2003 :

"Quand je me déplace avec mon appareil photo, je vois les choses.

Avec un sac à provisions, je passe à côté de tout."

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Eva Besnyö, sans titre, 1976 (Action menée par les Dolle Mina, “Terug naar de Breinaald” / “Retour à l’aiguille à tricoter »)

 

 

LIRE L'ARTICLE DE CATHERINE GONNARD http://lemagazine.jeudepaume.org/2012/07/catherine-gonnard-eva-besnyo-une-femme-de-son-siecle/


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Eva Besnyö, Autoportrait, Budapest, 1929 © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

 

 

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Brouiller les cartes. Masculin ? Féminin ? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours.


  

Après le passage des footballeuses lesbiennes sud africaines en France le reportage vidéo de TV5 Monde

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Terriennes/Videos/Reportages/p-22210-Lesbiennes-et-footballeuses-en-Afrique-du-Sud-elles-temoignent.htm

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Encore Elles !

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Le DVD

Durée 52 min
Co-production France Télévision
Format PAL
Type Multi Zone DVD 5 Pal DVD-R
Disponible en Français
Prix : 15.00 €

Pour l'acheter et voir la bande annonce :

http://www.lahuit.com/article/fra/encore-elles

Ou 

 http://www.violetteandco.com/librairie/

 

 

26 août 2010

Place du Droit des Femmes et des Hommes…

Au Trocadéro

 

Merci Nelly pour tous ce travail photographique !

 

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26 août 1970/ 26 août 2010

 

Pour lire la suite : 

Place des Droits des Femmes et des Hommes

 

 

 

Sur RFI le 10 avril 2010

9h30-10h30

Valérie Nivelon évoque avec Martine Storti, Cathy Berneim et d'autres les premières années du MLF

ECOUTER :

RFI-10avril10-40-ans-mlf-quand-femmes-prennent-parole

 


Le dossier de TV5 MONDE
pour célébrer les 40 ans du MLF
 

Le dossier sur "Les 40 ans du MLF, Féministes d'hier et d'aujourd'hui"est désormais en ligne sur le site de TV5 Monde, page informations

Pour le consulter, voici le lien : 
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/MLF-40-ans-feminisme-fevrier-2010

Et pour connaitre le programme spécial que TV5 Monde met en place pour célébrer les femmes, voici le lien : 
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/8mars-journee-internationale-droits-femmes-2010

  



France Culture

Le 19 octobre 2009, de  9 à10h

LA FABRIQUE DE L'HISTOIRE

d'Emmanuel Laurentin

Thème : CULTE DES GRANDS HOMMES

Invitée Cathy Bernheim 

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Pour écouter :

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"Avant les grands hommes, les grandes femmes ! A l'occasion d'une série consacrée au culte des grands hommes, nous ouvrons la semaine en évoquant celles qui ont voulu rendre hommage à une anonyme : la femme du soldat inconnu.
C'était le 26 août 1970, une dizaine de militantes se réunissaient place de l'Etoile. Elle veulaient réaliser une action spectaculaire pour soutenir leurs consoeurs américaines qui avaient déclenché une grève. Ce sera la pose d'une gerbe à celle qui est encore "plus inconnue que son mari".
Cette action brève mais médiatisée lancera le mouvement féministe qui va rapidement se structurer.
Cathy Bernheim qui a déjà raconté cette histoire au début des années 1980 dans "Perturbation, ma sœur" (ed. Seuil) , revient sur l'ambiance de cet événement, quand les militantes féministes voulaient faire entrer les femmes dans l'histoire.

 



LIVRES :
Cliquer ici
• Livres et revues 2009/2010
ou • Livres et revues 2011/2012
Des livres que l'on peut trouver, disponibles ou sur commande, dans toutes les libraires de France et de Navarre.

 

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Nous contacter

re.belles@free.fr 

 

ECOUTER DE LA MUSIQUE

 

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Si la liberté était le cri de guerre des femmes des années 70, en ce début d'année 2015, elle est aussi le cri de rassemblement de millions de gens, audible au delà des frontières.

 

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Communiqué de presse

Pintemps 2014

solidarité avec

Najat Vallaud Belkacem
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Depuis sa nomination au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud Belkacem subit une volée d’attaques et d’injures sexistes, racistes, misogynes, émanant à la fois de certains membres du personnel politique, de certains medias, de certains sites internet, de certains individus ou groupes s’exprimant sur les réseaux sociaux.
Elle est attaquée et injuriée sous divers angles : pour ce qu’elle pense, pour ce qu’elle a fait en tant que ministre des droits des femmes, pour ce qu’elle est, une jeune femme française d’origine marocaine. Sont ainsi visés ses idées, son action, son parcours, sa personne.
Nous tenons à affirmer notre entière solidarité avec Najat Vallaud Belkacem, conscientes qu’à travers elle, est aussi gravement mis en cause ce que doit être l’égalité républicaine,  c’est-à-dire l’égalité entre les sexes, entre les origines, entre les personnes.

 

Associations signataires :
Féminisme et géopolitique
40 ans de MLF
Forum femmes méditerranée
Chiennes de garde
Collectif féministe contre le viol
Libres MarianneS
Réussir l’égalité femmes-hommes
Ligue du droit international des femmes
Réseau féministe Ruptures
Fit une femme un toit
Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir
Coordination du lobby européen des femmes
Le monde à travers un regard
Femmes solidaires
Planning familial
Elles aussi
Association nationale des études féministes
Assemblée des femmes
Elues contre les violences faites aux femmes
Fédération nationale solidarité femmes
Du côté des femmes
Fédération nationale GAMS
Osez le féminisme
Féministes en mouvements

 

contact : http://www.martine-storti.fr/

 

 

 

« Les droits des femmes doivent être mis à l’agenda politique européen », réclament Marie-Noëlle Bas (Chiennes de garde), Magali De Haas (Osez le féminisme), Sabine Salmon (Femmes Solidaires), Annie Sugier (Ligue du droit international des femmes)... après le récent rejet par le Parlement de l'Union d'un rapport sur l'égalité salariale. A quelques semaines des élections des députés de l'UE, elles proposent d'en faire « un enjeu significatif du vote ».

 

Pour la deuxième fois en quelques mois, le Parlement européen a rejeté un texte qui visait à faire avancer l’égalité femmes - hommes en Europe. Les conservateurs, une fois de plus, se sont mobilisés contre l’égalité salariale, la lutte contre les stéréotypes sexistes ou l’accès des femmes aux responsabilités. Comme à leur habitude et prenant modèle sur leurs collègues américains, ils mènent en Europe un combat systématique contre les femmes au détriment de leur liberté et de leur émancipation. Plus étonnant, ils ont pu compter sur des députés s’affirmant progressistes pour s’abstenir et ainsi permettre le rejet du texte.

 

Ce rejet n’est pas un épisode isolé, il s’inscrit dans une série de reculs et de remises en cause des droits des femmes en Europe. Que l’on aborde la question de la contraception et de l’avortement, que l’on parle de permettre aux femmes d’accéder aux responsabilités ou encore de l’égalité des salaires, on se heurte à un mur de conservatisme qui freine n’importe quelle avancée, même minime. Pendant que l’Europe stagne, l’Espagne, la Lituanie ou la Macédoine font reculer le droit à l’avortement, pourtant clé de voute de la liberté des femmes et de l’égalité entre les sexes.

 

Que se passe-t-il dans les têtes de ces parlementaires ? Sont-ils, hommes et femmes, satisfaits des 18% d’écarts de salaire ? Sont-ils contents de constater que les femmes européennes ne sont que 25% dans les parlements nationaux ? Que parmi les 27 gouverneurs des Banques centrales, on ne compte aucune femme et qu’elles représentent par ailleurs 70% des travailleurs pauvres ? Qu’elles assument 2/3 des heures de travail pour ne toucher que 10% des revenus ? Qu’elles soient 62 millions victimes de violences physiques et sexuelles ? Est-ce cette Europe à laquelle nous aspirons et que nous souhaitons laisser aux générations futures ?

 

La responsabilité de la droite dans ces reculs est majeure. Celle des partis progressistes, qui n’ont pas réussi à mobiliser suffisamment ou qui se sont divisés, doit également nous interroger. Les quelques féministes qui se battent depuis longtemps dans ces organisations politiques le savent : l’égalité femmes - hommes, tout le monde est pour… mais ce n’est jamais la priorité ni le bon moment.

 

Quand les dirigeants de l’UE comprendront-ils qu’il ne sera pas possible de construire l’Europe sans les femmes et sans faire de leurs droits un automatisme des politiques publiques ? Tant que la moitié de la population sera victime de discriminations, d’inégalités et de violences, il ne sera pas possible de construire une Europe de justice et une Europe de paix.

 

Il ne s’agit pas uniquement des femmes elles-mêmes ou de leurs droits : c’est une vision de l’Europe que nous voulons porter. Continuera-t-elle à se construire indépendamment des intérêts de celles et ceux qui la constituent ? Continuera-t-elle à être l’objet de quelques individus blancs, aisés, vieillissants et déconnectés de la réalité des peuples qui depuis Bruxelles décident de l’avenir de millions de personnes, créent des normes dans de multiples domaines, mais relèguent aux Etats le droit de régir les libertés des femmes ? 

 

Les droits des femmes doivent être mis à l’agenda politique européen. Les élections européennes seront une occasion à saisir pour porter ce débat sur la scène européenne, d’en faire un enjeu significatif du vote et d’envoyer un signal clair aux institutions européennes : l’Europe ne se fera pas sans les femmes et ne se fera pas sans l’égalité.

 

Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde, Marie Cervetti, directrice du FIT, une femme, un toit, Caroline De Haas, militante féministe, Magali De Haas, Osez le féminisme, Monique Dental, réseau féministe Ruptures, Anne-Cécile Mailfert, Osez le féminisme, Françoise Morvan, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, Marie-Christine Lecomte, vice-présidente de Libres MarianneS, Françoise Picq, Association nationale des Etudes Féministes, Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires, Martine Storti, présidente de féminisme et géopolitique, Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes

 

 

 

 

LE BLOC-NOTES  

de Martine Storti 

(sur son site)

http://www.martine-storti.fr/bloc-notes/

 

Genre : osez la liberté !

… Pour en revenir à ces ABCD expérimentés dans quelques écoles françaises, ils auraient dû s’appeler « ABCD de l’égalité et la liberté ». De les avoir mal nommés n’a pas empêché les cris d’orfraie. Pour la suite, il faudra oser mettre la carte sur la table, c’est-à-dire la carte de l’émancipation réelle qu’il faut concevoir comme Pierre Mendès France concevait la  République, « éternellement révolutionnaire à l’encontre des inégalités, de l’oppression et de la misère, de la routine, des préjugés et éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir ».

… lire le début :

http://www.martine-storti.fr/bloc-notes/


http://blogs.mediapart.fr/blog/martinestorti/140214/propos-du-genre-osez-la-liberte

 

 

 

                                                 

 

 

 

 

Amina.

Portrait par Quentin GIRARD

Libération 5 septembre 2013

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/09/05/amina-un-nouveau-dessein_929693

 

Le blog

http://freeamina.blogspot.fr

 

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le 22 février 2014

Pinar Selek


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L'humanité du 22 février 2014
Pinar Selek: Mandat d'arrêt international annulé
Interpol a annulé le mandat d'arrêt par Ankara qui visait la sociologue turque Pinar Selek, condamnée à la prison à vie en Turquie et réfugiée en France. C'est ce qu'a annoncé le député français  Philippe Bies (PS), membre de son comité de soutien.
"La commission de contrôle d'Interpol a annulé le mandat d'arrêt international qui avait été émis par Ankara et supprimé Pinar Selek de ses fichiers", a indiqué le député PS du Bas-Rhin, Philippe Bies, à l'AFP, se référant à une information officielle du ministère de l'Intérieur. "La sociologue retrouve sa liberté de mouvement" au sein des quelque 190 pays membres d'Interpol, à l'exception de la Turquie où elle reste poursuivie, a relevé l'élu. "La suite du combat, c'est son acquittement en Turquie", a ajouté le député.
Pinar Selek a été condamnée en janvier 2013 à la prison à vie par la Cour pénale d'Istanbul, alors qu'elle avait été acquittée à trois reprises auparavant, en 2006, 2008 et 2011. La sociologue, qui réside à Strasbourg, a réagi avec satisfaction à la levée de son mandat d'arrêt. "C'est une bonne nouvelle", a-t-elle dit, jointe par téléphone. Mais "mon seul but est l'acquittement et de rentrer chez moi", a-t-elle ajouté.
Pinar Selek a été condamnée pour "participation à un attentat à l'explosif contre un site touristique d'Istanbul, qui avait fait sept morts en 1998." Incarcérée peu après, elle a été impliquée dans cette affaire pour avoir refusé de donner à la police les noms de rebelles kurdes qu'elle avait rencontrés dans le cadre de ses recherches.
Elle avait été libérée en 2000 à la suite de la publication d'un rapport attribuant l'explosion en question à une fuite de gaz. Elle a quitté la Turquie en 2009, et obtenu en février 2013 l'asile politique en France. 

 www.pinarselek.fr/

solidaritepinarselek.france@gmail.com  

 

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Éditions iXe 5€

http://www.editions-ixe.fr/

 

 

                                                          

ARCHIVES

 JOURNAUX DU MLF         

 

• le torchon brûle n°0 - intégralité.

• le torchon brûle spécial Fête des Mères
• Chroniques du MLF : premiers articles, premiers journaux


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  Histoire du MLF             

 

• Chronologie des années 1970, 1971, 1972.

• 8 mars, du mythe à la réalité.  

• PLACE DES DROITS DES FEMMES ET DES HOMMES, 26 août 2010 - 26 août 1970 ARC DE TRIOMPHE - Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne  

 

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  Presse                              


• Le non-anniversaire d'octobre 2008 + presse 2008/2009  

DIALLO - DSK / OPINIONS DANS LA PRESSE

 

  Livres                               

 

• Livres et revues 2011/2012

• Livres et revues 2010

Rencontre avec deux libraires et une éditrice  

• Françoise Pasquier, éditions Tierce et Deuxtemps-Tierce, 1976-1993  

• Françoise Pasquier, éditrice

 

MernissiMod

 

  Programmes 2010             

  40 ans du MLF                   

 

• PLACE DES DROITS DES FEMMES ET DES HOMMES, 26 août 2010

• LE CONGÈS INTERNATIONAL FÉMINISTE

• LES PROGRAMMES 2010 DÉTAILLÉS

• LE CALENDRIER 2010

• LES PROGRAMMES AUTOUR 


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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:42
Et voilà qu'on reparle des femmes comme catégorie sociale à part entière, sujets et objets politiques, à chaque 8 mars! Victoire du féminisme ou simple opportunité de se décharger d'un sujet qu'on ne sait pas par quel bout prendre le reste du temps? Toujours est-il que la porte des médias s'entrouvre pour laisser entendre ce qu'elles ont dire sur des événements qui les concernent en premier lieu. Qu'il s'agisse de commémoration, d'excommunication, de moralisme ou d'exclusion, le pouvoir du machisme déguisé en évêque, en pape ou en ayatollah ou sous toute autre défroque (parfois même féminine) a été particulièrement virulent ces derniers temps. Cela n'a pas échappé aux quelques observatrices dont nous reproduisons les interventions publiques ci-après. (Compilation non exhaustive).


Liliane Kandel : "Dans un monde qui a changé, 
de nouvelles résistances à inventer"

LE MONDE | 07.03.09 | 16h07  •  Mis à jour le 08.03.09 | 10h49 

Le féminisme aujourd'hui ? Non seulement il n'est pas mort mais on peut dire que, d'une certaine manière, il a gagné. Exactement comme Mai 68. Et, exactement comme Mai 68, il a induit des changements profonds, peut-être irréversibles de la société, des institutions, des façons de vivre et d'être au monde - en même temps que des dérives, des détournements et des perversions. Reste qu'aujourd'hui, plus personne n'oserait se revendiquer "sexiste" ou "misogyne". 

Dire "on a gagné" - et il faut mesurer l'immense chemin parcouru depuis les années 1960 - ne signifie pas évidemment pas que l'on a tout gagné (sur ce "tout", du reste, les conceptions divergent). Des femmes meurent sous les coups de leur compagnon, la pauvreté, le chômage sont majoritairement féminins, les salaires restent inégaux, le temps consacré au travail domestique encore plus, et les femmes députées ou PDG trop rares : tout cela est connu, dénoncé, combattu par les groupes féministes, parfois en vain, parfois victorieusement, et justifie que nombre d'entre les militantes se définissent comme "toujours féministes". 

Est-ce suffisant ? Est-on sûr que cela constitue ou continue ce que fut le Mouvement de libération des femmes ? Je vais me mettre beaucoup de monde à dos, mais il me semble que, s'il y a aujourd'hui du féminisme (ou du pseudo-féminisme) partout, on peut se demander s'il y a encore un mouvement - au sens du mouvement des années 1970. On oublie trop souvent que celui-ci n'a pas été seulement un mouvement social : de colère, de révolte, de solidarité retrouvée des femmes entre elles, mais aussi, et indissociablement, un mouvement de découverte permanente, de dévoilement, c'est-à-dire de subversion et de renversement des paradigmes de pensée dominants. Et cela se joua sur tous les terrains, tous les modes d'expression, d'intervention, toutes les formes de discours, des plus savants aux plus (apparemment) farfelus. 


Prenons trois des slogans de l'époque. 
"Travailleurs de tous les pays... qui lave vos chaussettes ?" C'était drôle. Des sociologues explorent, aujourd'hui encore, les modes complexes d'articulation du travail salarié et du travail domestique, "invisible". 

"Une femme sans homme, c'est comme un poisson sans bicyclette." Une féroce mise en charpie de la fameuse "contrainte à l'hétérosexualité", sur laquelle tant d'encre a coulé depuis. 


Et "je suis une femme, pourquoi pas vous ?", qui fut une des facettes de la déconstruction du discours, millénaire, de la différence des sexes, de sa naturalité. 


Telle fut l'extraordinaire efficacité symbolique du Mouvement. Les slogans avaient, alors, exactement la fonction du mot d'esprit selon Freud : et le rire des femmes fut sans doute un des rires les plus politiques, les plus philosophiques - et les plus libérateurs - qui soient. 


Mais voilà. On ne rit plus beaucoup aujourd'hui. D'abord, parce que l'effet de découverte, de connaissance, de subversion des paradigmes, la surprise joyeuse (et/ou le scandale) qui l'accompagnait, a eu lieu : le travail est fait - et bien fait. Ensuite et surtout parce que le moment historique du rire est, sans doute, derrière nous. Pour le dire autrement : Mai 68, le "MLF", furent des mouvements offensifs, de mise en question de nos sociétés, de leurs incohérences, de leurs hypocrisies, de leurs vices cachés. Et ces sociétés, d'une certaine manière, étaient prêtes à les entendre. Mais l'offensive aujourd'hui n'est plus de notre fait. Les enjeux, les dangers mortels pour les femmes (et pas seulement pour elles) se sont déplacés ailleurs, sur de nouvelles scènes, avec une tout autre violence, inimaginable autrefois. Par exemple, dans nos cités, où il est recommandé encore souvent de sortir voilée ou en jogging pour éviter harcèlements, insultes - ou agressions (ce fut la force de Ni putes ni soumises de dévoiler, justement, le lourd silence sur ces situations). Mais aussi au niveau le plus élevé de la gouvernance internationale, à l'ONU, où sous prétexte de lutte contre la "diffamation des religions", contre le blasphème, et au nom d'une incertaine "alliance des civilisations", l'on est en train d'imposer peu à peu les motions les plus obscurantistes, les plus rétrogrades, les plus attentatoires aux libertés (et d'abord, à celles des femmes). 

La violence machiste se transforme. Le monde est autre. De nouvelles stratégies apparaissent, d'autres résistances s'inventent, d'autres analyses se font jour. Daniel Cohn-Bendit intitulait son livre Forget 68. La fidélité ne serait-elle pas finalement de dire, nous aussi : "Forget MLF" ? 


Liliane Kandel  est sociologue et membre du comité de rédaction des Temps modernes, auteur de Féminismes et nazisme (éd. Odile Jacob) et coauteur des "Chroniques du sexisme ordinaire" (Les Temps modernes, de 1973 à 1983).
Recueilli par Josyane Savigneau
Article paru dans l'édition du 08.03.09 




Parlons Net
Parité dans les élites, débat sur le Net: le féminisme est-il mort?
Faut-il lutter contre les inégalités entre hommes et femmes au sein des partis et dans les élites ou dans la blogosphère et sur le Net? A l'occasion de la journée de la femme, Parlons net met face à face Christine Fauré, chercheuse au CNRS et militante et féministe, et deux blogueuses indépendantes, Hypos et Laure Leforestier.

Christine Fauré est l'auteur d'une Encyclopédie politique et historique des femmes au PUF traduite dans plusieurs pays. Hypos discute de citoyenneté, de politique et d'engagement sur son blog et Laure Leforestier jette son regard sur l'actualité et la politique, notamment rouennaise sur le sien.

Les invitées de Parlons net étaient cette semaine interviewées par Marc Cohen, deCauseur.fr, Jérôme Bouin, du Figaro.fr, Sylvain Lapoix, de Marianne2.fr, le tout animé par David Abiker, de France Info. 

Prise de son : Philippe Bredin et Allison Ascrizzi 
Images: Jean-Michel Després et Maurice Lévy 
Dimanche 08 Mars 2009 - 17:24 

Sylvain Lapoix


MONDE 11/03/2009 À 06H54 
http://www.liberation.fr/monde/0101553571-durban-ii-contre-les-femmes  
Durban II contre les femmes 
Annie Sugier présidente de la Ligue du Droit International des Femmes. 

On oublie trop souvent les grandes manœuvres internationales dont les femmes font les frais au nom du retour en force de la religion et du respect de la diversité culturelle. Un moment fort dont les Nations unies ont le secret sera Durban II. A l’image de ce qui s’est passé à la réunion de 2001, le fait religieux - principalement islamique - sera présenté comme la solution à tous les conflits sociétaux et internationaux. La France doit se retirer de la conférence Durban II, il en va de la démocratie et de l’avenir des femmes.

Depuis 1983, la Ligue du droit international des femmes, dont la fondatrice fut Simone de Beauvoir, a régulièrement dénoncé la manière dont les droits humains universels des femmes ont été remis en question au nom du multiculturalisme et du respect des religions et des civilisations. Elle constate un phénomène plus nouveau, le détournement de certaines revendications des organisations féministes, y compris au sein des institutions internationales, pour mieux faire taire les aspirations émancipatrices et universalistes des femmes.

Ainsi l’application de la charia est préconisée pour venir à bout de pratiques traditionnelles telles que les mutilations sexuelles, ou pour endiguer les violences conjugales. Quant à la prostitution et la traite des femmes, elles seraient censées disparaître si la polygamie était maintenue et que les femmes retrouvaient leur fonction maternelle dans la société. Même la parité et l’éducation des filles sont affirmées comme étant des objectifs portés par la charia.

En 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, les organisations de femmes, qui auraient dû pouvoir s’exprimer librement au cours de la conférence des ONG qui se tenait en marge des négociations gouvernementales, furent en fait muselées. Au niveau des Etats, ce fut pire encore, la République islamique d’Iran proposait tout simplement que le mot «femme» soit supprimé de l’ensemble du texte gouvernemental. Dans la foulée, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, l’Arabie Saoudite, le sultanat d’Oman, le Qatar et le Koweït se démarquaient des libellés et des concepts contraires à la charia islamique. Quant à certaines démocraties, elles avaient déjà capitulé en reconnaissant la religion comme «valeur intrinsèque des êtres humains», qui «peut aider à promouvoir la dignité» et «éliminer le racisme».

Pour l’Organisation de la conférence islamique qui tient la dragée haute dans les instances internationales (et qui est représentée par le Pakistan au Conseil des droits de l’homme), les femmes doivent être valorisées, protégées et respectées, mais la sexualité hors mariage pénalisée et l’avortement considéré comme une «exécution extrajudiciaire». Pour les nouveaux chantres des droits humains, si les femmes sont exploitées sexuellement, la faute en revient aux féministes occidentales qui ont favorisé la transformation des femmes en objets sexuels et tout ce qui s’ensuit : pornographie, viol, prostitution, lesbianisme.

La conférence Durban II - dont le comité préparatoire est présidé par la Libye avec comme vice-présidence notamment l’Iran - ne fera qu’entériner ces régressions idéologiques à l’œuvre depuis sept ans, qui se sont encore aggravées lors des négociations sur le texte de la Conférence. Le président Sarkozy a affirmé, lors de son discours d’investiture le 6 mai 2007, que la France n’abandonnerait pas les femmes opprimées dans le monde. La France ne doit pas cautionner la mise en avant des religions et l’attaque de la liberté d’expression dont les femmes sont toujours les premières victimes.

Coauteur de : les Dessous du voile, 1989-2009, vingt ans d’offensive islamique contre la République laïque (éd. Ripostes).

LDIF : http://www.ldif.asso.fr

 

Chronique 
Il ne faut pas déserter Durban II, par Caroline Fourest
LE MONDE | 13.03.09 | 14h18  •  Mis à jour le 13.03.09 | 14h18
http://carolinefourest.wordpress.com/2009/03/15/il-ne-faut-pas-deserter-durban-ii/   

Il y a bien des raisons de redouter la conférence contre le racisme qui s'annonce à Genève du 20 au 24 avril. Ceux qui ont assisté à la première édition, à Durban (Afrique du Sud), en septembre 2001, ont encore en mémoire la prise en otage du forum des ONG par des groupes tiers-mondistes pro-islamistes et antisémites, les tracts regrettant Hitler, l'exposition de caricatures antisémites... Près de dix ans après la fin de l'apartheid, nous étions venus parler du racisme. Et nous n'avons entendu parler que d'Israël.

Est-ce une raison pour encourager l'Union européenne à suivre les Etats-Unis, le Canada et Israël, qui souhaitent boycotter la conférence de suivi ? En théorie oui. En pratique, les choses sont plus complexes. Les intellectuels ont bien raison d'alerter. Les diplomates ne doivent pas déserter.

D'abord, parce que la conférence se déroulera à Genève... sans forum des ONG. Si des débordements ont lieu dans les couloirs, ils seront encadrés, au pire révélateurs. Enfin et surtout, il ne s'agit pas d'un vrai Durban II, mais d'une simple conférence d'examen, destinée à faire appliquer la plate-forme adoptée par les Etats en 2001.

A l'époque, grâce à la vigilance et à la bataille de certaines délégations - notamment aux efforts conjoints de l'Afrique du Sud et de la Belgique, restée dans la bataille - cette plate-forme d'action contre le racisme a limité les dégâts. Fait rare, elle a refusé le texte inacceptable venant du forum des ONG. Cela n'aurait pas été possible si les pays européens avaient suivi les Etats-Unis et quitté eux aussi la conférence au milieu du gué.

Mais soyons clairs, cette plate-forme n'est pas bonne. Ultraminoritaires, les pays simplement soucieux de lutter contre le racisme ont dû céder à la surenchère et à la politisation voulues par certains pays. Le texte insiste sur la traite transatlantique, dans l'espoir d'obtenir des réparations financières, au risque d'esquiver la responsabilité de certains négriers noirs ou arabes. Il parle d'"islamophobie", au risque de confondre la lutte contre le racisme avec une lutte contre le blasphème. Sans dire un mot des minorités religieuses opprimées dans les pays musulmans au nom de la charia. Israël est le seul pays cité. Comme si la mort de civils palestiniens relevait du racisme et non de crimes de guerre liés à un conflit territorial.

Il ne dit rien des chasses aux homosexuels au Sénégal, ni de leur pendaison en Iran. L'histoire retiendra la longue liste de ces pays qui refusent de faire cesser l'homophobie ou le sexisme au nom du respect des cultures, consacré par la plate-forme de Durban.

La plupart des ajouts proposés par le Mouvement des non-alignés, l'Union africaine et le groupe des pays musulmans visent à aggraver ce texte. Ils insistent notamment pour élargir la lutte contre le racisme à la "diffamation des religions". Ce qui reviendrait à mettre les droits de l'homme au service de la protection des religions, au détriment de la liberté d'expression. Inacceptable.

L'Union européenne en a conscience et ne cédera rien là-dessus. Ses lignes rouges sont clairement établies : la question des réparations de l'esclavage ne doit pas être instrumentalisée, celle du Moyen-Orient ne doit pas donner lieu à surenchère, et le concept de "diffamation des religions" doit être écarté. Si l'une de ces lignes rouges est franchie, elle aura bien raison de briser le consensus et de ne pas cautionner. Mais pour l'instant, le processus est en cours. La négociation peut encore aboutir à un texte court, qui s'en tiendrait à la mauvaise déclaration de Durban, comme base de travail.

Mépriser cette négociation ne permettrait pas d'expliquer au monde la position de l'Union européenne. Il ne s'agit pas de déserter la lutte contre le racisme, mais de résister à son instrumentalisation. Le risque serait surtout d'affaiblir un peu plus le multilatéralisme, dont nous avons tant besoin pour préserver l'universalisme et renégocier un jour cette plate-forme.

Caroline Fourest 
Article paru dans l'édition du 14.03.09.


TRIBUNE LIBRE 
Article paru le 14 mars 2009

L’HUMANITÉ DES DÉBATS 
Les religions n’aiment pas les droits des femmes 
PAR GENEVIÈVE FRAISSE, PHILOSOPHE (*).

Comment le Vatican peut-il condamner l’IVG d’une fillette violée ? 
Le Vatican a du mal avec l’Holocauste : du mal parce qu’il n’a pas brillé, au XXe siècle, pour le dénoncer ; du mal parce qu’il est capable de soupeser avec légèreté, au XXIe siècle, le négationnisme d’un de ses prélats. Or depuis longtemps, nous le savons, les militants anti-avortement dénoncent l’IVG comme un acte similaire à l’Holocauste. Nous sommes des « survivants », clament les pro-vie, car nous avons survécu à la contraception et à l’avortement, meurtres de masse. Le Vatican, en 2009, aggrave encore les choses : la négation de l’Holocauste y semble mieux admise que l’avortement d’une gamine. Oui, face à l’histoire brésilienne d’excommunications en série pour l’avortement de cette fillette, violée, enceinte de jumeaux à neuf ans, la question principale vise l’Église, dans sa splendeur vaticane, et par voie de conséquence ceux qu’elle entraîne avec elle, les catholiques… On les dit malheureux, furieux contre leur hiérarchie… Répétons-le : le lien entre les deux affaires n’est pas anecdotique, ou simple coïncidence : l’extermination des juifs serait moins grave que la destruction de cellules vivantes sans visage.

Ensuite, en ce XXIe siècle où les religions sont à l’honneur, réfléchissons à ce qu’elles font aux femmes. Ma question est simple : quelle religion pense sérieusement le droit des femmes ? Il y a celles qui refusent l’avortement, l’habeas corpus des femmes, maîtrise de la reproduction, et il y a celles, parfois les mêmes, qui refusent la prêtrise aux femmes, c’est-à-dire la parité, dont je rappelle la signification : le partage du pouvoir de décider et d’agir pour le bien commun. Du côté de la liberté individuelle, de la propriété du corps, et du côté du collectif (comment imaginer et gouverner le monde), les religions préfèrent penser « pour » les femmes plutôt que de les laisser penser « par » elles-mêmes… Allons-y sans détour : aucune religion ne pense l’égalité des sexes, aucun des trois monothéismes notamment. Chrétiens, juifs, musulmans louvoient tous à leur façon pour éviter cette question brutale : l’égalité, doublée de la liberté, pour tous et toutes. On me répond toujours que tout est dans la nécessaire et délicieuse « complémentarité » des sexes ; manière de formuler, avec bonne conscience, toutes sortes de disparités.

Venons-en, enfin, à l’actualité politique : je n’écris pas ces lignes pour pester contre les religions en général, et leur traitement des femmes en particulier. J’écris pour expliquer que lorsque les féministes s’insurgent contre telle ou telle obligation liée à la religion musulmane, port du foulard ou polygamie, elles savent que la religion chrétienne, aujourd’hui l’Église catholique, peut être tout autant discriminante. Elles connaissent évidemment le soupçon, non négligeable, de bien-pensance colonialiste. Mais elles se savent dans le même bateau, embarcation si fragile du droit des femmes… Voyez d’ailleurs le peu de considération, pour ne pas dire le mépris, accordée par notre gouvernement au Planning familial.

Elles se mettent donc dans le même bateau car l’histoire leur enseigne la vigilance. Le droit des femmes ne s’exporte pas ? Mais il ne se fractionne pas non plus. Et partout, dans le monde, on peut s’en emparer. Ce n’est pas l’Occident et son universalisme qui nous intéressent, ce sont les principes d’égalité et de liberté.

(*) Derniers livres parus en 2008 : Le privilège de Simone de Beauvoir, Actes Sud et L’Europe des idées, France Culture/L’Harmattan.

   
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 17:18


Festival de films de femmes à Créteil
du 13 au 22 mars 2009
Programme :
http://www.filmsdefemmes.com/ 



MFPF 
Communiqué de presse




Sur FR3
Dimanche 8 mars 2009 à 12h 05 :
Le magazine de la rédaction 
Un film de 13 mn de Géraldine Bénit et Josiane Szymanski

Pour voir le film, cliquer sur le lien ci-dessous puis, après quelques secondes de publicité, et encore quelques secondes de chargement, la vidéo finit par arriver sur votre ordinateur.

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=vanves_13m 



Nous publions aussi quelques photographies de la manifestation du samedi 7 mars à Paris. Si vous avez d'autres clichés, pris à Paris ou dans d'autres villes, envoyez les nous, nous les publierons. Merci.








 


 







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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 17:32

Dépêche
Sur FR3
Dimanche 8 mars 2009 à 12h 05
(Possible 3mn pour l'annoncer, la veille dans le 19/20).
En ce dimanche 8 mars le Magazine de la Rédaction vous emmène de l'Arc de Triomphe à l'Assemblée en passant par la librairie féministe parisienne Violette and Co.
Sur des images inédites, une évocation de l'épopée du mouvement de libération des femmes et la transmission de cette histoire par quelques unes de ses militantes.

Le programme de la Mairie de Paris 
http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=65419




Le 8 mars dans les années 70
De mémoire de féministe, dans les années 70, la manifestation du 8 mars était celle de la fierté. Pas besoin d'une revendication en particulier, d'une bonne raison, mais toutes les raisons et plus. Et les slogans les plus inattendus fleurissaient : "Une femme sans homme c'est comme un poisson sans bicyclette", "Cours, petite sœur, les avant-gardes sont derrière toi !", "Quand les femmes s'aiment, les hommes ne récoltent pas" et autres "Travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes" !?... Ou alors, ce dernier slogan était-il pour un 1er mai ? 


Archives
Histoires d'Elles n° 0 
Paru le 8 mars 1977 avec, en pages 22-23 un dossier sur les origines de la Journée Internationale des Femmes signé “la boîte d'allumettes"1.

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Malgré des recherches dans les archives et jusqu'aux Etat-Unis, impossible de trouver trace de "l'une des premières grève de femmes opposant les ouvrières du textile à la police de New-York qui charge, tire et tue"2. Et les journalistes d'Histoire d'Elles de se demander " Qu'est-ce qui a bien pu en 1910, à Copenhague, déterminer Clara Zetkin et les participantes de la Deuxième Conférence Internationale des Femmes Socialistes à choisir la date du 8 mars 1857 pour fixer la Journée Internationale des Femmes ?"
Mais si à l'exploration, les origines restent mystérieuses, le sens lui s'éclaircit : "Derrière les fluctuations de date et de contenu, c'est la même lecture de l'histoire qui s'impose : celle qui fait de la Journée Internationale des Femmes un Premier Mai au féminin, et qui origine les mouvements de femmes à l'intérieur de la lutte des classes".
Nous publions le texte intégral de l'article en fac-similé.

Mais depuis 1977, le mythe de la grève de 1857 est tombé, grâce au travaux de recherche de Françoise Picq et Liliane Kandel rendus publics en 1982 dans La Revue d'En face, n° 12, automne 1982, republié dans Prochoix, n° 39, février 2007.3


Nous avons également pu faire un résumé de l'histoire du 8 mars grâce au livre de Florence Montreynaud, Le XXe siècle des femmes.4


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Histoire
Guerre froide sur le 8 mars

Si c'est bien Clara Zetkin et les femmes socialistes, réunies en 1910 en Conférence Internationale à Copenhague qui ont proposé et voté à l'unanimité la création de la journée internationale des femmes, si c'est bien Lénine en 1921 qui a fixé le 8 mars comme journée des femmes en URSS, pour commémorer la manifestation de femmes réclamant du pain et le retour de leurs maris du front, début de la révolution de février 1917, en France, c'est sur un mythe que le 8 mars a été instauré. Un mythe fondateur évidemment et c'est aux communistes et au journal l'Humanité que nous le devons. Clara Zetkin ce n'était pas assez, Lénine c'était trop... Le 8 mars 1948, à l'appel du parti communiste et de la CGT, 100 000 manifestantes défilent de la République à la statue de Jeanne d'Arc, 30 000 à Marseille, 12 000 à Lille et 5 000 à Lyon. Malgré les succès, pour les dirigeants communistes, l'image de la fête est trop associée à leur parti et aux pays de l'est, en ces temps ou le PCF vient à peine de sortir du gouvernement. Alors, quelques années plus tard, cap à l'ouest, de l'autre côté de l'Atlantique. Le 5 mars 1955, dans le quotidien l'Humanité paraît un article expliquant les origines de la commémoration par une grève d'ouvrières à New-York en 1857 et c'est pour cela que Clara Zetkin aurait choisi cette date... Dès lors, la journée internationale des femmes ne se limite plus aux pays socialistes mais, tant en Europe qu'aux État-Unis, les féministes en font leur journée symbolique. En France, c'est en 1982 que le 8 mars est devenu une célébration officielle.


1- La boîte d'allumettes : Josée Contreras, Anny Desreumaux, Christine Fauré, Liliane Kandel, Françoise Picq.
2- Dans Les Pétroleuses et le Quotidien des femmes en mars 1975.
3- Liliane Kandel et Françoise Picq, La Revue d’En face, n° 12, automne 1982
4- Florence Montreynaud, Le XXe siècle des femmes, Préface d'Elisabeth Badinter, Nathan, 1995.



La Revue d’En face, n° 12, automne 1982

le mythe des origines
à propos de la journée internationale des femmes 

Quelle est l’origine de la journée internationale des femmes ? Que commémore-t-on le 8 Mars de chaque année ? Une réponse claire et précise se trouve dans toute la presse militante; celle du PCF et de la CGT (Antoinette, Heures Claires), comme celle des groupes femmes (Les Pétroleuses, Des femmes en mouvement, Mignonnes allons voir sous la rose), que la grande presse reproduit (Le Matin, France-soir, Le Quotidien, janvier 82). 
8 mars 1857 ? 
“ Ce sont les Américaines qui ont commencé, lit-on dans Antoinette (no 1, mars 1964), c’était le 8 mars 1857... Pour réclamer la journée de 10 heures, elles ont envahi les rues de New-York ” Et quelles que soient les variantes de l’événement décrit - grève de couturières ou manifestation de rue - quelles que soient les revendications mises en avant - journée de 10 heures, à travail égal salaire égal, des crèches ou le respect de leur dignité - quelles que soient les détails - journée printanière ou procession dans la neige - …. tout le monde s’accorde, de Mignonnes allons voir sous la rose à Des femmes en mouvement hebdo tant sur la date originelle que sur les jalons de l’histoire de la journée internationale des femmes.  
Quelques divergences se font jour; ici on insiste sur la répression de la grève/manifestation des femmes : “ la police charge ce jour-là un long cortège misérablement vêtu ” (Antoinette, mars 1968) ; pour Les Pétroleuses (mars 1975) cette première grève de femmes oppose “les ouvrières du textile à la police de New York, qui charge, tire et tue ”. Ailleurs (ou à d’autres moments) on ne mentionne aucune répression, mais on parle du serment que firent ce jour-là, les confectionneuses “ de se retrouver chaque année à la même date ” (G. Suret-Canale, Antoinette, mars 1973). 
Cela ne semble pas pourtant porter atteinte à l'évidence de l’événement originaire. Pas plus que le choix fait ici ou là pour tel ou tel rappel des 8 mars mémorables : 8 mars 1917 les femmes de Petrograd descendent dans la rue et c’est le début de la Révolution russe (de février ou la préparation de celle d’octobre), 8 mars 1945, à Ravensbrück... 
Pourtant cette date de 1857 ne se trouve pas dans les sources américaines de l'époque. Les journaux américains de mars 1857 ne mentionnent aucune manifestation ou grève de femmes le 8 mars, qui était d’ailleurs un dimanche. 
Aucune référence non plus à cet événement dans les histoires du mouvement ouvrier aux Etats-Unis, (qui signalent d’autres grèves ou manifestations de femmes) ou dans les histoires du féminisme. On se demande où celles qui ont, un demi-siècle plus tard “adopté l’idée d’honorer la mémoire de ces courageuses Américaines ” (Heures Claires, mars 1976, entre autres) en ont trouve la trace. 
A vrai dire, cette date de 1857 ne se trouve pas mentionnée non plus par les dirigeantes du mouvement féminin socialiste international qui ont pris l’initiative de cette célébration. On ne la voit apparaître dans la presse communiste française que dans les années 50 – j’y viendrai tout à l’heure 
Une seule chose est sûre; c’est à la deuxième Conférence internationale des Femmes socialistes, a Copenhague, en août 1910, que fut prise, à l’initiative de Clara Zetkin, la décision - avalisée par le Congres de l’Internationale qui suivit - de célébrer chaque année une journée internationale des femmes. Elle reprenait l’initiative des femmes socialistes américaines qui avaient décidé, à partir de 1909 d’organiser chaque année, le dernier dimanche de février, une journée nationale pour l'égalité des droits civiques. 

Copenhague, 1910 
Les femmes socialistes n’avaient pas fixé 1857 comme événement primitif à commémorer, pas davantage ne s'étaient-elles prononcées pour la date du 8 mars, mais seulement sur le principe d’une célébration. Dans sa résolution de Copenhague, C. Zetkin proposait du reste de la fixer tous les ans, au moment des “ fêtes de Mai ”. 
C’est la direction du parti social-démocrate allemand qui fixa la première journée des femmes au 19 mars 1911, date nullement choisie au hasard. Depuis longtemps, la social-démocratie allemande commémorait à cette date deux événements : la révolution allemande de Berlin en 1848, et la Commune de Paris - et tous les ans en mars, bien avant 1911, die Gleichheit appelait les femmes à se joindre aux manifestations prévues. 
C’est donc sous le signe de deux dates importantes du mouvement ouvrier international que la journée internationale des femmes fut placée, dès sa naissance. Nous voilà loin de New-York, de 1857, des ouvrières du textile... Pourquoi pas, après tout ? Mais pourquoi aussi, ne pas le dire clairement ? Pourquoi, soixante-dix ans plus tard, nous raconter que c’est une lutte de femmes que nous commémorons, que c’est celle-ci et nulle autre que C. Zetkin et les congressistes de Copenhague avaient choisie ? 
La première journée internationale des femmes fêtée en 1911 obtint, notamment en Allemagne et en Autriche, un succès immense. A Berlin seulement, quarante-deux meetings eurent lieu simultanément, et plus de 30.000 femmes défilèrent dans les rues de Vienne, en Autriche. 
II n’y avait pas en France à ce moment de groupe de femmes socialistes capable de reprendre cette initiative, et il n’y eut pas de manifestation à Paris avant 1914.
La journée internationale des femmes dans la tourmente  
Instaurée en 1910, la tradition socialiste de la journée internationale des femmes a subi les contrecoups de la guerre puis de la scission du mouvement ouvrier. 
Elle fut d’abord l’occasion pour un très petit nombre de femmes socialistes de signifier, malgré la guerre, l’internationalisme prolétarien. Le Groupe des Femmes Socialistes (créé en 1913) ne l’ayant pas suivie dans son action anti-guerre, Louise Saumoneau diffusa en France I’“Appel” de Clara Zetkin et créa avec deux autres femmes (bolchevistes) un Comité d’action féminin Socialiste pour la Paix contre le Chauvinisme qu’elle représenta à Berne en mars 1915 à la Conférence internationale des femmes socialistes, prélude à la conférence socialiste internationale de Zimmervald (septembre 1915). En 1916 et 1917, le C.A.F.S.P.C. cé1ébra la journée internationale des femmes par l’envoi de lettres de solidarité et la tenue (difficile) de réunions privées, avant de se dissoudre à l’automne 1917. 
Les femmes socialistes eurent alors à prendre parti, individuellement, dans le grand schisme international du mouvement ouvrier. Louise Saumonneau, qui avait lutté pour l’internationalisme révolutionnaire et l'adhésion du Parti français à la troisième Internationale, cala devant les “ 21 conditions ” de Lénine et prit la “ ferme résolution de ne pas adhérer au parti de la proscription et des ‘épurations périodiques ”. Clara Zetkin au contraire adhéra à la IIIème Internationale, mais elle était minoritaire dans le Parti social démocrate allemand, elle avait déjà perdu en 1917 la direction du journal Die Gleichheit qu’elle avait créé et fait vivre pendant 23 ans. Elle tente en 1919 de relancer l’idée d’une conférence internationale de femmes socialistes, malgré la “ division dans le camp socialiste international ”. 

L’aube de la révolution 
Cependant la journée internationale des femmes trouva, à partir de la Russie, un nouveau départ. Les femmes socialistes y avaient en 1913 et 1914 célébré la journée internationale des ouvrières. Le 8 mars 1917 (23 février du calendrier russe) eurent lieu à Pétrograd des manifestations que les Bolcheviks désignèrent comme le premier jour de la révolution (de février). “ Sans tenir compte de nos instructions, écrit Trotski (Histoire de la révolution russe), les ouvrières de plusieurs tissages se sont mises en grève et ont envoyé des délégations aux métallurgistes pour leur demander de les soutenir.. . II n’est venu à l'idée d’un seul travailleur que ce pourrait être le premier jour de la Révolution ”. L’histoire bolchevique officielle ne tardera d’ailleurs pas à s’attribuer la paternité de cette manifestation. “ Le 23 février (8mars), à l’appel du comité bolchevik de Petrograd, les ouvrières descendirent dans la rue pour manifester contre la famine, la guerre, le tsarisme. Cette manifestation fut soutenue par l’action gréviste des ouvriers de Petrograd ” (Histoire du Parti bolchevik,, citée par V. Michaut, Cahiers du Communisme, 1950) 
Spontanées ou non, féminines ou non, des manifestations ont eu lieu ce jour-1à pour la paix et contre la faim dont L’Humanité du 11-3-l917 fait état d’après une dépêche du Times du 9 Mars. “ En 1917, écrit Alexandra Kollontaï, la journée des ouvrières est devenue mémorable dans l’histoire. Ce jour-là les femmes russes ont levé le flambeau de la Révolution prolétarienne et mis le feu au monde; la révolution de février a fixé son commencement & ce jour. 
C’est donc une nouvelle tradition qui est instaurée, sous les auspices du Parti bolchevik de la Troisième Internationale; chaque année, la Russie des Soviets fête dignement ses ouvrières tandis que les femmes sont appelées dans les autres pays à commémorer “ l’action énergique des ouvrières de Pétrograd ” (l'Humanité, 6.3.22). “ La journée internationale des Ouvrières, conclut Alexandra Kollontaï, est devenue journée internationale de lutte pour la libération complète et absolue des femmes, ce qui signifie lutte pour la victoire des soviets et du communisme ”. 
Le 8 mars (ou une date proche) sera désormais l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes, de les “ appeler à la lutte sous le drapeau communiste ” (L’Ouvrière, 4-3-24), en même temps que de développer en direction des femmes la propagande du Parti ou l’action du Syndicat. C’est cette date qu’on choisit pour lancer l’Ouvrière,organe de propagande parmi les femmes ” (n° 1, 11-3-22) selon les directives de l’Internationale. Directives qui seront appliquées à la lettre : les 8 Mars successifs seront autant de sollicitations (ou d’injonctions) aux femmes de protester contre la guerre du Maroc ou de Syrie, de soutenir la République espagnole, les mouvements antifascistes italiens – mais peu de choses y seront dites quant à leurs luttes propres. 
Entre les deux guerres, la journée internationale des femmes est devenue l’objet d’âpres disputes entre la Deuxième et la Troisième Internationale - en France entre le PCF et la SFIO qui ne le cé1èbrent pas à la même date.  
Depuis la fin de la seconde guerre, elle est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes; en France le PCF (relayé par la CGT) n’a jamais cessé de manifester à cette occasion (parfois unique) l’intérêt qu’il porte aux femmes. 

8 mars 1857, l’élaboration d’un mythe 
Dans les différents appels à la célébration de la journée internationale des femmes entre les deux guerres il est rare qu’on rappelle un quelconque événement. Celui de 1917 est parfois mentionné mais n’apparaît pas comme un référent nécessaire; la décision de 1910 est souvent citée et quelquefois l’initiative première des femmes socialistes américaines (parfois attribuée au Parti dans son ensemble). 
En 1950 celle-ci est mise au premier plan et éclipse l’origine soviétique; il s‘agit de montrer que cette tradition n’est pas “ une ‘diabolique invention soviétique ”. L’Humanité du 4-3-1950 cite un article de Victor Michaut dans le numéro de mars des Cahiers du Communisme : “Le Parti Socialiste américain à son. Congrès de 1908 décida en effet de consacrer le dernier dimanche de février, chaque année, à une manifestation pour le droit de vote des femmes et la propagation des mots d’ordre socialistes parmi les femmes (…) et la première manifestation de ce genre, célébrée surtout à New- York, se déroula aux Etats-Unis le 27 février 1909. ” Cette initiative, précise l’auteur, reprise au congrès international de Copenhague en 1910 “ ne devait revêtir toute son ampleur et son véritable contenu de lutte à caractère international qu’avec la victoire de la Révolution socialiste en URSS ” .
Au meeting, cette année-là, J. Duclos “ rappelle rapidement l’origine de la journée internationale des femmes qui remonte à une décision prise en 1908 par le Congrès du parti socialiste américain ” (L’Humanité, 8-3- 1950). 
Ce n’est qu’en 1955 que la 1égende de 1857 fait son apparition : “(La journée internationale des femmes continue) la tradition de lutte des ouvrières de l’habillement de New-York qui, en 1857, le 8 mars, manifestèrent pour la suppression des mauvaises conditions de travail, la journée de 10 heures, la reconnaissance de l’égalité du travail des femmes. Cette manifestation produisit une grande impression et fut recommencée en 1909, toujours par les femmes de New-York. En 1910, (...) C. Zetkin proposa de faire définitivement du 8 mars la journée internationale des femmes ”. (l’Humanité, 5-3-55).  
Quelques jours plus tard, nouvelles révélations, en forme de conte de fées (et légèrement contradictoires avec le premier texte) : “ II était donc une fois, à New-York, en 1857, des ouvrières de l’habillement. Elles travaillaient dix heures par jour (tiens 1) dans des conditions effroyables, pour des salaires de famine. De leur colère, de leur misère, naquit une manifestation ” (L’Huma-Dimanche, 13-3-55).  
Deux ans plus tard, de nouveaux détails viendront compléter la 1égende : “ Le 8 mars est revenu 93 fois depuis ce jour de 1857 où, a New-York, les ouvrières de l’habillement, lasses de travailler des premières lueurs de l’aube à une heure fort avancée de la nuit, fournissant fil, aiguilles et parfois machines, quittèrent les soupentes qui leur servaient d’atelier et s’en allèrent défiler dans les rues, comme des hommes, portant pancartes et banderoles. Cette manifestation fit grand bruit dans le monde du travail (...) jusque dans notre vieille Europe où l’on chantait l’héroïsme des canuts et où les pères contaient à leurs fils l’histoire des barricades de 48, le 8 mars de New- York fit l’effet d’un coup de poing sur la table f...). Le souvenir de ce premier 8 mars est reste si vivace dans les esprits ouvriers que c’est cette date que proposa la grande militante socialiste allemande Clara Zetkin à la Conférence de Copenhague en 1910, pour une journée internationale des femmes ” (l'Huma, 7-3-57). 
A partir de là, les ouvrières de 1857 prendront une place de plus en plus importante. Antoinette, journal des femmes de la CGT, les cé1èbre pour son premier numéro paru en mars 1964 et chaque année (ou presque) rappelle leur histoire avec de nouveaux détails. Le mythe semble dès lors se répandre comme une traînée de poudre, comme s’il correspondait à une attente.  
Personne ne semble le mettre en doute et chacun s’emploie à l'étoffer, l’habiller, à le préciser II revient chaque fois que “ revient le printemps (et que) revient le 8 mars, journée internationale des femmes, journée d’espoir, journée de lutte pour nos sœurs du monde entier ” (Antoinette, mars 1966). 
II faut bien alors s’intéresser à cette légende, à cette origine symbolique donnée récemment à une célébration beaucoup plus ancienne. A-t-il paru nécessaire de détacher la journée internationale des femmes de son histoire soviétique pour lui donner une origine plus internationale, plus ancienne que le bolchevisme, plus spontanée aussi que la décision d’un Congrès ou l’initiative de femmes affiliées à des partis ? 7 La date de 1857 a-t-elle été choisie comme un dernier hommage à Clara Zetkin, née cette année là et dont la journée internationale des femmes comme le mouvement socialiste féminin international fut entièrement l’œuvre ? 
Quoiqu’il en soit, il nous semble que ce mythe d’origine, forgé a posteriori est parfaitement conforme à ses objectifs, les femmes socialistes, réunies à Copenhague en 1910 auraient pu le choisir. Cette représentation de la lutte des femmes : ouvrières luttant pour leurs conditions de travail est bien celle que privilégiaient les femmes socialistes de cette époque : 
- des ouvrières seulement, pas des demoiselles des postes, des secrétaires ou des prostituées; 
- pour leurs conditions de travail seulement, pas contre la domination masculine ou pour le droit des femmes à la parole. 
Pourtant dès l’instauration de la journée internationale des femmes la revendication centrale était celle du vote des femmes. 
Pour nous au contraire cette vision de la lutte des femmes pose quelques problèmes si on la réfère à la situation de 1’époque et aux conflits dans le mouvement féministe du début du siècle. La lutte des ouvrières pour leurs conditions de travail fait certes partie de la lutte des femmes, mais nous refusons qu’elle soit prise en modèle unique, seul acceptable et opposé à toutes les autres considérées comme “ bourgeoises ”. Nous refusons que cette version féminine du premier mai soit célébrée pour mieux être démarquée des luttes féministes pour l’égalité juridique ou le suffrage des femmes, de l'acharnement des intellectuelles forçant l’entrée des carrières interdites aux femmes, de la résistance des suffragettes anglaises torturées et gavées de force dans les prisons... Nous refusons que cette lutte d’ouvrières soit légitime, et non celle des travailleuses imposant, contre des ouvriers, leur droit au travail et leur admission dans les syndicats. Nous refusons que la lutte des femmes ne soit reconnue que lorsque, partie de la lutte des classes, elle s’y intègre avec soumission et n’y soulève aucune contradiction. 
Tout laisse à penser que telle était bien la conception des femmes socialistes a Copenhague, et que telle fut également la conception du Groupe des femmes socialistes créé en France en 1913 suivant les résolutions de la Conférence de Copenhague. 
Les “ femmes socialistes de tous les pays ”, réunies en avant-première du Congres de l’Internationale ont décidé d’organiser tous les ans “ en accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat ” une journée des femmes où la revendication du droit de vote serait “éclairée conformément à la conception socialiste d’ensemble de la question des femmes”. Elles voulaient ainsi montrer “aux masses que la social-démocratie est le seul parti pour qui l’égalité des femmes n’est pas seulement verbale” et dépasser les féministes; “ Les manifestations des suffragettes anglaises sont impressionnantes, disait Louise Zietz, leader de la social-démocratie allemande, mais elles manquent de force. Le jour des femmes de la social-démocratie montre que seul le prolétariat a la puissance nécessaire ” (L’Huma, 16-9-12).
Et la conférence de Copenhague décidait en même temps de créer partout des groupes de femmes socialistes refusant toute alliance avec le féminisme. Pour elles lutte des femmes et lutte des classes étaient deux choses différentes et il fallait empêcher qu’elles se confondent. 

Le groupe des femmes socialistes 
La lutte des sexes était-elle antithétique avec la lutte des classes ? Toutes les femmes socialistes n’étaient pas de cet avis. Madeleine Pelletier, la plus célèbre des femmes socialistes françaises d’avant 1914 s'était opposée sur ce point avec Clara Zetkin, à la Conférence de Stuttgart, le point de vue de celle-ci avait triomphe : la séparation complète des femmes socialistes d’avec les féministes bourgeoises. Madeleine Pelletier n’alla pas à Copenhague mais on peut penser qu’elle fut comme son amie Caroline Kauffmann choquée par l’antiféminisme de cette Conférence et “l’intolérance ” des femmes socialistes ‘. 
Madeleine Pelletier ne participa pas au G.D.F.S. constitué en 1913 en partie contre elle   Je crains, écrivait-elle a Hélène Brion, que le groupe des femmes socialistes ne soit que la petite classe du parti socialiste et qu’on y laisse de côte le féminisme pour complaire aux hommes du parti (….) l’organisation des femmes dans le parti socialiste ne peut avoir de raison d’être que si elle est féministe; tout au moins suffragiste”. Le G.D.F.S. ne fut même pas la petite classe du parti; par crainte du féminisme, Louise Saumoneau y fit voter des statuts tels que ne pouvaient y adhérer que les femmes déjà inscrites au parti. Ainsi le groupe s’interdisait de développer un mouvement féminin de masse pour l’attirer au parti. II ne cherchait pas non plus à obtenir pour les femmes la plénitude de leurs droits, mais bien plutôt à protéger les femmes socialistes, et particulièrement les ouvrières, de la subversion féministe. 
L’organisation le 9 mars 1914 d’un meeting pour célébrer - pour la première fois en France - la journée internationale des femmes fut l’activité principale du groupe pendant les dix-huit mois de vie qu’il connut avant la guerre. Lors de l’affaire Couriau  il ne prit pas position, “ afin de rester un groupement de classe ”, et se consacra a mener en son sein la lutte antiféministe. 
La brève rencontre, pleine de promesses du féminisme et du socialisme à la fin du siècle   s’achevait pour laisser place à la théorie du “ féminisme bourgeois ”, élaborée non contre les grandes dames du féminisme que les femmes socialistes ne rencontraient guère sur leur terrain, mais contre les féministes sociales dont l’activité militante était tournée vers les ouvrières, ou contre les féministes socialistes qui refusaient la subordination des revendications féminines aux intérêts supérieurs de la classe ouvrière indivisible et de son parti. Considérer comme bourgeois le féminisme qui luttait pour la syndicalisation des ouvrières - y compris contre les syndicats -, et soulignait les contradictions entre les sexes dans la classe ouvrière, évitait en effet d’affronter les problèmes soulevés par celui-ci. 
Les décisions de la Conférence de Copenhague : célébration de la journée internationale des femmes et création de groupes de femmes socialistes, concouraient au même objectif : faire apparaître un mouvement de femmes socialistes distinct du féminisme; tracer entre les femmes une infranchissable ligne de classe, ligne de marquage et de démarcation, schéma d’explication sommaire des contradictions : les revendications des “ bourgeoises ” ne peuvent avoir d’autre objectif que de conforter le capitalisme, seules sont “ prolétaires ” celles qui exigent la collectivisation des instruments de production (voir notamment Suzon : Féminisme et Socialisme). 
Louise Saumonneau fut, comme le dit Charles Sowerwine, “l’architecte de cette rupture qu’elle imposa au mouvement socialiste féminin du XXe siècle”; rompant avec le mouvement féministe, elle “empêcha le mouvement socialiste de prendre en compte les problèmes féminins, de lutter pour l'égalité des sexes en même temps que pour l’égalité des classes ” . 
Clara Zetkin, quant à elle, l’initiatrice de la journée internationale des femmes, dirigeante internationale des femmes socialistes, luttait pour faire prendre en compte les problèmes féminins par le socialisme, mais elle aussi refusait toute action concertée avec le féminisme qualifié de bourgeois “Marx, disait-elle, a forgé le glaive qui a tranché les attaches entre mouvement féminin prolétarien et bourgeois ”. 
Une tradition qui nie avec tant de constance le droit des femmes à s’organiser de façon autonome, en dehors des organisations et partis politiques traditionnels pour lutter contre leur oppression, peut-elle être reprise sans danger ? peut-elle être utilisée, voire détournée, par celles-là mêmes qui depuis des années, se battent précisément pour assurer l’indépendance des luttes de femmes ? 
C’est peut-être l’un des enjeux des diverses manifestations du 8 mars 1982 en France, que de répondre, aussi, à cette question. 
 - - - 
POST-SCRIPTUM 
A quoi sert l’histoire ? Pourquoi fouiller le passé, mettre en doute et chercher des preuves ? A quoi cela nous sert-il dans notre lutte d’aujourd’hui ? II nous semble aujourd’hui nécessaire de dévoiler les motivations qui nous ont entraînées, à travers une course effrénée, à cette enquête policière dans la mesure où la « vérité historique »  a pu en partie nous boucher les yeux sur l’enjeu du présent. 
Expliquons-nous ! Nous savions depuis plusieurs années que la journée internationale des femmes, dont le Mouvement avait, en 1975, repris la tradition sans la connaître, s’originait dans un mythe dont la signification était quelque peu ambiguë. Nous n’avons pas eu envie de nous taire ou de ricaner lorsque l’idée d’une cé1ébration officielle fut émise concurremment (ou compétitivement) par le ministère du Droit des femmes et par le MLF déposé. Ce mythe allait à nouveau s’épandre dans la presse, mensonge intolérable même s’il était inconscient, parce que niant de façon répétitive la lutte autonome des femmes, de celles du début du siècle comme de la nôtre, trahie, représentée à notre corps défendant par un MLF officialisé. 
II nous a donc fallu reprendre cette recherche historique et tenter, avec nos faibles moyens, de faire triompher la vérité. Réussite partielle; ça commence à se savoir, dans les media, qua 1857 est un mythe, allusions par ci par là, sans que l’ensemble de la démarche mythologique soit explicitée1, sans que les enjeux de cette démystification apparaissent. Cela amènera tout simplement à ce qu’on cesse de se référer à cette date peu fiable, comme le fait Yvette Roudy. Mais finalement, comme le disent certaines, « quelle importance ça a que ça repose sur un mythe ? à quoi ça sert l’histoire ? » 
Nous croyons malgré tout que toute vérité historique est bonne à dire; qu’il n’est pas indiffèrent de savoir quelle fut la politique du Parti Socialiste et du Parti Communiste à l’égard des femmes au début du siècle. Que cela ne nous conduit pas à nous opposer à eux aujourd’hui, mais simplement être vigilantes, à faire nôtre l’expérience passée pour en faire notre connaissance d’aujourd’hui. 
N’empêche qu’en l’occurrence le passé nous a peut-être masqué le présent, que nous nous sommes peut-être trompées - et nous en sommes ravies. 
Nous avions bien des raisons pour être réticentes à l’égard de ce qui se préparait pour le 8 mars. La gouvernement socialiste reprenait la tradition de la journée internationale des femmes sans s’interroger sur le projet antiféministe qu’elle contenait, le bulldozer Psyképo se répandait sur les murs de Paris récupérant et trahissant notre lutte dans des revendications inadmissibles, la CGT profitait de l’occasion pour développer à nouveau ses conceptions, si opposées aux nôtres 3 Tout cela nous semblait de nature à renforcer cette occultation du mouvement des femmes écrasé par la reconnaissance mass-médiatique du seul MLF déposé, et cherchant avec peine un second souffle. 
Bref, ne voyant pas d’espace entre le féminisme estampillé gouvernemental et celui institutionnalisé du “MLF déposé”, comme dit Libé (8-3-82), nous préférions ne pas en être. Sans doute avions-nous tort dans notre pessimisme; sans doute celles qui refusaient de laisser le 8 mars au gouvernement et à Psyképo avaient-elles raison de ne pas connaître l’histoire et de continuer comme si de rien n’était. Leur présence, leurs actions ont permis qu’enfin émerge dans la presse un peu de la réalité du mouvement des femmes. 
La grande presse qui, malgré des centaines de communiqués, s’était toujours refusé à nous laisser la parole attribuait sans hésitations le MLF à celles qui en avaient pris la propriété commerciale. Aujourd’hui, à côté des placards publicitaires appelant à la grève général, quelques lignes signalent qu’il existe “d’autres féministes appartenant à la mouvance du mouvement de libération des femmes ” , que «  deux grèves de femmes ont été organisées en 74 et en 80, à l’initiative d’autres groupes du mouvement de libération des femmes, sans la participation de celles qui ont constitué depuis le MLF . On peut lire que «  en octobre 79 [. . .J Psychanalyse et politique dépose le sigle.. . [que] le premier moment d’incrédulité passé, la colère l’indignation sont générales dans les autres groupes . Cette information est faite aussi à la té1évision, où on compare cette pratique avec celle d’une organisation de gauche interdisant aux autres de dire qu’elles font partie du mouvement ouvrier 7. 
Nous avons pu aussi, à l’occasion du 8 mars voir un reportage à télévision sur une histoire du Mouvement que nous pouvions reconnaître. 
Cela n’est pas rien. Et cela est dû à cette initiative gouvernementale qui, quoi qu’on pense des différentes activités officielles de cette journée, s’avère fructueuse. Loin d’occulter la lutte des femmes, elle lui permet - un peu - d’apparaître sur la scène publique. 
Ce peut être un choc émotionnel pour nous, féministes blasées, que de rencontrer sur les murs de la gare Saint Lazare portraits et messages de celles qui, avant nous, vibraient de nos espérances. Ce peut être agréable aussi d’entendre, ou de voir imprimé (ailleurs que dans La Revue d’En Face, Nouvelles Questions Féministes ou autres périodiques secrets) certaines évidences depuis longtemps retournées au silence sur la surexploitation des femmes ou leur exclusion persistante des lieux de pouvoir et de décision. Malgré les récupérations, les détournements, les falsifications, quelque chose est passé, ce 8 mars 1982, qui n’était pas inutile.
Alors, avions-nous tort de remuer le passé, de contester le 8 mars avec ses mensonges d’origine ? Nous ne le pensons pas. Il n’est jamais bon d’ignorer sa propre histoire, d’accepter sans critique la version des autres. II n’est pas non plus inutile, en la redécouvrant, de mettre au jour les risques permanents d’une coopération - qui pourrait d’ailleurs être fructueuse - entre féminisme et socialisme. 

Liliane Kandel et Françoise Picq 
La Revue d’En face, n° 12, automne 1982

 

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 21:38
La version papier de Libération n'étant pas parvenue jusqu'à ses lecteurs ce week-end, voici un texte de Martine Storti qu'il nous paraît intéressant de faire largement connaître.

Martine Storti
"La somme de nos lâchetés particulières"

Samedi 
"Monsieur le flic..." 
L
e héros du dernier film de Costa Gavras, Eden à l'Ouest, prépare son entrée en France en apprenant la langue de ce pays qui, espère-t-il, va l'accueillir à bras ouverts. Il s'exerce notamment à dire correctement : "merci monsieur l'agent". Sage précaution. Mon père, lui, a appris le français sur le tas, c'est-à-dire à l'usine, dans les bistros, les dancings. Un jour, pris alors qu'il conduisait sans permis et qu'il voulait se montrer vraiment poli et respectueux,  il ne cessa de répéter, "oui, monsieur le flic", " merci monsieur le flic", n'ayant jamais entendu parler de la gente policière autrement que sous l'appellation de "flic".

Sur présentation du ministre de l’immigration, de l'intégration et de l'identité nationale (je ne m'y fais pas !) le Parlement français a voté une nouvelle loi sur l’immigration. Laquelle a créé un « test linguistique ». Pour rejoindre un membre de sa famille déjà installé en France, une personne devra posséder la maîtrise de la langue française. Ce n’était pas le cas de mon père. Ni plus tard de ma grand-mère. Quand ils sont arrivés dans les années 30 en banlieue parisienne, à Colombes exactement, aucun des deux ne parlaient le français. Ont-ils nui à l’identité nationale ? Ont-ils fait du mal à la France ?

Dimanche  
MLF 40 ans  
Je reçois un message pour une prochaine réunion du groupe d'initiatives qui se prépare à fêter les 40 ans du MLF, l'année prochaine, en 2010, façon de répondre à la version légendaire diffusée par quellequ'une, un appartement parisien, petit certes mais chic puisque prêté par Marguerite Duras, une réunion en octobre 1968, pas n'importe quel jour, juste celui de son anniversaire et cette fondation du MLF, "fondation", c'est le mot utilisé, comme si un "mouvement", ça pouvait se fonder tel jour, à telle heure, à tel endroit ! Un parti, ça se fonde, mais un mouvement, non, un mouvement ça existe, ça vit, ça bouge, ça agit, ça pense, ça invente...Un jour sans doute, des historiens la feront, cette histoire du mouvement des femmes dans les années 70, quand ses actrices seront mortes. L'Histoire s'écrira autrement quand ses contemporain(e)s ne seront plus là pour en entraver la  connaissance. Importance, en conséquence, de ne pas se taire aujourd'hui, de laisser des traces, de raconter, de transmettre.. D'où un blog, Re-belles, d'où cette idée d'appeler à célébrer, par de multiples initiatives, "quarante ans de mouvement des femmes", un mouvement collectif, dont les premières apparitions publiques remontent à l'année 1970 : "Libération des femmes, année zéro" titrait alors la revue Partisans, ou encore cette manifestation d'août 1970, à l'Arc de Triomphe, quand elles sont quelques-unes à déposer une gerbe "A la femme inconnue du soldat".

Après-midi joyeuse, j'emmène ma mère voir la Miss. L'arrière grand-mère a 87 ans, l'arrière petite-fille 17 mois aujourd'hui, et la Mamé qui chaque jour se plaint d'être "fatiguée, si fatiguée, tu ne peux pas savoir", retrouve énergie et plaisir de vivre, elle chante, elle danse, la Miss aussi, qui entraîne tout le monde dans son bonheur d'être.

Lund
Les filles de Sarzane  
Depuis que mon livre "L'arrivée de mon père en France" est paru et que certains, par miracle, le lisent, je reçois des messages et des lettres de Français(e)s dont les parents ne sont pas nés en France et qui me racontent l'arrivée de leur père ou de leur mère. J'aime ces échos qu'une histoire singulière fait à d'autres histoires, différentes et à la fois semblables. J'aime cette énergie que l'écriture de l'un(e) peut donner à d'autres.Une lectrice m'écrit que son père, comme le mien, venait de Sarzane, qu'il a quittée en 1922, la petite ville ligure ayant fini par tomber aux mains des fascistes. Une des dernières villes à se rallier pourtant, tentant de résister, et même y parvenant un temps, et même offrant un espoir, parce que certains de ses habitants avaient osé, en juillet 1921, faire le coup de feu contre les squadristi de Mussolini qui terrorisaient villes et campagnes. Quelques années plus tard, en 1938, Denis de Rougemont, dans un article titré La vraie défense contre l’esprit totalitaire, évoqua cet épisode pour souligner que le totalitarisme n'aurait pas triomphé s'il avait trouvé sur sa route davantage « de gens disposés à tenir bon ». Et d'ajouter que la "puissance" du totalitarisme n'est que "la somme exacte de nos lâchetés particulières. » A méditer.

Mardi  
Les AG de philo en mai 68  
Dans le TGV qui m'emmène à Marseille, je lis "Mémoire" de Catherine Clément qu'un ami, sachant que j'avais eu C.C. comme prof de philo à la Sorbonne m'a offert pour ma fête. Quand à l'approche d'Avignon la grisaille a laissé place au soleil, j'en suis à mai 68, stupéfaite alors de lire que les AG de philo se tenaient à Jussieu et que les étudiants de philo, "à l'unanimité, votèrent la destruction du savoir bourgeois, il fallait brûler les livres, tous les livres!" Ah non, pas une seule AG de philo à Jussieu, elles se tenaient soit dans un amphi de la Sorbonne, soit dans un amphi de Censier et quand la Sorbonne puis Censier furent fermés, elles continuèrent une bonne partie du mois de juillet - singulière obstination des philosophes - au CHU de la Pitié-Salpêtrière. Quant à cette histoire de vote "unanime" pour des "buchers de livres", je me demande bien d'où elle sort. Que les ou plutôt des étudiants de philo aient qualifié le savoir de "bourgeois", sans doute. Mais une AG votant à l'unanimité qu'il fallait brûler les livres, et puis quoi encore! Catherine Clément a la mémoire qui flanche drôlement car évidemment je ne peux pas penser qu'elle a inventé cette histoire pour rendre plus présentable son adhésion, en juillet 68, au parti communiste, prétendument unique défenseur "des livres, du savoir, de la transmission".

Un mot encore, à propos de mai 68 ou plutôt de ses effets sur l'enseignement. Devenus profs, certains soixanthuitards ont en effet craché sur la culture dite "bourgeoise" et refusé de la transmettre à leurs élèves. D'autres ont estimé - ce fut mon cas (d'autant que je devais beaucoup à l'école de la République) - qu'ils avaient en effet à aider les fils et filles de prolos (langage de l'époque) à entrer non dans la culture bourgeoise mais la culture tout court. De grâce, finissons-en avec les représentations unilatérales, monolithiques, faciles, si faciles...

Mercredi  
Mehmet, Rizah, Elfi et les autres...  
Toujours à Marseille, radieux soleil  et froid  mistral , un temps qui me fait penser à celui souvent trouvé au Kosovo en hiver, une belle lumière et un vent glacial, ce Kosovo qui célèbre son indépendance proclamée il y a juste un an et que j'ai découvert il y a bientôt dix ans. Je pense à Rizah sauvé, au printemps 1999, des milices serbes par sa voisine de palier, serbe, je pense à Lirie dont le père et l'un des frères ont été tués, à peu près au même moment et dans les mêmes lieux, par les paramilitaires serbes, je pense à Mehmet m'expliquant que la ville de Mitrovica n'était pas serbe d'un côté et albanaise d'un autre, comme cela s'écrit depuis des années mais que, longtemps, les deux populations se sont mélangées, par exemple lui, albanais, avait, au nord de la ville, boutique et logement...

Jeudi  
"Une bonté privée"  
Déjeuner avec Lisa qui a 26 ans, est titulaire d'un DESS "développement et coopération internationale", et qui est au chômage. Elle n'a pas de travail et en plus elle a des scrupules. Pas elle qui ferait un rapport pour Bongo, quel qu'en soit le prix et l'objet ! Mais elle s'inquiète plus pour la société que pour elle-même. Elle ne s'attendait pas à ce qui se passe, ce qui s'appelle "la crise", ces milliards pour les uns, et 50 ou 100 euros pour les autres, ces bonus et ces mendiants à tous les coins de rue, ces articles lus récemment et qui notent l'émergence d'un sentiment antipolonais en Irlande, ou bien des grèves en Angleterre contre l'emploi d'ouvriers italiens et portugais...Elle voudrait que je lui dise comment tout ça va finir. Evidemment je n'en sais rien. Et ceux qui chaque jour vendent assez chères leurs analyses, commentaires, expertises etc.ne le savent hélas pas plus que moi. Je ne sais pas pourquoi, je préfère lui citer quelques lignes de Vassili Grossman, extraites de "Vie et destin" sur la "bonté privée d'un individu à l'égard d'un autre individu, une bonté sans témoins, une petite bonté sans idéologie (...) la bonté des hommes hors du bien religieux ou social."

Vendredi  
La jungle de Calais  
Je pars pour Calais, une signature pour mon livre à la Maison pour tous, ce soir, une autre demain dans une librairie, puisque ce livre, d'une certaine façon, est né à Calais, un jour de novembre de l'année 2002, un jour aussi de soleil éclatant et de froid, juste au moment de l'annonce de la fermeture du camp de Sangatte. Depuis, je suis retournée plusieurs fois à Calais et je sais ce que je vais trouver, ou plutôt retrouver, l'errance des réfugiés tout le long de la côte, leur attente sur des parkings, leurs nuits dans des containers ou dans la "jungle" (prononcer jungel), un petit bois derrière le port, même pas des tentes comme dans un camp de réfugiés, juste des bâches en plastique tendues entre deux branches d’arbre, des cartons à même la terre humide, le sol jonché de canettes, de bouteilles, de boîtes de conserve, deux ou trois caddy qui traînent, des vêtements sales qui pendent, des ordures, des monceaux d’ordures, de la merde, car ils chient là, sur place. Forcément, où pourraient-ils chier sinon là ?

 
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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 21:38

femmes / artistes, artistes femmes
Paris, de 1880 à nos jours

Catherine Gonnard / Élisabeth Lebovici, Éditions Hazan, 2007.     


Ce livre que nous lisons de la fin au début et dans tous les sens depuis que nous l'avons découvert est devenu pour nous, blogueuses et féministes, l'un des ouvrages indispensables qui accompagnent la lecture historique de l'émancipation des femmes mais aussi celle de la pensée de la modernité, indissociablement liées. Une histoire (de l'art) dont les femmes ont modifié les codes en "devenant artistes"....« Mai 68 est arrivé, et j'ai réalisé que la peinture était finie, qu'il fallait travailler avec le quotidien, avec ce qui se passe, qu'il fallait en passer par l'intime. À ce moment là, l'intime était très mal vu ou plutôt, pas vu du tout » dit Annette Messager, interviewée pour le livre. 

Anne Querrien qui l'a lu à parution, nous en donne, à notre demande, une lecture dont la clarté et la lucidité permettra à toutes d'avancer, nous l'espérons, sur le fil étroit qui sépare l'art de la vie : les sépare pour mieux les réunir.



 

Ce livre présente des femmes-sujets, peignant, sculptant ou œuvrant dans l'art d'autres manières, alors qu'elles sont souvent les objets du travail de l'artiste, y compris féminin. On n'y trouve pas d'essence féminine, constituée par le regard d'un sexe sur l'autre ou sur lui-même. Mais on s'étonne à la lecture, à la profusion des biographies et des citations, de la diversité des manières dont les femmes se sont formées comme peintres, sculpteurs, artistes, et imposées comme des professionnelles reconnues, d'abord à part puis au sein du milieu masculin. Le livre suit l'évolution chronologique mais insiste sur la singularité de chacune, sur sa manière propre de composer formes et matières, et de faire irruption dans son paysage artistique contemporain. Il n'y a pas de filiation des femmes artistes entre elles, de constitution d'un art féminin qui redoublerait en mineur la généalogie artistique masculine. Lorsque les femmes utilisent les travaux d'aiguille, la couture, le collage, et autres travaux manuels, c'est pour interpeller, comme d'autres, l'art dominant de leur temps, et non pour sophistiquer les pratiques supposées de leur sexe. Ces pratiques sont des ressources, non des assignations. 

Des femmes venues apprendre le métier d'artiste à Paris (fin du XIX siècle) 

Ces femmes artistes ne sont pas toutes françaises d'origine : pour la plupart, elles sont passées par Paris pour étudier, et y sont restées. Elles sont venues de province et surtout de l'étranger apprendre à Paris les gestes et les relations nécessaires à une carrière artistique, à la fabrication d'un art libéré des contingences de leurs origines. (A partir des années 1950 cette ambition d'une expression artistique autonome sera détrônée par la production d'un art à la fois beaucoup plus international dans son marché, et beaucoup plus local dans son recrutement, voué seulement à l'expression de la subjectivité individuelle sans recherche de formes à valeur universelle. L'enjeu d'une formation cosmopolite en diminue d'autant.)


Au début de la période étudiée, au XIX siècle, les femmes sont mises à l'écart des hommes dans des écoles séparées. L'exposition universelle de Chicago en 1893, avec son pavillon de la femme, est la première à se préoccuper de la production artistique des femmes, à les présenter comme des personnes qui travaillent, et pas comme des objets de contemplation. On ne peut pas en dire autant de l'exposition des arts de la femme qui a eu lieu à Paris en 1892, et qui cantonnait la femme dans la décoration, qu'elle en soit sujet ou objet. 

Le souci public de la femme, et pour les femmes « le souci de soi », marque le début d'une nouvelle ère pour les femmes dans l'art. Dès cette époque, et malgré le sexisme ambiant, des femmes vivent de leur peinture, chacune avec son style, avec ses objets de prédilection, avec ses formats, avec ses tours de main. Les auteures du livre mettent l'accent sur la formation, les académies, et accumulent les preuves que les plus célèbres d'entre elles, reconnues par le monde artistique dominant, sont les représentantes d'un milieu, d'une pratique collective, au sein de laquelle chacune produit à sa manière particulière.

L'exposition au regard des hommes (entre deux guerres) 

Dans la deuxième génération de ces femmes artistes, celle de l'entre-deux-guerres, le regard des femmes sur elles-mêmes change, elles se préoccupent du regard de l'autre, de celui du maître dans les cas extrêmes. Elles se rapprochent des hommes dans leur expression, se mettent à nu, s'observent, se comparent, se différencient. Il ne s'agit plus d'une affirmation autonome au moyen des instruments de l'art, mais d'une inscription dans le milieu de l'art, d'une affirmation en relation avec les autres artistes, notamment hommes. Couture, danse, création de formes nouvelles sont alors présentées par les femmes comme des figures avancées de l'art universel. Mais la promotion d'une « femme nouvelle » par la presse et l'ensemble des médias brise le miroir réflexif que constituait l'art pour les femmes qui en font profession. Leur production n'a plus vocation à les représenter, mais doit entrer en dialogue critique avec la société, et y conquérir des places qui n'ont plus vocation universelle, mais sont au contraire définies et limitées, et doivent se confronter à la représentation dominante de la féminité. Alors que la période est à l'encensement tout à la fois de l'art et de la féminité, elle est difficile pour les femmes artistes, voire dévalorisante. Faut-il alors produire à deux, avec un homme, ou de façon anonyme dans les œuvres collectives ? 

Comme le veut cette époque, les femmes se tournent vers l'abstraction, ou vers les nouvelles technologies de la photographies. Elles sont toujours de fidèles utilisatrices des outils artistiques du moment, voire, pour certaines, inventeuses de nouveaux instruments. Et elles sont toujours aussi différentes dans leurs expressions. 

Des femmes semblables aux hommes (après le seconde guerre mondiale) 

A partir de la Libération, la troisième génération se heurte à des obstacles nouveaux. Le regard public, et avec lui la commande institutionnelle, semblent se détourner d'elles. C'est du même coup la possibilité de l'autonomie financière qui disparaît, même si certains collectionneurs privés leur font place. Le travail doit alors se cantonner à l'intime. Fini les grandes fresques qui avaient égayé le court moment d'espoir de la fin des années 1930. La commande publique avait tari dès l'Occupation, tandis que les expositions se multipliaient pour qui voulait bien se soumettre aux exigences de la Société des femmes peintres. Celles qui n'avaient cure de peindre l'harmonie sociale sont passées à la Libération. Mais le mal est fait, la commande restera longtemps "française", "équilibrée", hostile à la création. 

Dans ce contexte la nouvelle génération de femmes artistes ne s'affirme plus comme femmes, mais en couple avec des hommes, et comme êtres humains, égales mais semblables, désingularisées. Beaucoup s'engagent dans une abstraction mesurée, pensée, quadrillée, livrée à l'affect de la maîtrise autant qu'à celui de la peinture ou de l'art. Les femmes artistes tracent ou forment des concepts, elles donnent à penser aux visiteurs, elles cherchent. Certains collectionneurs investissent dans le jeu surréaliste sur les figures féminines. Des galeries d'art contemporain, tenues par des femmes, les soutiennent. L'innovation dans l'art est alors féminine ; elles accompagnent les inventeurs quel que soit leur sexe. Face à l'envahissement de la vie quotidienne des femmes par les arts ménagers, les femmes artistes veulent faire le vide, s'abstraire, se confronter à l'espace, à la lumière, à la couleur, comme des entités pures. Elles veulent donner à voir, à toucher le sensible. Elles sont de nouveau nombreuses à venir des États-Unis, d'Amérique latine ou d'Europe de l'Est trouver à Paris les outils d'une expression moderne. Quelques-unes sont préoccupées par la violence coloniale et donnent à voir des corps déchiquetés. 

L'affirmation du caractère politique de l'intime 

Mai 1968 voit apparaître une quatrième génération d'artistes. Les revendications des femmes deviennent culturelles, les dépassent pour englober la civilisation. La valeur de l'intime se renverse devenant intensification du social jusqu'à sa pointe individuelle, la pointe où homme et femme passent de l'un à l'autre, où l'artiste se transforme en personnage de fiction sans propriété assignable, où la coupure entre art et vie quotidienne vacille. L'identité fluctue derrière les masques, devient instrument de parade dans une société du spectacle assumée comme réalité. C'est l'époque des collectifs ou des coopératives de femmes qui s'exposent elles-mêmes, qui réhabilitent les vieux métiers ou les mythes ancestraux pour s'en draper et mieux les abandonner. Certaines femmes se saisissent d'une caméra, critiquent les médias, et fabriquent leur propre vision des évènements. Là encore le travail se fait à deux, à trois ou en groupe. Leur volonté de décentrement crée une nouvelle onde dans la documentation ou dans la fiction. Le corps comme surface sensible, comme objet de l'exploitation et lieu de la résistance, comme vecteur d'expression, est mis en jeu systématiquement, y compris dans sa vulnérabilité. L'expérimentation devient une constante.

La différence comme valeur de marché 

Et puis le pouvoir culturel s'installe et bride la cinquième génération. Il met tout sur le même plan, transforme tout en objets échangeables sur le marché. C'est le triomphe du pop art, sans la grâce américaine, de la figuration libre, de la déconstruction. Les femmes sont presque absentes de cette autocongratulation. Rares sont celles qui arrivent à affirmer publiquement leur pensée critique. De très forts modèles individuels de femmes s'affirment alors, comme chez les hommes ; on magnifie aussi dans des expositions les carrières de femmes déjà mortes depuis longtemps, ou déjà âgées, prises sur toute la planète. La femme prend alors corps comme une identité biologique, dans une mise en spectacle d'inspiration presque exclusivement masculine. L'histoire de ce siècle d'émancipation se referme sur une assignation à la différence vraisemblablement peu créative. Dans le monde global les femmes sont présentes, certes, mais avec quelle problématique? Les femmes ne se disent plus femmes. Les mouvements de femmes artistes n'ont plus de visibilité, ne produisent plus de communauté. Alors qu'à l'étranger la politique féministe est critique et ouverte, que le genre est mis en variation continue, en France le "bon sens républicain" bride l'expression des différences, homogénéise les représentations. L'art se déplace alors dans de nouvelles formes d'intervention temporaire : performance, festival, cinéma. Mais l'expression d'une sexualité non consensuelle est parfois traduite en justice. Les appartenances multiples des artistes sont requises de se fondre dans l'identité française pour recevoir droit de séjour. 

La persistance du voyage vers le devenir-femme de l'art 

Pourtant l'affirmation des singularités, l'expression d'inquiétantes étrangetés, relancent la présence de l'art aujourd'hui. Des femmes continuent d'œuvrer dans le monde de l'art, et d'y accentuer chacune sa faille particulière. Chacune voyage, y compris sur place, et produit ses images, ses cartographies, trace l'espace psychique qui la relie au monde environnant. Leurs sœurs des années 1900 convergeaient vers Paris, comme foyer de la création du moment. Elles n'ont plus de centre, mais continuent d'œuvrer en parallèle au devenir-femme de l'art. Celui-ci est apparu en plein jour dans les années 1970 avec le mouvement de libération des femmes. Mais les institutions publiques et marchandes se sont employées à le contenir. La chute du mur de Berlin, la recomposition des appartenances, ouvre de nouveaux possibles. L'art féministe poursuit son avènement ; quel que soit le support, il rompt avec le mouvement dominant vers l'autonomie formelle. Il constitue désormais un enjeu. 

Ce mouvement des femmes artistes ou des artistes femmes s'incarne dans des centaines d'artistes femmes recensées par les auteurs. Cette note aurait pu se résumer à la longue suite des noms d'artistes évoquées ou présentées de façon plus détaillée. Le livre déroule un savoir encyclopédique sur la théorie des femmes artistes qui se sont mises en mouvement depuis la fin du XIX siècle. Les informations biographiques sont données sobrement, mais permettent de situer la problématique de chacune, notamment sa sortie du milieu qui lui a donné naissance. De nombreuses reproductions, y compris en couleurs, permettent de visualiser les différentes formes de travail, de concrétiser l'appréciation donnée. 

Malgré les 484 pages on a envie d'en savoir plus, de suivre telle ou telle artiste dans les livres indiqués en bibliographie, de réfléchir davantage au sens de ce mouvement des femmes artistes à Paris. Un mouvement objectif comme celui d'une vague, et composé par l'agencement de centaines de subjectivités déroulant chacune sa propre histoire. Le monde de ces femmes est dissensuel, le décrire souligne les fractures qui sont aussi perceptibles dans le monde de tous.

Anne Querrien


 

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 19:21

Deux nouvelles rubriques ont été mises en place dans "les pages archivées" :  • 70 > 2010 Projets  ,  • 70>2010 Réunions-Appels  . Nous y publierons les comptes-rendus des différents groupes, vos projets, vos appels, vos dates. Pour cela il suffit de nous envoyer un mail à : mailto:re.belles@free.fr 




I
llustration dans "les femmes s'entêtent"


Appel du blog Re-Belles à la mobilisation pour 2010. 

1970>2010 POUR UNE GRANDE FÊTE DES 40 ANS DU MOUVEMENT



UN HOMME SUR DEUX EST UNE FEMME
Le 26 août 1970, une dizaine de femmes déposent une gerbe sous l’arc de triomphe “à la femme du soldat inconnu“. Par définition un mouvement ne se fonde pas, il se met à bouger, à exister, se déployer et c’est en 1970 que les premières apparitions publiques du “Mouvement“ ont eu lieu : à l’arc de triomphe, à la réunion de Vincennes, à la première AG des Beaux-Arts et dans les premiers articles de presse sur “la libération de la femme“, “le mouvement de libération de la femme“ ou encore “…de la femme française“... Après 68, comme le Women’s Lib américain, le féminisme en France prend un tour nouveau, poussant la critique de la société patriarcale et machiste à l’extrême, jusqu’à la remise en cause des institutions publiques et surtout privées.
MAIS QU’EST-CE QU’ELLES VEULENT ? 
Autre chose, mais quoi exactement ? D’autres rapports entre les hommes et les femmes, une autre maternité, une autre répartition du travail, une autre sexualité, une autre organisation sociale et même une autre société, pour elles les femmes et sans doute aussi pour eux, les hommes... On pourrait égrener longuement cet "autre chose" sans dire entièrement l'ambition du "mouvement des femmes". Toutes se rejoignaient dans la volonté collective de changer le monde. Oui, c'était bien cela, changer le monde. Les révoltes étaient multiples et multiformes, contre la violence et le viol, contre l’état de dépendance, pour la réappropriation du corps, de l’intime et tout simplement de sa propre vie.

NOTRE CORPS NOUS-MÊME
Le 6 octobre 1979, 50.000 femmes sont dans la rue pour que la loi Veil de 75, légalisant provisoirement l’avortement, soit confirmée lors de sa révision, prévue à la session parlementaire de l’automne 79. L’avortement libre et gratuit, le droit à la contraception sont les victoires les plus éclatantes, pourtant, si en quarante ans, nombre de revendications ont trouvé des réponses et que la vie des femmes à changé, ce n'est pas toujours autant ni comme elles l’envisageaient, et surtout pas pour toutes ni partout.

EN MOUVEMENT
Quarante ans d’Histoire qui ont changé les codes de lecture mais aussi la pensée dans les champs des sciences humaines et sociales, de l’art, de la communication… Une histoire qui continue face aux défis nouveaux qui s'ouvrent devant elle - et la mondialisation en est un aussi pour les femmes-, avec les combats toujours recommencés, pour la laïcité, contre les violences faites aux femmes, contre les inégalités, pour la défense de nos droits face aux idées régressives et révisionnistes.
QUARANTE ANS…
… à raconter, analyser, partager et transmettre. C’est pourquoi un groupe d'initiatives s’est retrouvé et propose à toutes celles qui ont participé à ces moments, à celles et ceux qui ont envie de les explorer ou de les prolonger, de se retrouver en 2010 pour fêter sous toutes ses formes les quarante ans du Mouvement de libération des femmes.

Informons-nous de nos initiatives :

Contact : mailto:40ansdumouvement@live.fr

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 22:54
Extrait de la présentation du dossier par la rédaction d'Actuel :

"Nous avons demandé au Mouvement de libération de la femme de parler de lui-même. Il a préféré répondre par un texte collectif sur l'avortement, expression privilégiée des répressions de la société des mâles. ACTUELLE."

La rédaction d'Actuel a choisi de publier en deuxième partie de son dossier un extrait du SCUM Manifesto de Valérie Solanas 1967, 1968.
Les illustration de Robert Crumb sont extraites de deux bandes dessinées : Léonore Goldberg and her Girl Commandos parues dans "Friends n°12" et dans "Motor City Comix".
L'illustration de couverture est tirée de l'album Super-Mädchen de Meysenbug






Pour une meilleure lisibilité, ces pages sont aussi éditées à la suite, dans un format plus large (uniquement pour les écrans larges...).








































































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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 14:13

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Pour les livres 2011 et 2012 >>>voir>>>

ici >>> • Livres et revues 2011-2012

 

 

Les livres sont classés par ordre de "date de parution", quelque soit le moment où nous les présentons…

 

• décembre 2010 

 

Le premier livre de la nouvelle maison d'édition féministe iXe

Le chantier littéraire
MONIQUE WITTIG.
Coédité par les Editions iXe et les Presses universitaires de Lyon

 LE CHANTIER LITTÉRAIRE est un texte que Monique Wittig termine en 1986, à Gualala, en Californie, « en vue d’obtenir le diplôme des Hautes Études en Sciences sociales de Paris » (Avant-propos de Sande Zeig dixit). Sa publication est une longue histoire de contretemps, marquée à deux reprises par la disparition des protagonistes du texte : celle de Nathalie Sarraute qui en est le sujet central en octobre 1999, et celle de son auteur en janvier 2003. La préfacière  de la présente édition précise : « Durant les derniers mois de sa vie, Monique, Wittig, préoccupée par certaines questions relatives à la publication du manuscrit, reprend la rédaction du Chantier littéraire. » C’est donc un texte qui émerge de près de vingt années de réflexion. Avec sa clarté de langage habituelle, Wittig se penche sur la double question des rapports de l’écrivain à l’histoire littéraire et à l’histoire tout court. « J’appelle chantier littéraire l’espace chaotique où se fabriquent les livres », dit-elle. Et c’est de ce chaos qu’elle tente d’extraire du sens pour cet être à la fois solitaire et historique qu’est tout écrivain. Qu’elles aient ou non fait leur la remarque de Virginia Woolf sur le fait qu’ « il est néfaste,  pour un écrivain, de penser à son sexe », Nathalie, Monique et les autres sont aussi des écrivains femmes (ou des femmes écrivains, comme on veut). Son texte semble tout entier travaillé par cette fracture, ou pourrait-on dire, par la difficulté qu’il y a pour l’individu écrivain à se servir d’un outil a priori collectif : le langage. Surtout quand celui-ci est véhicule d’une oppression que l’on subit –ou combat. Pour résoudre cette énigme, Monique Wittig suggère toutes sortes de stratagèmes qui sont la matière même du livre, et se déplace autour de son sujet afin de mieux en examiner toutes les facettes. C’est une enquête intérieure passionnante et complexe, écrite dans une langue précise dont la clarté, pourtant, ne parvient jamais à dissiper toutes les ombres. « On est aveugle dans le blanc de la page », rappelle-t-elle avec son bonheur d’expression habituel. C’est pourquoi sans doute LE CHANTIER LITTÉRAIRE est un texte en tension. Il part d’une utopie, celle du « langage premier  (…), celui où le sens n’est pas encore advenu », pour aboutir à une autre utopie : « La solution finale est bien évidemment de supprimer le genre (en tant que catégorie de sexe) de la langue, une fois pour toutes, décision qui demande un consensus et qui demande forcément un changement de forme ».

Ce consensus, ce changement, sont les deux territoires que l’œuvre de Monique Wittig, tant littéraire que théorique, arpente inlassablement tels, osons l’image, les péripatéticiens de la philosophie antique. Mais ce périple d’une utopie à l’autre rehausse son caractère imaginaire. Comme si pour elle, la vie n’avait été qu’un rêve (« La vida es sueño », selon Pedro Calderòn de la Barca) et l’histoire (qu’elle soit littéraire ou des femmes), un cercle vicié par la question du genre.

Cathy Bernheim

 

  


 

 

 

• novembre 2010 

 

À côté du genre
Sexe et philosophie de l'égalité
GENEVIÈVE FRAISSE

Le bord de l'eau éditions, nov. 2010

 

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Eros et libido, sexe et genre : Les mots se succèdent depuis un peu plus d’un siècle pour dire la dualité et le rapport entre hommes et femmes. Si l'on cherche l’objet philosophique, on trouve l’expression « différence des sexes », « Geschlechterdifferenz » sous la plume hegelienne. Quant au genre, ce mot fait le pari de brouiller les pistes des représentations contraintes qui assignent chaque sexe à sa place. Et si, toute terminologie confondue, on s’en tenait à ce que la « différence des sexes » est une catégorie vide ?
Alors, on se situerait « à côté du genre », à côté des affaires de définition et d’identité, pour établir le repérage des lieux où sont pensés les sexes, dans leur tension, leur décalage, leur disparité au regard du contemporain démocratique. Au fond, la démarche est inversée : il ne s’agit pas de voir ce qu’il en est du sexe et du genre, mais de dire ce qui surgit dans la pensée quand égalité et liberté révèlent des enjeux sexués dans la politique et la création, l’économique et le corps, la pensée et l’agir.

 

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Se dire lesbienne

Vie de couple, sexualité et représentation de soi
NATACHA CHETCUTI
Paris, Payot, oct 2010

 

 

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Ce livre à la fois novateur, riche et subtil est le pre- mier à s'attacher à l'intimité des lesbiennes en s'appuyant sur des récits de vie aussi bien hétéro- sexuels que lesbiens. Il décrit les trois parcours qui mènent à la construction de soi comme lesbienne et s'intéresse au coming out, nous apprenant notam- ment que la mise en couple est une manière privilé- giée de se dire et de se révéler socialement lesbienne. Les modalités de la rencontre et les manières d'être en couple forment donc le cœur de cet ouvrage qui tire aussi son originalité de l'analyse des « scripts sexuels » des lesbiennes et qui comporte un très utile petit glossaire du vocabulaire lesbien. Si le plaisir et le désir ne se déclinent pas de la même façon chez les lesbiennes et chez les hétérosexuelles, reste une norme commune à toutes les femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, et que ce livre met enfin en valeur : la place donnée à l'autre.

Préface de Michel Bozon.

 

 

• septembre 2010 

 

Réédition

Perturbation, ma sœur

Naissance d'un mouvement de femmes 1970-1972

Cathy Bernheim
Editions Félin poche, septembre 2010, 11,50€


Perturb

 

Paru pour la première fois en 1983 aux éditions du Seuil, Perturbation ma sœur est le récit des trois premières années du mouvement de libération des femmes vécues par l'auteure, Perturbation. De la lecture d'un article de journal "Combat pour la libération de la femme" en passant par l'Arc de Triomphe le 26 août 1970… trois années, de rencontres, de prises de conscience, de politique, d'expériences, de combats…

 

 

Réédition

L'amour presque parfait

Cathy Bernheim
Editions Félin poche, septembre 2010, 11,80€


couvL'Amour 

 

 

L'amour presque parfait est la suite de Perturbation, ma sœur mais, sans plus de chronologie historique, les jalons sont ceux du cœur et des étapes la cette recherche incessante d'une identité nouvelle de femme en marche vers la liberté.

 

"Enfin un superbe livre sur les femmes qui préfèrent les femmes. L'amour presque parfait et un recueil de textes… parfaits. Cathy Bernheim a (dé)construit son livre comme elle regarde notre société, refusant aussi bien les artificiels cloisonnements hétérosexuels que les dogmes lesbiens. C'est intelligent, sensible, vrai."

Gai Pied hebdo

• 

La revue

Multitudes n°42

 

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Multitudes a souhaité s’associer à sa manière à la célébration de quarante années de mouvements des femmes. Le numéro 42 y consacre donc sa Majeure, intitulée "Gouines rouges, viragos vertes".

 

Les auteures ont choisi d’affirmer qu’en France le MLF est né devant l’Arc de triomphe le 26 Août 1970 avec le dépôt de la gerbe à « Plus inconnue que le soldat sa femme », avec les assemblées générales à Paris aux...... Beaux Arts, puis avec des groupes partout. Ce terme de « gouines rouges » permet de dégager les axes essentiels de la problématique féministe de ces années-là, qui a oscillé entre affirmation sexuelle et lutte de classe. Le second versant porte sur la situation du féminisme à l’heure actuelle et se caractérise par ce nouveau penchant de « viragos vertes ». Ce concept rend alors visibles les nouveaux tournants du féminisme : allant de nouvelles pratiques et groupes de luttes politiques aux nouvelles questions, économique et écologique, qui frappent le champ. Ainsi les quarante ans écoulés ont peut-être changé notre espace militant, très rouge il y a quarante ans, plus vert aujourd’hui.

 

 

• juin 2010

 

Coffret DVD

Carole Roussopoulos,

pionnière de la vidéo légère et militante féministe : 


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Caméra militante,

luttes de libération

des années 70

Éditions MétisPresses

(Genève, Suisse)


Le DVD réunit six de ses films et un livre (quatre articles - de Nicole Brenez, Jean-Paul Fargier, François Bovier et moi-même -, ainsi qu'un entretien avec Carole Roussopoulos).

Ce coffret est d'ores et déjà disponible en France auprès de l'Association Carole Roussopoulos qui a pour charge la sauvegarde et la valorisation de l'oeuvre de la vidéaste.

 

 

Pour commander le coffret DVD de Carole Roussopoulos, il vous suffit d'adresser un chèque de 40 euros (35 euros + 5 euros de participation aux frais de port en France) à l'ordre de l'Association Carole Roussopoulos - 24 rue Ferragus - 93300 Aubervilliers - France, en indiquant soigneusement l'adresse d'expédition.

 
Table des matières
 

 

Textes
Nicolas Brenez. Carole Roussopoulos ou « l'attention créatrice »
Jean-Paul Fargier. La vidéo militante contre la télévision
Hélène Fleckinger. Une caméra à soi
François Bovier. Images de Lip
Carole Roussopoulos avec Hélène Fleckinger. Marcher le nez au vent
 

 

Films
Genet parle d'Angela Davis (1970, 7 min)
Le F.H.A.R. (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) (1971, 26 min)
Monique (Lip I) (1973, 25 min)
Christiane et Monique (Lip V) (1976, 30 min)
S.C.U.M. Manifesto (avec Delphine Seyrig) (1976, 27 min)
Maso et Miso vont en bateau (avec Nadja Ringart, Delphine Seyrig et Ioana Wieder)
(1976, 55 min)


Pour commander
Carole Roussopoulos
Caméra militante. Luttes de libération des années 1970.
Genève : MētisPresses, 2010
14x19 cm, 136 pages + DVD réunis en trousseau
prix : 35 € / 54 CHF
en Suisse : MētisPresses / www.metispresses.ch
en France : Association Carole Roussopoulos

http://www.carole-roussopoulos.com/

contact@carole-roussopoulos.com

 

 

• mai 2010 
Merci les filles !

1970-2010

Valérie Ganne, Juliette Joste, Virginie Berthemet
Editions Hors Collection, mai 2010

 

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Si vous croisez Superwoman dans vos librairies ces temps-ci, ne vous étonnez pas. Brandissant son symbole biologique féminin comme une raquette avec laquelle elle viendrait de renvoyer la balle du sexisme (ordinaire ou extraordinaire), elle a fière allure, sur le couverture du livre de Valérie Ganne, Juliette Joste et Virginie Berthemet : « Merci les filles ! 1970-2010 ».* Un petit livre rose et bleu tout ce qu’il y a de seyant qui prétend dévoiler « Tout ce qu’il faut savoir sur le féminisme pour être ravissante et pas idiote »… et qui le fait. Textes courts, iconographie choc, écriture claire : elles sautent de la poule à l’ânesse tout en gardant leur fil conducteur, un œil sur les avancées du féminisme, l’autre sur la condition des femmes au fil de ces 40 dernières années. Au total, 53 chapitres, 155 pages, et 70 illustrations originales pour raconter la longue marche des femmes en lutte pour leur libération, avec ses étapes marquantes, ses thèmes imposés, ses héroïnes et ses icônes de l’histoire récente ou contemporaine. « Rabat-joie, masculines, tue l’amour, les féministes ? Non, leur histoire est la nôtre », proclame la quatrième de couverture. Et dans un bel élan dont l’énergie nous emballe, les voilà qui passent en revue les batailles et les mot de désordre, les conquêtes et les défaites, sans autre a priori que l’égalité des sexes, ou genres. Leur credo : « Mieux vaut en rire que dramatiser ». Leur force : mêler la forme et le fond, l’impertinence et la réflexion, le cœur et l’esprit. Un livre comme une évidence. À lire dans tous les sens, en tous lieux (à plage, au bureau, sous la couette ou plus si affinités). À offrir à celles et ceux qui voudraient bien savoir ce qui se cache derrière les sigles (FMA, MLF, MLA, MLAC, SCUM etc.) ou les termes nébuleux (guerrillères, queers, transgenres etc.), ou bien qui affirment « Je ne suis pas féministe, mais… ». Il n’y a pas de « mais » qui tienne. Un livre à découvrir.… Trois points, c’est tout.

Cathy.

 

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• avril 2010 
Les femmes et leur histoire

Geneviève Fraisse
Folio Histoire n° 90 - Réédition

 

Fraisse Geneviève - #2501E0 - copie

 

Les femmes et leur histoire, car écrire l'histoire des femmes ne peut se limiter au seul usage des règles et méthodes de la discipline historique. L'histoire des femmes dépasse l'opposition commune entre le réel et sa représentation, et la quête de la place du sujet dans cette opposition : elle renvoie, en effet, fondamentalement à la différence des sexes, à la manière dont les philosophes ont pensé cette différence, aux modalités grâce auxquelles législateurs et acteurs de l'histoire ont bâti avec cette différence l'ordre politique.
Écrire l'histoire des femmes oblige donc à lier ensemble, dans la construction de l'objet historique, les systèmes de la philosophie - de Rousseau à Derrida - et les données empiriques de l'histoire - des initiatives révolutionnaires à l'inscription de la parité dans la Constitution. Des figures singulières du combat féministe - telles Madame de Staël, George Sand, Louise Michel, Clémence Royer ou Madeleine Vernet - côtoient donc dans cet ouvrage l'analyse serrée de grands discours ou textes fondateurs de l'exclusion comme de l'inclusion des femmes. Parce que, nous montre Geneviève Fraisse, la question des femmes fut de réintroduire dans l'histoire, c'est-à-dire de prendre part à l'énigme du devenir plutôt que de continuer à être représentées comme des énigmes de la nature.
 
Geneviève Fraisse est philosophe et historienne, directrice de recherche au CNRS. Elle est l’auteure de nombreux livres sur l'histoire de l'égalité des sexes.
Elle a été déléguée interministérielle et députée au Parlement européen.

 

 

 

Également, de Geneviève Fraisse, en réédition, août 2009

Service ou servitude

Essai sur les femmes toutes mains

Editions Le Bord de l'eau (réédition 20 août 2009)


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Notre siècle propose un nouveau paradigme du service, modèle social qui mêle emploi et solidarité. Il y eut jadis la domesticité d'apparat, puis la bonne de la bourgeoisie, et l'employée de maison de l'après-guerre. Désormais, la prise en charge de la vieillesse (mais pas seulement), et la volonté de trouver de nouveaux gisements d'emploi entraînent l'organisation du " service à la personne ". Que penser de cette mutation ? Deux directions s'offrent à nous, celle du rapport entre service et démocratie, et celle du lien entre corps et propriété de soi. La question posée au XXe siècle par le service domestique fut celle de la difficulté à penser ensemble une situation faite de hiérarchie et de dépendance avec le support politique d'une société nouvelle, conjonction du principe de l'égalité de tous et de l'autonomie de la personne. Comment penser l'égalité et la dissymétrie, l'autonomie et le lien ? Comment définir un métier fait de confusion des rapports humains et de tâches sans limites précises ? Tel est, trente ans après, l'intérêt de republier Femmes toutes mains, de manière à rendre au mot de " service " toute son opacité, à réfléchir à nouveau à ce terme simple, cru, et sérieusement équivoque.

 

 

• avril 2010

Prochoix n°50-51

 

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Mouvement de libération des femmes

Contraception, quel bilan ? (Catherine El Mghazli)
Itinéraire d'une militante : Planning familial
Mouvement de libération des femmes (Simone Iff)
La lutte contre les violences faites aux femmes (Hélène de Rugy )
Debout ! (Hélène Fleckinger, Nadja Ringart, Ioana Wieder )
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs... (Nadja Ringart)
Lettre d'Allemagne (Barbara Köster)
Féminisme iranien. Luttes universelles (Chahla Chafiq)
Presses en mouvement (Michèle Larrouy)
Françoise Pasquier... (Liliane Kandel )
Les féministes contre l'extrême droite (Caroline Fourest )

Enquêtes et décryptage

Mais qui donc a inventé le "truc de l'antisémitisme" ? (Rudy Reichstadt)
L'abbé de Nantes entre séparatisme et intégrisme (Fiammetta Venner )
Un provie chez les fous (Nathalie Szuchendler)
Les soutiens du nouvel archevêque de Belgique (Manuel Abramowicz)
Al Azhar v/s Taha Hussein (Darina Al Joundi)
Mariage : le sens change, le mot ne meurt pas (Guy Nagel)

On a vu on a lu on en parle

On a lu : Le conflit entre la fille et la mère ; Ex Utéro : pour en finir avec le féminisme ; "Pourquoi l'islamisme séduit-il ?" ; Le livre noir de la garde à vue ; Je suis une femme, pourquoi pas vous ? ; Fichu voile ;Nouvelle Encyclopédie politique et historique des femmes
On a vu : Amerika ; Ma vie pour la tienne ; Tania de Montaigne
On en parle : Amerika ; Ma vie pour la tienne ; Tania de Montaigne — Allemagne : le défilé néo-nazi n’a pas eu lieu à Dresde — Une mise au point sur Eurabia — Un journaliste kurde condamné à 21 ans de prison — Combattre la mortalité maternelle au Burkina Faso — Appel pour l'école publique — Rapport sur le voile intégral : la souris burqa accouche d'une énormité antilaïque (Catherine Kintzler) — Quelques mots à propos de l’agression de Rayhana (Djemila Benhabib) — Espagne : Le droit à l'avortement en évolution malgré la controverse — Maroc : un blogeur et un propriétaire de cyber café condamnés — Liberia: « La nouvelle guerre, c’est le viol » — L'ONU s'inquiète de la médicalisation des mutilations génitales — Mauritanie: La fatwa seule n’arrêtera pas les mutilations génitales féminines — Adultère en Papouasie — Mélenchon et la candidate voilée du NPA — NPA : nouveau parti antiféministe ? — Menaces sur le droit à l'avortement — CIVG de Tenon — La République, pour quoi faire? — Congé parental : les conditions du vrai libre choix ne sont toujours pas réunies (UFAL)

• le 4 mars 2010

 MARTINE STORTI  

JE SUIS UNE FEMME, POURQUOI PAS VOUS ?  

1974-1979 : QUAND JE RACONTAIS LE MOUVEMENT DES FEMMES DANS LIBÉRATION… 


Ed Michel de Maule

 

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Sortie le 4 mars 2010 

DANS LE CADRE DES 40 ANS DU MLF, DONT LA CELEBRATION DURERA TOUTE L’ANNEE

 

Le 31 mars, Martine Storti présentera son livre à la librairie

Violette and Co, 102 rue de Charonne, Paris 11ème  tél 01 43 72 16 07
http://www.violetteandco.com/librairie/

 


Le 26 août 1970 quelques femmes s'en allèrent déposer , à l'Arc de Triomphe, une gerbe "A la femme inconnue du soldat inconnu". Cette manifestation iconoclaste signait la première apparition, du moins aux yeux des medias de l'époque, d'un women's lib français, c'est-à-dire d'un Mouvement de Libération des Femmes, c'est-à-dire du MLF. En 2010 seront donc célébrés les "40 ans du mouvement de libération des femmes". Cet "anniversaire", qui se déroulera tout au long de l'année, sera l'occasion de nombreuses initiatives (colloques, expositions, débats, manifestations, sites internet, livres, films...) qui porteront sur la décennie soixante-dix, décennie de naissance, puis du développement du mouvement des femmes.

Dans ces années, Martine Storti était journaliste à Libération, exactement de l'automne 1974 à l'automne 1979. Quasi quotidiennement, elle a suivi le développement du mouvement, des idées, des revendications féministes, leur diffusion progressive dans la société française, les partis politiques, les syndicats, les institutions publiques et privées, les familles, les individus...

Jour après jour, semaine après semaine, elle a relayé ce qui se déployait sur la scène française (et souvent aussi dans d'autres pays), les femmes devenant en effet actrices de leur propre histoire dans un mouvement qui peu à peu concernait la presque totalité du monde.

Ces articles des années 70 écrits dans Libération ne sont pas seulement des archives. Ils racontent une histoire d'émancipation et de libération, ils disent les manifestations, les luttes, les grèves, les victoires et les défaites... Ils disent les combats pour la liberté de l'avortement, ou contre le viol et les violences faites aux femmes, ou pour l'égalité dans le travail... Ils disent les débats, les polémiques, les résistances, les injures et les ripostes... Ils disent des livres, des films, des chansons de femmes qui affirmaient aussi leurs capacités créatrices... Ils disent des fêtes, ils disent de l'humour, dans ces slogans inoubliables du "mouvement" : "Je suis une femme, pourquoi pas vous" ou encore " Un homme sur deux est une femme"...Ils disent d'où viennent les jeunes femmes d'aujourd'hui, c'est-à-dire des folles années de leurs mères et de leurs grands-mères...Ils disent aussi une autre époque, tant ces années soixante-dix semblent, à leur relecture, à la fois proches et lointaines.


Principales thématiques traitées :

• La manière dont les féministes se battent, l'originalité, l'insolence de leurs textes, tracts, manifestations, fêtes...

(et donc la mise en cause théorique et pratique des manières traditionnelles de la gauche et de l'extrême gauche)

• L'hostilité, à tout le moins les réserves des partis traditionnels (y compris extrême gauche) à cette manière de

faire de la politique

• Quelle sexualité?

• Quelle maternité?

• Quels rapports entre les hommes et les femmes au sein de la société?

• Les différents groupes et tendances au sein du mouvement des femmes (féministes révolutionnaires, psyképo, tendance lutte des classes, les rapports de ces groupes entre eux, rapports souvent conflictuels)

• L'avortement : l'action du Mlac avant la loi Veil de 1974, les débats autour de la loi, son vote, la manière dont

les femmes s'en emparent, la mise en oeuvre dans les hôpitaux, les refus de certains personnels...

• Le viol : les féministes décident de se mobiliser pour que le viol soit reconnu comme crime et que les violeurs passent aux Assises. Procès, collectif des avocates, manifeste contre le viol, journée contre le viol à la Mutualité, manifestations diverses...Cette affaire suscite un grand débat au sein de l'extrême gauche, les féministes ne sont elles pas du côté de la justice bourgeoise et de la répression? Au sein de Libération, équipe et journal, le débat fait rage (multiplications des polémiques, tribunes, interviews...).

(Liée à cette thématique, celle plus large des violences subies par les femmes)

• La lutte des prostituées

• Les questions relatives à l'école et plus largement à l'éducation (mises en cause des modèles féminins et masculins)

• Le développement d'une expression et d'une "culture" féministes : revues, journaux, livres, films, théâtre, chansons, danse, peinture etc. Débats autour de "l'écriture femme" (qu'est que c'est? Y a-t-il ou non une spécificité?..)

• Comment le féminisme chemine dans la société tout entière:

- Création en 1974 par VGE d'un secrétariat à la condition féminine (Françoise Giroud, considérée comme une femme de gauche occupe ce poste au sein d'un gouvernement de droite). Son programme, ses actions, comment les féministes la perçoivent, la traitent...1975 décrétée par l'ONU "année internationale de la femme".

- Dans la gauche socialiste (création du courant femmes, le courant G, au sein du PS)

- Dans la gauche communiste

- A l'extrême gauche (les tendances lutte de classes, les "dissidentes")

- Dans tous les partis politiques, y compris à droite, création de groupes femmes, de comités, colloques, débats, les femmes des partis ruent dans les brancards

- Comment le "mouvement" réagit à ça, sa critique de la récupération et du réformiste en même temps qu'il est lui-même réformiste même s'il ne se définit pas et ne se vit pas comme tel

- Le développement des luttes des femmes au sein des syndicats (CGT et CFDT) et dans les entreprises (grève d'ouvrières, d'employées...)


Les enjeux internationaux

Le féminisme se développe dans tous les pays occidentaux et même plus largement

- Reportages sur ce qui se passe notamment en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, aux Etats Unis ...

- Lien aussi avec les enjeux politiques (en particulier autour du thème de la violence politique, par exemple en Italie avec l'enlèvement d'Aldo Moro et l'action des Brigades rouges, en Allemagne autour de la bande à Baader) Plus largement les féministes et le rapport à la lutte armée (exemple les débats autour de la lutte contre le Chili de Pinochet)

- La solidarité avec les prisonnières et prisonniers dans l'Espagne franquiste

- Les libanaises dans la guerre

- Les femmes palestiniennes

- Les Africaines contre les mutilations sexuelles

- Le soutien aux femmes iraniennes en lutte contre le tchador...


L’AUTEUR

Martine Storti a été notamment professeur de philosophie puis journaliste à Libération. Elle est aujourd’hui Inspectrice générale de l’Éducation Nationale.

Elle a déjà publié : Un chagrin politique (Ed. L’Harmattan, 1995), Cahiers du Kosovo (Ed. Textuel, 2001), 32 jours de mai (Ed. Le Bord de l’eau, 2006) et L’Arrivée de mon père en France (Ed. Michel de Maule, 2008), récemment traduit en italien.

(site personnel : http://www.martine-storti.fr/)

 

• février 2010

Nouvelle Encyclopédie politique et historique des femmes

Sous la direction de Christine Fauré

Les Belles Lettres


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Comment les femmes ont-elles perdu en France le pouvoir de gouverner ? Pourquoi Calvin s’est-il excusé auprès de la reine d’Angleterre Élisabeth Ire lorsqu’elle accéda au trône ? Comment les femmes ont-elles participé collectivement aux Révolutions anglaises du XVIIe siècle, américaine, française, liégeoise et brabançonne, néerlandaises du XVIIIe siècle ? Quelles ont été les formes de résistance des femmes esclaves dans la traite négrière ? Comment les utopistes et les marxistes ont-ils conçu l’émancipation des femmes ? Quand le féminisme est-il né ? Comment a-t-il évolué ? Quand et comment les femmes ont-elles obtenu le droit de vote dans les États européens, en Amérique du Nord, en Amérique latine ? Savez-vous que des femmes s’enrôlèrent dans le nazisme, le fascisme italien, la collaboration française, le franquisme, le salazarisme portugais ? Quelle fut l’action souvent méconnue des résistantes à ces régimes totalitaires ? La Commune de Paris de 1871, les Révolutions russes de 1905 et 1917, la Révolution allemande de 1918 ont-elles marqué des avancées sociales et politiques pour les femmes ? Quelles ont été la liberté et l’égalité pour les femmes dans les pays du communisme réel ? Qui étaient Clara Zetkin, Rosa Luxemburg et Alexandra Kollontaï ? Qu’est-ce que les deux guerres Guerres mondiales ont changé pour les femmes ? Quelle est l’étendue du succès politique des femmes dans les pays nordiques ? Pourquoi l’avortement est-il interdit en Pologne, membre de l’Union européenne ? Comment des femmes ont-elles combattu les dictatures militaires d’Amérique latine ? Comment les mouvements de libération des femmes des années 1970 ont-ils traversé l’Atlantique ? Comment les organisations internationales ont-elles construit, idéalement, l’égalité entre femmes et hommes ?

 

• janvvier 2010

La frondeuse

Marguerite Durand, patrone de presse et féministe

Élizabeth Coquart

Payot, janvier 2010

 

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Comment être libre et indépendante à une époque où le carcan des traditions enrégimentait toute vie en société ? Tel fut le défi de Marguerite Durand (1864-1936), figure de proue du féminisme, dont la biographie est aussi l’histoire de la Troisième République. Jeune actrice adulée à la Comédie-Française puis journaliste, égérie du boulangisme puis ardente dreyfusarde, elle devint la première patronne de presse de France en fondant en décembre 1897 La Fronde, journal entièrement écrit et fabriqué par des femmes. Souvent attaqué par ses confrères, le journal n’en joua pas moins un rôle majeur dans les grandes campagnes qui firent changer les lois en faveur des femmes.

Marguerite Durand créa aussi la bibliothèque féministe qui porte son nom, située aujourd’hui dans le XIIIe arrondissement de Paris. C’est là que sont conservés ses carnets intimes, qui n’avaient jamais été étudiés et sur lesquels Élizabeth Coquart base son récit. Ils constituent le fil conducteur de cette première grande biographie consacrée à cette femme au destin exceptionnel, qui disait : "Savoir que les idées les plus violentes peuvent se faire entendre avec des mots courtois." Tout un programme. La bibliothèque Marguerite Durand possède aussi un riche fond d'archives du féminisme des siècles passés, dont bon nombre concernent le mouvement des années 1970.


• le 2 décembre 2009

Mouvement de Libération des Femmes : textes premiers

Ces textes ont été réunis et présentés par Cathy Bernheim, Liliane Kandel, Françoise Picq et Nadja Ringart.

Éditions Stock, décembre 2009.

 


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Voici donc des textes “premiers”. Ou plus exactement, quelques textes et documents parmi les premiers qui ont pu être lus en France, dans les années 1970, à proposde la libération des femmes.

Premiers, comme on a cru pouvoir dire des arts : ceux qui vinrent à l’aube. Porteurs de questions inédites pour donner à voir cette histoire émergente, une histoire qui se fait dans ses premiers moments, dans ses premiers débats.

Premiers, au sens où il y a des nombres premiers, qui ne peuvent être divisés que par un ou par eux-mêmes.

Premiers, comme le sont les êtres qui naissent, premiers à eux-mêmes, uniques. Chaque texte unique avance alors sur son chemin unique mais sur le même terrain, où il croise d’autres chemins, crée d’autres voies avec eux, formant réseau, se déployant comme le font des troupes pour faire mouvement.


• novembre 2009  

WASSYLA TAMZALI
Une femme en colère
Lettre d'Alger aux Européens désabusés
Gallimard, novembre 2009

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Wassyla Tamzali, féministe algérienne interpelle les intellectuels occidentaux qui se sont battus pour l'universalité des droits de la personne humaine et se montrent aujourd'hui incapables de penser cette universalité au-delà de l'Europe. Eux qui ont défendu les principes démocratiques fondamentaux dans leurs pays, eux qui ont milité pour la décolonisation auraient-ils oublié leurs combats ?

Ce livre met en lumière le renoncement de la pensée européenne devant la montée en puissance des groupes communautaires. En prenant pour indices la condition des femmes, la liberté de conscience ou la diversité culturelle, l'auteur passe au crible les idées de tolérance, de « laïcité ouverte », d'«Islam modéré », de "droit à la culture »>, et leurs conséquences politiques dans les pays arabes et musulmans.

Wassyla Tamzali a publié en 2007, aux Editions Gallimard, Une éducation algérienne. Elle a été avocate à Alger, puis directrice des droits des femmes à l'Unesco, à Paris, Aujourd'hui, elle partage son temps entre l'écriture et les actions militantes au sein du mouvement féministe maghrébin et pour un dialogue entre les peuples de la Méditerranée
 

 

• novembre 2009 

  EVELYNE LE GARREC

Séverine (1855-1929)

Vie et combats d’une frondeuse


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Caroline Rémy dite Séverine (1855-1929) est née à Paris. Après un mariage forcé à 17 ans dont elle se libéra, elle devint la première femme journaliste de renom et grand reporter. Elle fut la collaboratrice et l’amie de Jules Vallès dont elle permit la relance de son journal Le cri du peuple, elle rêva avec lui d’une Ligue des droits de l’enfant. Féministe visionnaire, elle réclama pour les femmes le droit d’étudier, de divorcer et d’avorter car "l’avortement est une fatalité pas un crime". Vêtue en ouvrière ou en mineur de fond, elle s’engage "avec les pauvres toujours". Sa signature apparaît dans tous les journaux de l’époque. Elle participa en 1897 à l’aventure de La Fronde, premier journal entièrement féminin fondé par Marguerite Durand. Elle prôna l’abolition de la peine de mort, libertaire, antimilitariste, elle suivra l’affaire Dreyfus. Elle fut pionnière de l’antiracisme, dénonça dès 1925 les troupes fanatisées du fascisme et prit parti en faveur de Sacco et Vanzetti en 1927. L’auteure retrace la vie de 

cette femme exceptionnelle en complétant son hommage par un choix de 19 articles de Séverine publiés entre 1886 et 1903. L’ouvrage est illustré par des lavis de Colette Deblé, Isabelle Rome en a rédigé la préface et Bernard Noël,la postface.

Séverine est publié à L’Archipel.

 

 

• novembre 2009

Voltairine de Cleyre  

D’espoir et de raison

 

écrits d’une insoumise

Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon et Chantal Santerre

Éditions LUX

 

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« Il m’a souvent été demandé, par des femmes avec des maîtres décents qui n’avaient aucune idée des atrocités subies par leurs sœurs moins fortunées : « Pourquoi les épouses ne partent-elles pas ? » Pourquoi ne courrez-vous pas lorsque vos pieds sont enchaînés ? Pourquoi ne criez-vous pas quand vous êtes bâillonnées ? pourquoi ne levez-vous pas les mains au-dessus de la tête quand elles sont clouées de chaque côté de votre corps ? Pourquoi ne dépensez-vous pas des milliers de dollars quand vous n’avez pas un sou en poche ? Pourquoi n’allez-vous pas au bord de la mer ou à la montagne, pauvres folles brûlant dans la chaleur des villes ? S’il y a quelque chose qui m’irrite plus que n’importe quelle autre dans ce satané tissu de fausse société, c’est cette incroyable stupidité avec laquelle le frai flegme de la bêtise insondable demande : « Pourquoi les femmes ne partent-elles pas ? »


La pensée de Voltairine de Cleyre se caractérise par un profond antisectarisme. On retrouve, dans ce recueil, les deux thèmes centraux de son œuvre : l’abolition du capitalisme et la « question de la femme ». Loin d’être subsidiaire pour un projet de transformation radicale de la société, la question féministe est pour Voltairine de Cleyre au centre de la politique. Modifier en profondeur les relations hiérarchiques et autoritaires qui articulent notre société implique une réorganisation du rapport entre sphère publique et sphère privée, rapport au centre duquel se trouvent sexisme et patriarcat. Les positions de Voltairine de Cleyre, bien en avance sur leurs temps, anticipent le slogan des féministes du siècle suivant : « Le personnel est politique ». Le même rejet de l’essentialisme est à l’oeuvre lorsqu’elle aborde la question de la violence, engendrée bien plus par l’ordre social injuste (cautionné par l’Église et le gouvernement) que par les rébellions. Ses remarques sur le rôle joué par l‘institution pénale dans l’élargissement de la fracture sociale, l’engendrement et la pérennisation de la violence sont d’une retentissante actualité. De même pour celles concernant la légitimation, au sein même de la Constitution américaine, d’une certaine démarche de désobéissance civile, lorsque l’État se fait totalitaire.


Emma Goldman tenait Voltairine de Cleyre (1866–1912) pour « la femme anarchiste la plus douée et la plus brillante que l’Amérique ait jamais produit », et ce jugement avancé il y a près d’un siècle n’a toujours pas été infirmé.

Activiste, pionnière du féminisme américain, poétesse, musicienne, celle qui se définissait comme une « anarchiste sans qualificatif » propose une réflexion originale qui touche à un très large éventail de sujets – notamment l’économie, la libre pensée, la philosophie, la religion, la criminologie, la littérature et l’action directe non violente. L’oeuvre d’envergure de cette militante passionnée, expose les raisons de sa révolte, témoigne de son espérance d’un monde meilleur et demeure, aujourd’hui encore, d’une brûlante actualité.


Cet ouvrage, réalisé sous la direction de Normand Baillargeon et de Chantal Santerre, est le premier titre en français de Voltairine de Cleyre. Il réunit 16 essais majeurs qui couvrent l’ensemble de son parcours ainsi que 14 poèmes. Ces textes sont précédés d’une introduction substantielle et sont suivis d’une chronologie et d’une riche bibliographie.

 

 

• septembre 2009

Mouvements de presse

Michèle Laroche et Michèle Larrouy

édité par les ARCL


La presse féministe et lesbienne des années 1970 à nos jours.

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Ce livre propose de vous faire découvrir la richesse de la presse lesbienne et féministe francophone parue des années 1970 à nos jours. Au premier regard, une diversité graphique, une richesse inventive des couvertures, une diversité des formats : revues, magazines, bulletins ou bulletines, menstruelles, feuilles d’infos, fanzines... Des journaux se revendiquant du Mouvement de libération des femmes aux journaux des divers courants des mouvements féminste et/ou lesbien ; des journaux d’informations culturelles aux feuilles de liaisons entre groupes lesbiens... La lecture des éditoriaux témoigne de la formidable diversité politique de tous ces courants. Ces journaux, ces revues, qui foisonnent dès 1974, sont, en effet, pratiquement tous élaborés dans la non-mixité et sortis des presses d’imprimeries souvent associatives et militantes, certaines même tenues par des imprimeuses. Ils ont permis la cirulation de pensées contradictoires ou croisées, lesbiennes, féministes, politiques "classiques", comme des entités entièrement élaborées.

Où trouver le livre :


PARIS

Librairie la brèche

 27 rue Taine 75012 Paris

01 49 28 52 44


Librairie flamarion

 Centre georges Ponpidou

75 001 Paris


Librairie Les Mots à la Bouche 

»6 rue Ste Croix de la Bretonnerie

7500 Paris


Librairie Violet and Co

104 Rue de charonne 75012 Paris

Sur commande :  http://www.violetteandco.com/librairie/


ARCL C/O  Maison des femmes de Paris

163 rue de Charenton 75012 Paris

Sur commande :  Commander le livre


LYON

 Librairie Terre des livres

86 rue de marseille

69007 Lyon

0478728422

 

Librairie la Gryffe

5 rue sébastien Gryffe

69007 lyon

04 78 61 02 25


TOULOUSE

Librairie Ombres blanches

50 rue gambetta/5-9 rue des Gestes

Toulouse

05 61 12 05 44

 

BORDEAUX à La maison des femmes

GRENOBLE à l’association Les voix d’elles

LILLE avec l’association Les flamands Roses

MONTREUIL maison des femmes de montreuil avec un DEBAT le 13 Mars

RENNES avec les FEE femmes entre elles

STRASBOURG à l’association la Lune


 

 

 


• le 12 janvier 2009 

La revue ProChoix présentait son numéro 46, MLF le mythe des origines, à la Maison de l'Arbre à Montreuil, lieu de la Parole Errante, le centre international de création qu'Armand Gatti a créé en 1986.
En arrière plan sur les photos, on peut apercevoir, tout autour de la salle, l'exposition "Comme un papier tue mouche...", sur les publications de Mai 68 (jusqu'en mai 2009).

Plus d'une centaine de femmes qui pour beaucoup ne se sont pas revues depuis des années.

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• le 31 décembre 2008

Le 46e numéro de Prochoix vient de paraître.

 

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Au programme entre autres :
Un dossier sur le MLF.
Un entretien inédit de Monique Wittig sur la fondation du MLF.
Un point juridique sur l'affaire Vanneste et l'homophobie.
Un soutien inconditionnel au microcrédit.
Un reportage sur la proposition 8 en Californie .... (voir le sommaire ci dessous)

ProChoix est une revue trimestrielle indépendante. L’abonnement est le seul vrai moyen de nous soutenir.

 


Abonnement

 Pour vous abonner ou commander le numéro, renvoyez ce bon avec votre adresse et un chèque correspondant a 

 

Prochoix 177 av ledru rollin 75011 Paris

http://www.prochoix.org/cgi/blog/

prochoix@prochoix.org

Pour 4 numéro par an

52 € pour les individu/es (étranger : 74 €)
70 € pour les groupes et institutions (étranger : 90 €)
100 € ou + pour les abonnements de soutien 
Au numéro 13 euros (Port 3 euros France / 5 euros Europe / 7 euros hors Europe)

 

 

 

Sommaire : ProChoix° 46, décembre 2008.

MLF : le mythe des origines

Fin septembre, les rédactions reçoivent un communiqué des Editions des Femmes leur annonçant l'anniversaire du MLF deux ans en avance... A l'en croire, le mouvement de Libération des femmes aurait été fondé en 1968 par Antoinette Fouque (la propriétaire de cette maison d'édition). Les féministes ayant participé à ce mouvement, divers et dont le premier acte public remonte en réalité à 1970, hésitent entre franche rigolade et consternation : "Encore!" 

Antoinette Fouque — qui porte une vision tout à fait particulière du féminisme (mot qu'elle a longtemps méprisé) — a déjà tenté de s'approprier l'image de ce mouvement. En 1979, elle déposait le sigle du MLF à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) malgré les protestations d'autres courants féministes. A l'époque, ils avaient dénonçé l"'imposture" et les méthodes sectaires de l'organisation à l'origine de cette OPA. Le communiqué de 2008 les oblige à reprendre du service. ProChoix leur a demandé de réagir, de se souvenir et de nous transmettre

Un dossier géré par Cathy Bernheim, Cassandre, Sophie Chauveau, Catherine Deudon, Marie-Jo Dhavernas, Françoise Picq, Nadja Ringart
 

• 2008 : l'inquiétante familiarité (Collectif)

• MLF : 1970, année zéro  (Françoise Picq) 

• Le féminisme pour les nuls  (Caroline Fourest)

• Antoinette Fouque a un petit côté sectaire  (Michelle Perrot)

• Cette boutique n'a rien d'obscur  (Anne)

• L'héritage féministe détourné  (Des femmes du MLF non déposé ni co-fondé)               

• Généalogie               

• La règle du jeu  (Cathy) 

• La naissance d'une secte  (Nadja Ringart)

• Fragments d'un discours amoureux                                           

• 1979 : l'Odysée de la marque  (Cassandre)   

• Les nouveaux compagnons de route  (Marie-Jo Dhavernas) 

• Un messianisme génésique  (Liliane Kandel) 

• La géni(t)alité des femmes

• 8 mars : visite au mausolée du MLF  (Annette Lévy-Willard) 

• Monique Wittig raconte...                                                    

 

 

Enquêtes et décryptages

• Au delà de l'homophobie : la pyramide des valeurs (Katia Guillermet, Guy Nagel)    

• Les Eglises à l'assaut de l'Union européenne (Véronique de Keyser)

• SOS Education au secours de Darcos (Nathalie Szuchendler)

• Californie : la proposition 8 (Clémence Ozel)

 

Cartes Blanches

• En finir avec Guantanamo (Caroline Fourest)                

• Faut-il attendre un krach identitaire ?                         

• Mon microcrédit ne connaît pas la crise                         

• Allez donc mourir ailleurs                        

• La démocratie des cerveaux disponibles                         

 

On a vu on a lu on en parle

 

ON A LU : 
L'arrivée de mon père en France (Martine Storti) - Les nations désunies. Comment l'ONU enterre les droits de l'homme (Malka Marcovich) - Femmes invisibles, leurs mots contre la violence (Smaïn Laacher) Chroniques par Claudie Lesselier

 

ON EN PARLE : 
Le pape veut béatifier Pie XII -Mort de Jörg Haider - Pierre Guillaume poursuivi e- Agression d’un jeune militant par un groupe fasciste (Reims) - Une sénatrice PC fait l'éloge de la "laïcité ouverte" chère à Sarkozy et à Benoît XVI - Israël : Des colons vandalisent des tombes  musulmanes -M.R.A.P. et "Indigènes de la République" - États-Unis : Référendums - Lyon Mag gagne contre Bernard Lugan - ONU : la sainte alliance des dictatures  - Act-Up manifeste - NICARAGUA  - Le prix Jean Zay 2008 à Stéphane Hessel - Voile : confirmation de la CEDH.

 


• le 26 décembre 2008

L'arrivée de mon père en France
Martine Storti
Editions Michel de Maule, 2008.

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« Quelque chose m’entraîne, me mène là où je ne savais pas que j’irais », constate Martine Storti à la page 122 de son récit.
Lucide, quoiqu’un peu déroutée, elle récapitule. « J’étais dans ce projet, en lien avec l’enjeu de l’émigration-immigration tel qu’il se manifeste en ce début de troisième millénaire, me rappeler que mon père avait été un émigré-immigré, essayer d’imaginer, puisque je l’ignore, comment il avait quitté son pays et comment il était arrivé en France. Sans doute aussi dire à sa place, lui donner les mots qu’il n’a pas eus, ou dont il n’a pas voulu, pour approcher la suite, qui se déroule bien après la guerre, et peut-être est-ce aussi la raison de ce travail, essayer de cerner ce qui reste pour moi énigmatique. J’étais dans les temps actuels, les temps de l’Europe une nouvelle fois aveugle à elle-même et à ce qu’elle fait, et dans un même mouvement, dans une affaire personnelle, une sorte de règlement de comptes, l’expression me convient, des comptes à régler, pour être quitte, surtout pour quitter cette affaire dans laquelle je dois encore séjourner, être quitte d’elle et la quitter. »

Elle résume ainsi son propos, dans la langue retenue, maintenue et raisonnable de quelqu’un qui aime, depuis longtemps, les beaux textes. Elle le fait aussi avec cette écriture précise, incisive et combative qu’on lui a connue en lisant ses articles dans Libération ou ses précédents livres.

 

Mais bien sûr, pour prendre son essor, un texte doit échapper aux intentions de son auteur. C’est ce qui se produit, dans un enchaînement qui nous entraîne alors jusqu'à la fin du livre et nous permet d'apprécier la qualité de cette voix singulière. Fille de la Raison et du 20° siècle, Martine Storti est aussi fille de Mai 68 et du mouvement des femmes. Elle parvient donc à décrire dans un même élan l’Histoire avec sa grande hache, avec son cours incessant qui entraîne les plus démunis dans sa tourmente, et la vie d’une petite fille observatrice et fine qui deviendra une femme en mouvement.

Elle brosse le portrait d’un père ouvrier qui n’a jamais rien dit de ce qu’il pensait, mais dont l’existence, a posteriori, se révèle porteuse de sens pour ceux qui lui survivent. D’une mère de famille d’une autre époque qui raconte sa vie en termes simples mais infiniment justes. D’une grand-mère à l’ancienne et à l’italienne, avec raviolis fait mains pour toute la famille. D’une tante frimeuse qu’on croirait sortie d’un film façon « Mon Oncle »… Ou encore d’un homme venu d’Afrique ou d’ailleurs, échouant épuisé sur une plage italienne après un long périple en mer. D’ombres errant autour de Calais en attendant quelque chose qui ne vient pas : le respect de l’État qu’ils traversent.

Martine Storti parle depuis ce point d’équilibre où la vie pers

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 13:15


A la Une de France-Soir le 21 octobre 1970






Octobre 1970 : l'extrême gauche tout entière se mobilise "contre la répression". Alain Geissmar, leader de la Gauche prolétarienne, est traduit devant le tribunal correctionnel, et bientôt devant la cour de sûreté de l'Ètat. (…) Même si beaucoup de militants désapprouvent les actions aventuristes de la GP, la solidarité s'impose face à un tel titre d'inculpation. Une manifestation unitaire aura lieu le 20.
En avant-première, les femmes montrent qu'elles sont concernées à leur manière. La répression, ce n'est pas seulement celle qui frappe les militants révolutionnaires. C'est celle, quotidienne, que subissent tant de femmes.*

Ainsi, elles se retrouvèrent devant la Roquette, prison de femmes, un soir d'octobre, mois ô combien symbolique. Elle [Perturbation] distribua des tracts sur les trottoirs pendant qu'une quarantaine de femmes défilaient sur la chaussée, reliées par des mètres de chaînes dont elles avaient entouré leurs poignets, criant très fort pour être entendues des prisonnières.
Elles affirmaient pour la première fois publiquement que les emprisonnées étaient les prisonnières politiques d'un pouvoir particulier, le patriarcat. Que les femmes incarcérées pour des raisons de prostitution, d'avortement, d'escroquerie, voire de crime, étaient les sœurs de celles qui vociféraient sous leurs fenêtres.**

*Françoise Picq. Libération des femmes : les Années-Mouvement. Éd. du Seuil, 1993). ** Cathy Bernheim. Perturbation, ma sœur. Naissance d'un mouvement de femmes. Éd. du Seuil, 1983).


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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 12:07

Extrait du livre de Françoise Picq, Libération des femmes, les années-mouvement, Éditions du Seuil 1993 :

26 août 1970. Cinquantième anniversaire du suffrage féminin aux États-Unis. Les Américaines font la grève : du travail ménager, du maternage, du lit…

Comment manifester sa solidarité dans Paris déserté ? Elles sont à peine une dizaines mais les journalistes sont prévenus et le lieu symbolique au possible. À peine sorties du métro, elles déploient leurs banderoles : "Un homme sur deux est une femme", "Il y a plus inconnu encore que le soldat : sa femme". À laquelle elles destinent une superbe gerbe.

Mais la police intervient déjà et les photographes n'ont que le temps de fixer l'événement avant qu'elles ne soient emmenées, pour vérification d'identité. (…)

Il est né ce Mouvement que la presse baptise "de Libération de la Femme" ou même "de la femme française".

 

L'Aurore, jeudi 27 août 1970, page 3b.


Une gerbe pour la femme du soldat inconnu

" Il y a toujours plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme." C'est le slogan qu'on pouvait lire hier sur les banderoles des militantes féministes qui ont tenté hier après-midi de déposer une gerbe sous l'Arc de Triomphe. Une dizaine de femmes accompagnées de l'auteur du roman "Le repos du guerrier", Christiane Rochefort, ont voulu offrir des fleurs à la femme du soldat inconnu qui n'avait pas eu la chance de connaitre la célébrité de son époux. Ces militantes du "Mouvement de libératin de la femme française", qui groupe 3.000 adhérentes, avaient tenu à se solidariser avec les femmes américaines qui s'étaient mises hier en grève générale. Elles n'ont pu mettre leur projet à exécution et se sont retrouvées "au poste" pour vérification d'identité. Autre slogan aperçu : "Un homme sur deux est une femme."

 

 

 

 

France-soir, vendredi 28 août 1970, page 1.

 

 

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Le Monde, vendredi 28 août 1970, page 3.

 

 

le Figaro, jeudi 27 août 1970, page 4.

 

 

Combat, jeudi 27 août 1970, page 12

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Discussions, Rencontres, Colloques

 

 

 

/ séminaire

« VIDÉO DES PREMIERS TEMPS »

dont l'Association Carole Roussopoulos est partenaire et qui s'intéressera cette année aux

« Politiques de la vidéo : revendication d'autonomie et inscription institutionnelle ».    

Le séminaire aura lieu un lundi par mois, entre 17h30 et 20h, à la BnF, site Richelieu, en salle des commissions (5 rue Vivienne, 75002 Paris – Rez-de-chaussée – Métro : Bourse, Pyramides ou Palais-Royal).

 

 

/ séminaire

TRAVELLING FEMINISTE 

"PENSÉES ET USAGES CRITIQUES DES IMAGES"

Travelling Féministe est un laboratoire de recherche et d'expérimentation sur les usages féministes, queer, postcoloniaux des archives audiovisuelles, travaillant autour des ressources du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, fondé en 1982 par Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Ioana Wieder.

programme en attente 

 

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http://www.institutemilieduchatelet.org/

 

 

/ Cycle de conférences : « Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre »

 

/ Séminaire Sexe et Genre : pour un dialogue interdisciplinaire au carrefour des sciences de la vie et des sciences humaines 

 

/ Le Café de l’Institut Émilie du Châtelet

18h30 à 20h30 : Jardin des Plantes, Restaurant La Baleine, 47 rue Cuvier 75005 Paris

    

/ Conférence 

 

/ Assises de l'IEC 2012  


/ Colloque 

 

/ Journée Jeune recherche
de l’Institut Émilie du Châtelet

 

http://www.institutemilieduchatelet.org/

 

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Le Centre Hubertine Auclert

Centre francilien de ressources pour l'égalité femmes-hommes
7 impasse Milord, 75018 Paris

Centre de ressources

Causeries

Séminaires

Agendas/Actualités…

http://www.centre-hubertine-auclert.fr/

 

 

 

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> 

Catégories

/ ACTUS / OPINIONS /

 

MANIFS / ACTIONS         

 

Le 8 mars c'est toute l'année!


 

 

 

 

 

 

 

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Figaro, ici, Figaro, là, Figaro en haut, et Figaro en bas !

 

Ce n’est pas le fameux air du Barbier de Séville,  mais la présentation tout aussi virile de la saison 2013-2014 de l’Opéra de Paris, que 10 activistes de la Barbe ont brièvement interrompue aujourd’hui.
Pour ne prendre que les opéras, sur 19 oeuvres programmées, 19 compositeurs, 19 virils librettistes, 19 metteurs en scène, et, 18 chefs d'orchestre masculins sur 19.
Depuis là scène où elles avaient rejoint Mr Christophe Ghristi directeur de la dramaturgie et la directrice du Ballet sortante Mme  Brigitte Lefevre (bientôt remplacée par Mr Benjamin Millepied), les barbues se sont félicitées de la bonne tenue virile du programme:
« Comme Rodolphe sut sacrifier Mimi à son art, de même vous savez faire place nette et ne laisser que le mâle talent s’exprimer et s’épanouir lorsqu’il s’agit de diriger.  A la baguette comme à la tête de votre noble établissement. "Riez" donc Messieurs – à l’instar de  la Marguerite de Faust - "de vous voir si beaux en ce miroir" que vous tend La Barbe".
 "à part Werther, les femmes sont pourtant à l 'honneur dans le répertoire" a bravement tenté Mr Ghristi alors que les barbues regagnaient les coulisses guidées par le service d'ordre.

Quelques chiffres :
 
Saison 2013-2014 de l’Opéra de Paris
    •    Opéras (sur 19) : 19 hommes compositeurs / 19 hommes librettistes / 19 hommes metteurs en scène / 18 hommes chefs d'orchestre
    •    Ballets (sur 19) : 19 hommes compositeurs / 15 hommes chorégraphes
    •    Concerts symphoniques (sur 8) : 8 hommes compositeurs / 8 chefs d’orchestre
 
Chiffres Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, 2012 :
    •    96% des opéras sont dirigés par des hommes
    •    70% des centres chorégraphiques nationaux sont dirigés par des hommes
    •    85% des centres dramatiques nationaux sont dirigés par des hommes
    •    95% des concerts sont dirigés par des hommes 

 

www.labarbelabarbe.org

 

labarbelabarbe@gmail.com


fb : groupe d’action féministe la barbe
tw : @labarbelabarbe

 

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DR-Simone de Beauvoir et Alice Schwarzer

 

 

OPINIONS                         

L'écho des actes

Dans le feu de l’action, il arrive que les actes dépassent la pensée. Évaluer la portée des événements et des actions entreprises pour leur répondre, prendre son temps, préciser son opinion. : autant de moyens de sortir de l’urgence de l’actualité pour s’éclaircir les idées.

+ ici > • Ne pas aller place des Vosges !  

 

INTERNATIONAL              

Yabiladies le magazine des maghrébines

  ici > http://www.yabiladies.com/articles/details/9448/femmes-arabes-annees-lumieres-liberte.html

 http://www.yabiladies.com/

Le plus.Nouvelobs

Révolutions arabes : la démocratie, incompatible avec le droit des femmes ?

Réminiscence de notre propre histoire, les révolutions arabes ?

Geneviève Fraisse nous livre son analyse :

 ici > http://leplus.nouvelobs.com/contribution/210393;revolutions-arabes-la-democratie-incompatible-avec-le-droit-des-femmes.html

Sur Radio Canada 

 ici > le-feminisme-musulman-nexiste-pas-Wassyla Tamzali 

  Toutes les vidéos du Congrès du 2, 3 et 4 déc 2010

 ici >  Le congrès international féministe 2010

 

MÉDIAS                                

> EGALITÉ-info

les femmes et les hommes font l'info

> Un nouveau blog

Feministes en tous genres

qui publie des entretiens et des articles sur le genre et la sexualité 

http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/

 > Une nouvelle émission

sur France Inter consacrée aux femmes

Désormais tous les vendredi à 9h

Les femmes, toute une histoire-F-Inter-dim16h-17h

 Présentée par Stéphanie Duncan

LES NOUVELLES news • , l'autre genre d'info

 

En marge du 6 octobre 1979

Le mouvement féministe d’après 68 en France est une histoire atypique et houleuse qui a laissé des traces… Pour moi, encore aujourd’hui, écrire en majuscules “MLF“ est une épreuve, une émotion et une interrogation. 

Pour comprendre, il faut revenir à la journée du 6 octobre 1979. Une Marche des Femmes est prévue pour que la loi Veil de 75, légalisant provisoirement l’avortement, soit confirmée lors de sa révision, prévue à la session parlementaire de l’automne 79. 

Boulevard Raspail (?), à l’heure dite, la foule des femmes est impressionnante et quand la manifestation a démarré nous sommes 40 à 50.000. Nous n’avions jamais vu ça. Je savais que des collègues à moi, instits. en Seine-Saint-Denis, avaient prévu de venir… Mais là, ces milliers de femmes de tous horizons, c’était le bonheur d’un aboutissement : “toutes les femmes“, sans drapeaux ni signes distinctifs. Elles sont dans la rue pour leur Liberté.

Mais voilà que des galopades bizarres se font sur les côtés. Un petit groupe habillé en vert et blanc. Certaines portent d’immenses lettres M, L, F, vertes aussi, d’autres distribuent des tracts, elles tentent de prendre la tête de la manifestation sans y parvenir, ouf ! C’est Psyképo pour les initiées ; le groupe psychanalyse et politique, librairie des femmes, éditions des femmes, Antoinette et ses groupies, on a l’habitude… Si ce n’est que… 

...Quelques jours plus tard nous apprenons que “Mouvement de Libération des Femmes – MLF“ a été déposé comme marque commerciale à l’Institut National de la Propriété Industrielle. 

Les tentatives d’Antoinette Fouque pour s’approprier le mouvement des "femmes" et du même coup de "les" déposséder de ce qu'"elles" viennent de conquérir ont commencé bien avant l’automne 1979 et continuent encore aujourd’hui. La dernière offensive était en octobre dernier. Pour en connaître les détails, les méthodes et les déjouer, vous pouvez lire les articles parus dans la presse nationale du mois d’octobre 2008.